la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 266 - Août 2026 AUTOMOBILE Sébastien Cottot présente la Linktour Page 2 FINANCES Entretien avec Nicolas Ridereau Page 4 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! John Howe DÉCORATION Restauration de tableaux et surmesure chez Cadréa Page 8 ART Hommage au sculpteur Michel Bassompierre Pages 6 et 7 Le directeur artistique du film « Le Seigneur des Anneaux » et du « Hobbit », expose ses œuvres sur la presqu’île de Guérande Entretien pages 22 et 23 Nées dans le fracas de l’Histoire Marina Yaloyan Deux femmes, deux origines, un même point commun : une jeunesse arrachée à la normalité, forgée dans le fracas de l’Histoire. Marina Yaloyan a grandi entre Erevan et Moscou, dans les décombres de l’URSS effondrée. Mariam Ghanim a appris à chanter sous les bombes, avant de fuir l’Irak en guerre avec sa famille chrétienne. De ces enfances hors norme sont nées deux belles carrières : romancière et professeure à HEC pour l’une, vedette montante de la chanson arabe pour l’autre. Portraits croisés de deux femmes que rien ne devait relier, sinon la force d’avoir transformé le chaos en réussite. Pages 10 à 12 Mariam Ghanim Pages 14 et 15 Nos entrepreneurs communiquent VOTRE RADIO 100% LOCALE
la baule+ 2 | Août 2026 Linktour : la voiture sans permis change de catégorie à La Baule Le marché de la voiture sans permis poursuit sa transformation. Sur la presqu’île, cette évolution est particulièrement visible. Il suffit d’observer le nombre de voiturettes stationnées aux abords des établissements scolaires, et notamment devant le lycée Grand Air à La Baule. Sébastien Cottot, gérant de Sebauto, a été l’un des premiers professionnels locaux à croire au développement de ce marché et à faire connaître ces petites automobiles auprès des habitants de la presqu’île. Aujourd’hui, le garage indépendant baulois a eu un véritable coup de cœur pour une nouvelle gamme électrique commercialisée par la marque Linktour : l’Alumi. Avec ses lignes modernes, ses équipements, son coffre et sa conception en aluminium, ce nouveau modèle entend rapprocher davantage la voiture sans permis de l’automobile classique. « Lorsque je l’ai découverte, j’ai immédiatement compris qu’elle marquait une rupture avec ce que nous connaissions jusqu’à présent », explique Sébastien Cottot. Une véritable petite automobile La Linktour Alumi bénéficie d’un niveau d’équipement encore rarement rencontré dans cette catégorie. Elle dispose notamment d’un toit panoramique, de vitres électriques, de la climatisation et d’une caméra de recul. Quatre couleurs sont proposées, tandis que son habitacle connecté et son design particulièrement soigné permet également d’améliorer la rigidité du véhicule, son comportement routier et la sensation de confort ressentie à bord. Un rapport qualité-prix qui surprend La Linktour Alumi est proposée à partir de 10 690 euros: « L’écart représente environ 1 000 euros, mais le produit n’est absolument plus comparable. La qualité de fabrication, le confort, la sécurité et les équipements font véritablement passer la voiture sans permis dans une autre dimension.» Les premiers essais organisés à La Baule semblent d’ailleurs susciter la curiosité. Les conducteurs découvrent une automobile silencieuse, confortable, maniable et particulièrement bien équipée pour son gabarit. Plusieurs clients se disent également surpris par la qualité des finitions et par l’espace intérieur. À travers Linktour, l’industrie automobile chinoise confirme aussi sa montée en gamme. Après avoir bousculé le marché de la voiture électrique traditionnelle, elle entend désormais imposer ses standards de design, d’équipement et de rapport qualité-prix dans l’univers très dynamique des quadricycles. Pour Sébastien Cottot, la conclusion est simple : « Ceux qui viennent essayer l’Alumi repartent généralement bluffés. Ils pensent découvrir une voiturette et se retrouvent au volant d’une véritable petite voiture. » Garage Sebauto, Parc d’activités de Beslon, 3 Allée du Parc de Mesemena, à La Baule. Tél. 02 40 66 06 00 contribuent à lui donner l’apparence d’une véritable petite citadine. La gamme comprend deux versions. La première, accessible sans permis dès l’âge de 14 ans, est limitée à 45 km/h et annonce jusqu’à 120 kilomètres d’autonomie. La seconde version nécessite le permis de conduire B1. Capable d’atteindre 90 km/h, elle offre jusqu’à 180 kilomètres d’autonomie et élargit considérablement le champ d’utilisation du véhicule. Mais la principale évolution réside dans la conception même du véhicule. « Jusqu’à présent, beaucoup de modèles reposaient sur un chassis tubulaire. Ici, nous sommes dans une véritable cage en aluminium, avec une structure beaucoup plus rassurante », souligne Sébastien Cottot. Cette architecture
Août 2026 | 3 la baule+ Le mois de juillet n’aura été ni exceptionnel ni catastrophique pour l’activité touristique à La Baule. Lors du conseil municipal du 31 juillet, le maire, Franck Louvrier, a confirmé le sentiment exprimé par plusieurs commerçants de la station. Entre le 1er et le 25 juillet, la ville a accueilli 327 480 touristes, soit une baisse de 20,96 % par rapport à 2025, ainsi que 540 170 excursionnistes, en recul de 7,37 %. Des résultats à relativiser, selon le maire, puisque l’été 2025 avait enregistré une fréquentation particulièrement élevée. Comparée aux années précédentes, la saison 2026 se situe en effet dans la moyenne. La fréquentation touristique progresse de 3,9 % par rapport à 2024, tandis que celle des excursionnistes augmente de 6,9%. Par rapport à 2023, le nombre de touristes diminue de 4,9 %, mais les visiteurs à la journée progressent encore de 4 %. Les épisodes de forte chaleur peuvent expliquer une partie de ce tassement. La municipalité évoque également les inquiétudes liées au pouvoir d’achat et aux variations du prix des carburants. À La Baule, un mois de juillet en demi-teinte
la baule+ 4 | Août 2026 Gestion de patrimoine : Nicolas Ridereau explique l’avantage décisif que représente un conseiller indépendant Dans un contexte où les Français épargnent à un niveau record et où les questions de retraite, de fiscalité et de transmission n’ont jamais été aussi centrales, de plus en plus de personnes recherchent un accompagnement objectif, humain et sur mesure. Le modèle du conseiller en gestion de patrimoine indépendant répond précisément à ces attentes : une vision globale du patrimoine - financier, immobilier, fiscal, juridique et familial - sans conflit d’intérêts lié à la vente de produits « maison », et une relation de confiance construite sur le long terme. La Baule+ : Pouvez-vous nous présenter votre métier et nous expliquer ce qui vous a conduit à l’exercer en indépendant ? épuiser le capital, anticipation de la dépendance et organisation sereine de la transmission - donations, clauses bénéficiaires, testaments - afin de préserver l’harmonie familiale et de limiter les droits de succession. Dans tous les cas, je commence par écouter l’histoire de vie de mes clients et leurs inquiétudes. Quels sont aujourd’hui les leviers les plus puissants pour les 30-45 ans ? Le temps est leur plus grand atout. Même avec des sommes modestes, commencer tôt change tout. Je les aide à constituer une épargne de précaution solide, à investir dans des actifs réels pour se protéger de l’inflation et à utiliser les enveloppes fiscales avantageuses, comme le PER ou l’assurance-vie. Beaucoup redécouvrent également leur épargne salariale ou leur plan d’épargne entreprise. L’important est d’avoir une vision à vingt ou trente ans. Pour ceux qui préparent ou vivent déjà leur retraite, quels sont les points clés ? La baisse de revenus à la retraite peut atteindre 25 à 50 % selon les profils. Il faut donc l’anticiper cinq à dix ans à l’avance. Nous calculons précisément les besoins en revenus complémentaires, arbitrons entre capital et rente, optimisons la fiscalité des retraits et structurons le patrimoine afin de générer des revenus réguliers, tout en préservant le capital. La transmission est un sujet qui touche toutes les générations. Comment l’abordez-vous ? C’est souvent le thème le plus émotionnel. J’aide mes clients à y réfléchir sereinement : donations de leur vivant, avec ou sans réserve d’usufruit, optimisation des abattements, choix judicieux des bénéficiaires d’une assurance-vie, rédaction d’un testament… L’objectif est double : réduire la facture fiscale et éviter les conflits familiaux. Beaucoup de mes clients âgés de 70 ans sont heureux de voir leurs petits-enfants bénéficier de donations intelligemment organisées, tout en conservant la maîtrise de leur patrimoine. Pouvez-vous donner un exemple concret d’accompagnement ? Un couple de 52 ans est venu me voir avec un patrimoine important, mais dispersé, et une fiscalité lourde, entre impôt sur le revenu et impôt sur la fortune immobilière. Nous avons réorganisé une partie de leur patrimoine, notamment en recourant à l’assurance-vie afin de réduire leur exposition à l’IFI. Nous avons également mis en place des donations au profit des enfants et optimisé leurs PER. Résultat : des économies fiscales significatives. Pourquoi de plus en plus de Français choisissent-ils un conseiller en gestion de patrimoine indépendant ? Parce qu’ils recherchent un conseil objectif et global, et non une simple juxtaposition de produits. Ils gagnent du temps, de l’argent, grâce aux optimisations fiscales et patrimoniales, mais surtout de la sérénité. Un bon conseiller en gestion de patrimoine indépendant devient un véritable partenaire de vie, qui connaît votre situation dans son ensemble. Le premier rendez-vous est gratuit, sans engagement, et dure environ une heure trente. Il peut se dérouler en présentiel ou en visioconférence. À l’issue de cet échange, je peux vous remettre, si vous souhaitez poursuivre la démarche, un diagnostic patrimonial personnalisé accompagné de préconisations. Nicolas Ridereau Conseiller en gestion de patrimoine indépendant Courriel : nridereau@ groupe-evolve.fr Tél. : 06 14 65 78 69 son établissement. Pour ma part, je réalise un diagnostic patrimonial complet : situation familiale et fiscale, actifs et passifs, objectifs, tolérance au risque et horizon de placement. Je recommande ensuite les meilleures solutions du marché. Je peux également intégrer des dimensions successorales et juridiques plus poussées. Surtout, je suis un partenaire sur dix, quinze ou vingt ans. Je commence par écouter l’histoire de vie de mes clients Votre clientèle va de 30 à 80 ans. Comment adaptez-vous votre accompagnement ? C’est ce qui rend ce métier passionnant. Entre 30 et 45 ans, on construit : on pose les bases grâce à des stratégies d’épargne intelligentes, souvent par l’intermédiaire de l’immobilier locatif optimisé, de l’assurance-vie ou du PER, qui permet également de réduire l’impôt. On protège aussi une famille qui s’agrandit. Entre 45 et 60 ans, on optimise et on arbitre : pic de revenus, pression fiscale, financement des études des enfants, diversification et préparation active de la retraite. À partir de 60 ou 65 ans, on récolte et on transmet : mise en place de revenus complémentaires réguliers sans Nicolas Ridereau : Après avoir travaillé pendant 25 ans dans le secteur bancaire, j’ai choisi l’indépendance afin de pouvoir proposer un conseil véritablement centré sur l’intérêt du client. Je n’ai ni gamme imposée ni objectifs de vente. J’ai accès à l’ensemble du marché : contrats d’assurance-vie proposés par différents assureurs, PER, SCPI, solutions immobilières patrimoniales, produits financiers… Ma rémunération est transparente. Mon seul objectif est d’aider mes clients à réaliser leurs projets de vie. Quelle est la différence avec un conseiller bancaire classique ? La différence est fondamentale. Dans une banque, le conseiller est souvent incité à promouvoir les produits de Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Pour votre publicité : La meilleure preuve de notre succès se mesure chaque jour : tandis que prospectus et publications diverses s’accumulent parfois dans les présentoirs, des milliers de lecteurs attendent chaque mois la sortie de La Baule+. Chaque exemplaire retiré renforce sa diffusion : il est lu, conservé, commenté ou transmis. Un journal attendu par une large partie de la population de la presqu’île. la baule+
Août 2026 | 5 la baule+ Avec un prix moyen de 6 536 euros le mètre carré au 1er juillet 2026, La Baule-Escoublac demeure la station balnéaire la plus chère de Loire-Atlantique, selon le dernier classement publié par SeLoger et Meilleurs Agents. Les appartements atteignent en moyenne 6 762 euros le mètre carré, contre 6 118 euros pour les maisons. Malgré un léger recul des prix de 1 % sur un an, La Baule devance largement Pornichet, où le mètre carré s’établit à 5 679 euros, et Pornic, à 5 273 euros. Avec un budget de 250 000 euros, frais d’agence et de notaire compris, un acquéreur ne peut espérer acheter que 34 m² dans la station. À titre de comparaison, la même somme permet d’acquérir environ 55 m² à Saint-Brevin-les-Pins. Cette différence confirme l’attractivité de La Baule et la rareté des biens disponibles dans les secteurs les plus recherchés, particulièrement au sud de la voie-ferrée. La Baule reste la station balnéaire la plus chère de Loire-Atlantique Depuis la fin du mois de juillet, de petits organismes translucides sont particulièrement nombreux dans la baie du Pouliguen. Leur aspect gélatineux rappelle celui des méduses et suscite de nombreuses questions auprès des surveillants de plage. Les baigneurs peuvent toutefois être rassurés : les « noix de mer » ne piquent pas, ne mordent pas et ne sont pas urticantes. Ces organismes marins, appelés Mnemiopsis leidyi, appartiennent à la famille des cténophores. Mesurant généralement quelques centimètres, ils sont presque transparents et se déplacent au gré des courants. Leur contact peut provoquer une sensation un peu désagréable lorsque plusieurs spécimens se trouvent dans l’eau, mais il ne présente aucun danger pour la peau. Les noix de mer peuvent même être manipulées délicatement avant d’être remises à l’eau. Les « noix de mer » sont sans danger pour les baigneurs
la baule+ 6 | Août 2026 Art > Les sculptures monumentales de Michel Bassompierre présentées à La Baule jusqu’au 16 novembre Les sculptures de Michel Bassompierre sont présentées sur le remblai de La Baule jusqu’au 16 novembre 2026. Sur près de trois kilomètres, ces géants transforment l’espace public en une vaste exposition à ciel ouvert. Intitulée « Fragiles Colosses », cette exposition en plein air rassemble une dizaine d’œuvres représentant notamment des ours et des gorilles. Des sculptures jalonnent la promenade de mer, ainsi que plusieurs endroits en ville. C’est la première exposition hommage consacrée à Michel Bassompierre depuis son décès en avril dernier. Karène Bassompierre, fille du sculpteur de renommée mondiale, répond aux questions de La Baule+. Karène Bassompierre : « Il connaissait tellement l’animal qu’il créait les positions sans avoir à s’inspirer de photos. » La Baule+ : L’exposition Michel Bassompierre suscite beaucoup d’intérêt, les promeneurs s’arrêtent, regardent les sculptures, les caressent, c’est la preuve de toute la force créatrice de votre père. Comment avez-vous sélectionné les œuvres qui sont présentées ? Karène Bassompierre : Mon père a vécu et travaillé pendant plus de 50 ans dans la région, donc c’est vraiment un lieu qu’il avait choisi et où il aimait vivre. En fait, on a plusieurs expositions en parallèle, donc on a choisi ce qui pouvait aller dans cet environnement. En ce moment, on a des œuvres qui viennent d’arriver à Miami, qui étaient à New York auparavant, donc ces pièces restent sur le continent américain. Pour cette exposition, on a fait un panel de ce que pouvait faire mon père avec des ours polaires, des ours bruns et un gorille. Est-ce que l’on choisit les œuvres différemment selon que l’exposition se déroule en milieu fermé ou en plein air ? Oui, surtout en fonction de la taille. Dans des lieux clos, si on peut intégrer des grandes œuvres, on en met avec plaisir, mais mon père travaillait surtout sur des modèles plus petits. Donc, on a aussi beaucoup de plus petits modèles que l’on peut exposer en intérieur. Ces œuvres nous font rêver, les enfants aussi, est-il une sorte de Rudyard Kipling de la sculpture ? Lui, c’est la sculpture, il disait toujours que l’on doit avoir envie de caresser une bonne sculpture. On voit bien que c’est ce qui se passe tout le temps, quels que soient les lieux où les œuvres sont exposées, les gens ont envie de les caresser, adultes ou enfants. Chacun retrouve son âme d’enfant et retrouve la joie d’avoir accès à ces animaux. Qu’est-ce qui fait que cet homme s’est retrouvé attiré par ces animaux dont beaucoup ne sont pas de notre continent ? Il a fait beaucoup d’ours bruns quand même, c’est essentiellement l’animal qu’il a fait avec le gorille, et il a fait aussi des chevaux et des pandas. Mais son animal de prédilection reste l’ours parce qu’il aimait vraiment la rondeur de l’animal. D’ailleurs, il a toujours choisi des animaux très ronds. Par exemple, il préférait l’éléphant d’Asie à l’éléphant d’Afrique, parce qu’il est un peu plus rond. Mais l’ours reste son préféré car avec ses quatre pattes, en étant très mobile, il pouvait prendre des quantités impressionnantes de positions. Il trouvait que la rondeur se prêtait vraiment à la sculpture et il le représentait toujours paisible et dans sa quiétude parce qu’en fait l’animal est agressif quand on menace ses petits, mais le reste du temps il n’est pas du tout dans cette agressivité. Il cherchait aussi à restituer l’esprit de l’animal et ça passe beaucoup par le regard. Est-ce qu’il s’inspirait de dessins ou de photographies ? Mon père disait toujours qu’ils sont quatre dans sa tête, donc il y a l’animalier qui connaît parfaitement l’animal, celui qui connaît son comportement à chaque moment de sa vie. Il y a le dessinateur qui va savoir exactement dessiner l’animal. Il y a l’anatomiste qui sait comment est fait le squelette, comment les muscles se rattachent sur les os. Enfin, il y a le sculpteur qui bénéficie de tous les savoirs de ces trois autres personnes et qui va s’amuser à créer des formes. Il commençait toujours par faire un dessin. Ensuite, une maquette en argile qu’il agrandissait puis un tirage en plâtre et cela demandait parfois plusieurs mois de réalisation. À partir de ces originaux, on a pu créer des agrandissements que l’on peut aujourd’hui exposer dans le monde entier. Aurait-il été l’artiste qu’il a été s’il n’avait pas eu la formation scientifique qu’il a eue au début de sa carrière ? Son père était déjà scientifique, c’était un géologue, et, très petit, il l’a emmené au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Donc, il a très vite étudié les squelettes. Sa mère était artiste et lui a Pour Caroline Glon, adjointe à la culture à la mairie de La Baule, cette exposition s’est imposée comme une évidence après la disparition de Michel Bassompierre : « Cela faisait longtemps que j’avais l’idée de faire quelque chose avec lui. C’était un sculpteur reconnu mondialement, très attaché à la région. L’annonce de son décès en avril a été un déclic. » La Ville a donc souhaité lui rendre hommage en installant ses œuvres sur la promenade de mer : « Nous voulions en faire un musée à ciel ouvert, accessible à tout le monde, et faire sortir l’art des musées. C’est la première exposition hommage depuis son décès, et cela correspond à l’image culturelle que nous voulons donner de La Baule. » Caroline Glon : « Faire sortir l’art des musées. »
Août 2026 | 7 la baule+ donné le goût de la création et son père était scientifique. C’est la rigueur scientifique qu’il a eue qui lui a permis de vraiment travailler l’anatomie de l’animal. Mais il ne se servait pas de photos parce qu’en fait il ne faisait pas de reproduction de photos. Il connaissait tellement l’animal qu’il créait les positions sans avoir à s’inspirer de photos et c’est ce qui fait que l’on a l’impression que ses œuvres sont vivantes. La seule chose qu’il s’est permis, c’est de supprimer les détails. Par exemple, il n’a jamais représenté les poils de l’animal parce qu’il voulait aller à l’essentiel et pour lui l’essentiel c’était la forme. Grâce à la forme, il rend l’esprit de l’animal, mais ce n’est pas un scientifique qui va reproduire un animal pour le montrer dans un muséum. Michel Bassompierre nous a quittés au mois d’avril. Que doit penser votre papa en regardant ses œuvres sur le remblai de La Baule de tout làhaut ? Mon père était un ours, il était toujours dans son atelier à travailler et il n’avait pas trop de plaisir à sortir pour aller rencontrer du monde. C’était toujours une épreuve pour lui, même s’il le faisait parce qu’il savait que c’était important pour que son œuvre vive que les gens connaissent aussi l’artiste. Il disait toujours: « Je fais ces œuvres parce qu’elles sont belles àmes yeux et si elles vous plaisent, tant mieux, mais c’est pour moi que je les ai faites très égoïstement parce que j’aime faire ce qui est beau. » À l’inverse Beethoven écrivait une musique qu’il ne pouvait pas entendre, donc qui était forcément pour les autres… Mon père a fait les BeauxArts à Rouen et un professeur lui a inculqué un leitmotiv qui est resté toute sa vie : « Ne cherchez pas à plaire, soyez fidèle à vous-même. Faites ce qui est beau et ne rentrez pas dans les modes.» Mon père a commencé à faire de la sculpture figurative, ce n’était vraiment pas la mode puisqu’on était complètement dans l’abstraction, et toute sa carrière a été ainsi. Aujourd’hui, son art est en train de revenir à la mode. Il disait toujours : « Il faut créer de l’émerveillement chez les gens, c’est ce qui va leur donner envie de protéger la nature. Que les gens recommencent à regarder, qu’ils rouvrent les yeux et recommencent à apprécier tout ce qui est beau et qui nous entoure. » Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ 8 | Août 2026 Jean-François, responsable du magasin Cadréa de Guérande, annonce que son atelier est désormais en mesure de réaliser des travaux de restauration de tableaux. Le service répond à une situation fréquente : avec les années, une toile peut s’encrasser, jaunir, conserver des traces de fumée ou de cigarette, présenter une déchirure, un trou ou différentes marques d’usure. Il souligne que « ces altérations ne signifient pas nécessairement que l’œuvre est perdue. Après examen, un nettoyage et une intervention adaptés peuvent parfois lui rendre ses couleurs, atténuer les dommages et assurer sa conservation ». Une formation spécifique à la restauration des tableaux d’art Ce savoir-faire est propre au magasin de Guérande. Mélanie a suivi une formation spécifique à la restauration des tableaux d’art. Pour les familles qui possèdent un tableau ancien, une toile héritée ou une œuvre restée trop longtemps dans un grenier, cette activité permet de préserver bien davantage qu’un simple objet décoratif. Restaurer un tableau, personnalisée de son métier: « Ici, rien n’est choisi mécaniquement. On analyse le sujet, ses couleurs, son époque et sa valeur sentimentale, avant de proposer une association de baguettes, de matières, de verres et de cartons de protection. » Le cadre peut être conçu en bois ou en aluminium, dans un esprit classique, contemporain ou volontairement décalé. Une photographie moderne peut ainsi être associée à une moulure ancienne, tandis qu’une œuvre traditionnelle peut trouver une nouvelle allure grâce à un encadrement très épuré. L’une des forces de l’atelier réside dans sa capacité à répondre à des demandes extrêmement variées. Cadréa peut travailler sur une miniature d’une dizaine de centimètres comme sur une composition dépassant les 2,50 mètres. Une souplesse particulièrement appréciée pour habiller les grands murs des maisons de la presqu’île et des appartements contemporains, mais également ceux des hôtels, des restaurants et des locaux professionnels. Ces grands formats transforment immédiatement une pièce. Une photographie de paysage, une vue de La Baule, une représentation des marais salants ou une création contemporaine peut ainsi devenir l’élément central d’un salon, d’une entrée ou d’une cage d’escalier. Le sur-mesure ne concerne pas seulement les tableaux et les photographies. L’atelier de Guérande sait également concevoir des cadres-vitrines pour protéger et présenter des objets plus épais ou aux dimensions inhabituelles. Différentes pièces de collection ont déjà été confiées à l’équipe. Il peut aussi s’agir d’un objet familial, d’un souvenir de voyage, d’une distinction ou d’une pièce dont la valeur est davantage affective que marchande. L’objectif reste le même : créer un écrin capable de protéger l’objet tout en racontant son histoire. Cadréa, 10, rue de la Briquerie, zone de Villejames, à Guérande (A côté de Bureau Vallée). Tél. : 02 40 24 82 07. c’est souvent conserver une part de la mémoire familiale. Cadréa annonce une autre nouveauté, cette fois-ci dans le domaine de l’encadrement sur mesure, avec les cadres à « effet néon ». Il ne s’agit pas d’un éclairage traditionnel, mais d’un entourage sensible à la luminosité ambiante, conçu pour donner l’impression que l’image est illuminée. Le résultat joue avec la lumière de la pièce et modifie subtilement la perception du sujet. Cadréa s’est imposé comme un spécialiste de l’encadrement sur mesure. Jean-François défend d’ailleurs une conception très Les familles du Pouliguen disposent d’une nouvelle aire de jeux en accès libre. L’équipement a été installé place du Duc Jean IV, derrière la crèche municipale La GrandVoile et à proximité de l’Ehpad Andrée Rochefort. La Ville a souhaité proposer plusieurs niveaux de difficulté afin que le site puisse être utilisé aussi bien par les très jeunes enfants que par les préadolescents. Une maisonnette fleurie accueille les enfants dès l’âge d’un an. Elle a été conçue pour favoriser l’éveil et les premières explorations. À partir de deux ans, les jeunes utilisateurs peuvent profiter d’un navire immersif, destiné aux jeux de rôle, ainsi que de plusieurs équipements sur ressort permettant de développer la coordination et l’équilibre. Un parcours plus physique est proposé à partir de quatre ans. Sa technicité doit également permettre aux enfants plus aguerris et aux préadolescents de trouver un équipement adapté. Cette aire de jeux s’inscrit dans une transformation plus large de la place du Duc Jean IV. La municipalité souhaite en faire un espace de proximité fréquenté par les familles et les habitants du secteur, plutôt qu’un lieu simplement traversé. Sa localisation, entre une crèche et un établissement accueillant des personnes âgées, lui donne une dimension naturellement intergénérationnelle. Les parents venant chercher leurs enfants, les riverains et les résidents de l’Ehpad pourront désormais se retrouver autour d’un espace plus animé. Un deuxième composteur partagé a également été installé sur la place avec CapAtlantique La Baule-Guérande Agglo. La place avait déjà accueilli, en 2019, le premier bac potager urbain partagé du Pouliguen. Porté à l’époque par le Conseil municipal des jeunes, ce petit jardin devait être entretenu et récolté par les habitants. Une troisième aire de jeux ouvre au Pouliguen Restauration de tableaux et sur-mesure : chaque projet est unique chez Cadréa
la baule+ 10 | Août 2026 Culture > Les mémoires d’une petite fille qui a vécu la chute du Mur de Berlin Marina Yaloyan a eu un parcours incroyable: elle a connu le choc de la chute du Mur de Berlin quand elle habitait à Erevan, elle a vu ses parents devoir brûler des livres pour se chauffer. Elle a passé son enfance et son adolescence entre Erevan et Moscou. Ensuite, elle est partie vivre aux États-Unis, où elle est sortie major de l’université de Columbia à New York et d’UCLA à Los Angeles. Elle est devenue journaliste pour la télévision française (France 24, M6), puis éditrice déléguée à l’UNESCO. Elle est aujourd’hui directrice des Affaires internationales au Journal du Parlement et aux Nouvelles Diplomatiques, chargée des Relations internationales au Comité de l’Europe et professeur à HEC. « La Petite Pianiste d’Erevan » est son premier roman. Elle y raconte l’histoire de Verochka, qui grandit dans une famille d’intellectuels communistes au milieu des livres, des certitudes idéologiques et de la musique qui lui ouvre un autre horizon. Mais lorsqu’en 1991 l’Union soviétique vacille, son univers se fissure et l’Histoire s’invite dans chaque foyer. Verochka se raccroche alors à un espoir fragile : réussir le concours qui lui permettra d’intégrer une prestigieuse école de musique moscovite. « La Petite Pianiste d’Erevan », de Marina Yaloyan, est publié chez Albin Michel. Marina Yaloyan : « On ne peut pas comparer une société qui est centrée autour de l’argent et des valeurs matérielles, et une autre qui est centrée autour des valeurs spirituelles. » La Baule+ : Vous avez passé votre enfance entreMoscou et Erevan, et vous habitez maintenant à Paris. Vous portez un regard d’enfant sur la période communiste. Pour quelles raisons ? Marina Yaloyan : Je ne voulais pas faire un livre politique. Ce qui m’intéressait, c’était de transmettre ce que les gens ressentaient à cette époque. Nous avons traversé cette période avec des millions de personnes qui vivaient la même chose de l’autre côté du Mur. J’ai voulu évoquer ce que ces gens ressentaient de l’intérieur. Je viens de faire une signature à La Baule. J’ai rencontré des lectrices russes et biélorusses, mais aussi ukrainiennes, et tout le monde m’a dit que cette histoire leur rappelait leur propre enfance. Cela me touche infiniment, parce que cela veut dire que le livre touche vraiment le cœur des lecteurs. Ce qui nous préoccupait, c’était d’abord notre survie spirituelle Parfois, on imagine d’une façon assez caricaturale que la vie derrière le rideau de fer n’était que misère et oppression. Or il y avait aussi de bons moments, avec un excellent niveau culturel et éducatif... Les priorités étaient vraiment différentes. C’est vrai, le matériel ne comptait pas beaucoup. Il y avait le même salaire pour tout le monde et les appartements étaient donnés gratuitement par le gouvernement. Donc, personne n’était réellement préoccupé par sa survie matérielle. Ce qui nous préoccupait, c’était d’abord notre survie spirituelle. C’est après la chute du Mur que tout s’est effondré. Les parents de la petite fille se sont retrouvés face à la nécessité de gagner de l’argent, de trouver un travail, alors qu’avant il y avait les emplois à vie. La précarité matérielle s’est installée pour une bonne dizaine d’années. Ce fut un traumatisme pour beaucoup. On voit apparaître tout un nouveau monde Vous racontez l’histoire de cette petite fille. Vous soulignez qu’il s’agit d’une fiction, mais on peut deviner qu’il existe beaucoup de points communs avec ce que vous avez vécu. Vous évoquez la tristesse d’une grandmère lors de la chute du Mur. Elle en voulait énormément à Gorbatchev, comme à Eltsine… Oui, la grand-mère incarne exactement cela. Elle était nostalgique de ce monde qui s’effondrait. C’est une figure tragique. Elle a cru à ce monde, elle a cru à ce communisme, et le voir disparaître lui a fait énormément de mal. Elle a essayé de sauver les derniers roubles qu’elle pouvait trouver, car elle était profondément bouleversée par l’effondrement de ce système. On voit apparaître tout un
Août 2026 | 11 la baule+ nouveau monde, par exemple avec des banques. Dans quinze pays, c’est le désarroi le plus total. Je me souviens qu’il y a quarante ans, à Moscou, on pouvait acheter des immeubles pour une bouchée de pain. C’était une période incroyable. Ce qui est aussi incroyable, c’est de constater que le prix du mètre carré est passé de quelques euros à plus de dix mille euros aujourd’hui, dans certains quartiers de Moscou… C’est ce qui a permis la fortune des oligarques. Avec mille dollars, à l’époque, on pouvait acheter un immeuble entier, des restaurants et même des entreprises. Tout était à privatiser à l’époque ! Pendant une dizaine d’années, il n’y avait rien, pas de chauffage, pas d’électricité Vous décrivez l’état de blocus énergétique dans lequel se retrouve l’Arménie aumoment de la chute du Mur : est-il exact que vous ayez dû brûler des livres pour vous chauffer ? Pendant une dizaine d’années, il n’y avait rien, pas de chauffage, pas d’électricité. J’ai connu intimement cette période. Je me souviens encore de l’odeur des bougies et du poêle que l’on devait mettre en marche pour chauffer la soupe ou avoir de l’eau chaude. En Géorgie, c’était la même chose. En Russie, c’était différent. Il y avait de l’électricité, mais il y avait d’autres problèmes, notamment liés à la corruption. La Russie dominait cette partie du monde. Quand j’étais petite fille, j’imaginais Moscou comme le centre du monde, une ville incroyable avec des tours en or. Le Kremlin était le centre de notre monde. Les Arméniens et les Russes ont un passé commun. Il y a une admiration culturelle énorme malgré les différends politiques. Ce lien est toujours fort. Dans votre enfance, à Erevan, vous attendiez les colis de votre tante qui habitait à Moscou... C’est du vécu : toutes les familles vivaient grâce aux gens qui partaient à l’étranger, que ce soit aux ÉtatsUnis, en Europe ou en Russie. Les familles arméniennes vivaient beaucoup grâce à ces billets reçus de ceux qui étaient à l’étranger. On pouvait très bien vivre pendant un mois en Arménie avec un billet de 100 dollars. (Suite page 12)
la baule+ 12 | Août 2026 Ces pays semblent avoir conservé la recherche de l’excellence dans le domaine de l’éducation et de la culture. Qu’en pensez-vous ? C’est possible, même s’il y a eu un léger déclin aussi. Vous savez, on ne peut pas comparer une société qui est centrée autour de l’argent et des valeurs matérielles, et une autre qui est centrée autour des valeurs spirituelles. Maintenant, l’URSS n’existe plus, donc il est difficile d’imaginer ce que cela signifiait. Effectivement, la quasi-totalité des gens, à l’époque de l’URSS, allaient à l’université. Il était aussi important d’avoir une fonction prestigieuse. Prenons un fait d’actualité récent, comme le vote de la loi dite sur le droit à l’aide à mourir en France. Dans ces pays, une telle information apparaît invraisemblable... Oui, parce que ce sont des sociétés qui défendent des valeurs traditionnelles sur de nombreux sujets, même sur le mariage pour tous ou l’euthanasie. Il y a une partie du monde qui adhère toujours à ces valeurs. Je ne vais pas dire que c’est bien ou que ce n’est pas bien, c’est une autre question. Mais, dans ces sociétés, ces valeurs viennent de leur histoire et de leur passé. Les pays de l’ex-URSS sont toujours guidés par des valeurs traditionnelles, du moins la plupart. C’est ce qui entraîne ce décalage entre ces deux façons de vivre. L’Arménie est en train de changer de bloc d’alliance : est-ce une bonne chose pour vous ? C’est un choix politique, mais cela ne changera rien aux liens qui existent entre les deux communautés. Il y a beaucoup d’Arméniens qui habitent à Moscou, comme beaucoup de Russes qui habitent à Erevan. Personne ne changera cela. Même si l’Arménie devient l’alliée de l’Europe, cela ne changera rien à la proximité culturelle que nous avons avec la Russie. Les choix politiques, c’est autre chose. Maintenant, il y aura sans doute davantage de collaborations économiques avec l’Europe. Nous avons beaucoup de valeurs communes avec l’Europe, mais ce n’est pas du tout la même chose. Quand je suis sur le terrain, je ressens toujours un lien fort entre la Russie et l’Arménie, et j’en suis très heureuse. La France était mon pays d’amour Quelle était votre image de la France lorsque vous étiez plus jeune ? La France était mon pays d’amour. Je suis venue pour la simple envie d’y vivre. C’était vraiment un choix de cœur. Je suis très inspirée, je suis heureuse de faire mon métier, je suis heureuse de partager mon monde. C’est toute une richesse que je tiens à partager avec mon public. Aujourd’hui, je me considère comme étant très française. En Europe, on peut encore faire le choix d’avoir des valeurs spirituelles et culturelles Vous avez appris la langue française à New York… C’est vrai, quand on parle plusieurs langues, c’est une richesse. On découvre des univers différents. On partage un imaginaire différent. Oui, j’ai appris le français à l’université aux ÉtatsUnis. Il m’a fallu neuf mois pour parler couramment le français et je suis venue découvrir la France. Déjà, j’étais très inspirée par les écrivains français. J’ai lu les œuvres complètes de Balzac, de Dumas et de Zola. Tous ces livres étaient largement traduits en russe. Ce qui était merveilleux, c’était de pouvoir relire ces livres en français quelques décennies plus tard. Je suis venue m’installer en France parce que je n’aimais pas trop les valeurs des États-Unis, une société très matérialiste et très centrée autour de l’argent. En Europe, on peut encore faire le choix d’avoir des valeurs spirituelles et culturelles. Aux États-Unis, le matérialisme est trop exacerbé et ce n’est pas aligné avec ce que je suis. Propos recueillis par Yannick Urrien. Marina Yaloyan : « Les pays de l’ex-URSS sont toujours guidés par des valeurs traditionnelles. » Kernews, votre radio 100% locale sur 91,5 FM sur tout le littoral de Loire-Atlantique. En DAB sur toute la Loire-Atlantique. Merci pour votre fidélité : vous êtes 74 800 auditeurs ! (Audience globale Médiamétrie EAR Local Septembre 2024 – Juin 2026)
la baule+ 14 | Août 2026 Comprendre le monde > Elle a appris à chanter sous les bombes américaines : cette chrétienne d’Orient est aujourd’hui la vedette montante de la chanson arabe C’est une belle histoire que celle de Mariam Ghanim et nous voulions la partager. Son nom n’est pas connu du grand public en France, mais c’est déjà une vedette de la chanson dans de nombreux pays arabes, avec des vidéos qui font plusieurs dizaines de milliers de vues. Mariam Ghanim est catholique d’origine irakienne. Elle est arrivée en France avec ses parents après avoir fui la guerre en Irak, dans le cadre de l’accueil de familles réfugiées. Elle fait partie des 500 familles sélectionnées pour être accueillies sur le territoire français sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Lien vers une vidéo de Mariam Ghanim sur YouTube Mariam Ghanim : « Dès que les bombardements commençaient, je mettais mon casque et je chantais. » La Baule+ : Vous êtes aujourd’hui l’étoile montante de la chanson moyen-orientale avec des vidéos qui font des dizaines de milliers de vues. Votre parcours est particulier, car vous avez appris à chanter sous les bombes… Mariam Ghanim : Malheureusement oui. J’ai appris à jouer du piano à l’âge de cinq ans à Bagdad, à l’époque de Saddam Hussein. J’avais une professeure qui venait à la maison et, pendant cinq ans, j’ai eu des cours particuliers. En 2003, la deuxième guerre a commencé et les cours ont été suspendus. Pendant la guerre, j’ai appris à chanter. Mes parents m’avaient acheté un baladeur avec un casque pour que je puisse écouter des chansons irakiennes, afin d’éviter d’entendre le bruit des explosions à l’extérieur. Dès que les bombardements commençaient, je mettais mon casque et je chantais. Donc, j’ai appris par cœur de très nombreuses chansons. Nous avons dû quitter l’Irak en 2005 pour aller vivre en Syrie à Damas, qui était une ville artistique très chaleureuse et j’ai aussi appris à jouer de la guitare là-bas. Je dois tout cela à mes parents qui m’ont appris à lire les notes de musique dès l’âge de cinq ans. À Damas, j’ai intégré la chorale de l’église Sainte-Thérèse qui existait encore à l’époque. La guerre m’a finalement décalée avec la vie Votre patrimoine musical est varié, il rappelle Fairuz, mais aussi Assala Nasri. Finalement, votre vie aurait-elle été différente sans la guerre et peut-être qu’aujourd’hui vous seriez ingénieure ou médecin à Bagdad ? La musique a toujours été une passion, mais je ne pensais jamais pouvoir en vivre, car je voulais être dentiste. La guerre m’a finalement décalée avec la vie. Je suis arrivée en France en 2008. J’ai dû laisser de côté la musique. J’ai vécu dans un foyer, dans une petite chambre. J’avais simplement un petit clavier. Ma priorité était d’apprendre le français, car je ne parlais pas un mot en arrivant. Ce n’était pas facile. En France, il était très difficile pour moi de continuer mes études, donc je me suis orientée vers le commerce et la vente. Je n’ai pas vraiment eu le choix. J’ai dû rapidement intégrer le marché du travail. Maintenant, depuis huit ans, nous avons pu stabiliser notre vie. J’ai pu prendre un crédit pour acheter un pavillon. Je tenais à faire ce cadeau à mes parents après toutes les galères qu’ils ont connues en Irak. C’est une autre responsabilité, puisque je dois payer ce crédit chaque mois, mais je me sens un peu plus stable. Mes parents ont obtenu la nationalité française, j’ai pu l’obtenir également et j’ai décidé de revenir à cette passion. Si j’habitais encore en Irak, les choses auraient été beaucoup plus rapides et je serais sans doute déjà une vedette. Mais ce n’est pas grave. Maintenant, je suis sur les
Août 2026 | 15 la baule+ Jusqu’au 31 août, la chapelle NotreDame-la-Blanche, à Guérande, accueille l’exposition « Chrétiens d’Orient, passeurs d’espérance ». À travers des visages, des initiatives et des témoignages, elle présente le quotidien de communautés qui continuent d’agir dans des régions marquées par les conflits, les déplacements de population et les crises humanitaires. L’exposition est proposée avec L’Œuvre d’Orient, association fondée il y a plus de 170 ans. Présente dans 23 pays du Moyen-Orient, d’Europe orientale, de la Corne de l’Afrique et d’Inde, elle soutient les Églises orientales de différents rites ainsi que les populations les plus fragiles. Installée dans le cadre de la chapelle NotreDame-la-Blanche, l’exposition permet de mieux comprendre l’histoire et le rôle actuel des chrétiens d’Orient. La visiter cet été est aussi une manière de manifester son attention à ces communautés anciennes, souvent oubliées, qui continuent pourtant d’œuvrer en faveur de la paix et de la coexistence. Exposition jusqu’au 31 août, chapelle Notre-Dame-la-Blanche à Guérande. Les chrétiens d’Orient, « passeurs d’espérance », exposés à Guérande réseaux et j’arrive à plusieurs millions de vues sur certaines vidéos. En plus, je suis fière d’être la chef de chorale de l’église NotreDame-de-Chaldée à Paris. Les membres de cette chorale sont tous des réfugiés, certains en provenance de Mossoul, d’autres de Bagdad, et nous avons même été invités à la messe de NotreDame-de-Paris. J’essaye de réaliser mes rêves et de faire le maximum pour moi, comme pour ma chorale. Vous évoquez Damas, qui était une ville très festive il y a une vingtaine d’années, il y avait de nombreux cafés-concerts. Quels souvenirs gardez-vous aussi de Bagdad ? C’était aussi une ville très festive. Chaque jeudi et vendredi, nous allions dans des concerts. J’étais petite, j’étais heureuse de m’approcher des musiciens, je montais sur scène pour jouer de la darbouka. C’était une vie très conviviale. Nous étions en sécurité en tant que chrétiens. Très honnêtement, Saddam Hussein aimait beaucoup les chrétiens. Tout le monde était content. Vos parents ont-ils compris que la situation serait difficile après la chute de Saddam Hussein ? Votre question est très intéressante. En 2003, avec ma mère, nous sommes allés à Londres pour visiter mon oncle, c’était un voyage touristique. Le jour où les Américains ont attrapé Saddam Hussein, nous étions encore à Londres. Mon oncle était triste et il avait dit à ma mère : « Restez, ne repartez pas en Irak, ce pays ne sera plus comme avant. » Saddam Hussein est encore très regretté chez les chrétiens d’Orient… Oui. Ma mère avait quand même espéré que l’Irak serait peut-être mieux après SaddamHussein et c’est pour cette raison que nous avons décidé de rentrer à Bagdad en 2003. Mais c’était pire. Vous commencez à être une vedette dans le monde arabe, mais il est difficile pour vous de développer votre carrière depuis la France. Que faites-vous actuellement ? Je fais des concerts. Je suis déjà montée sur scène à Paris avec un chanteur marocain et j’ai aussi été en Allemagne avec des chanteurs irakiens très connus. Pour Pâques, la communauté irakienne chrétienne de Strasbourg m’a proposé de venir chanter. Pour le jour de l’an, j’ai chanté à Londres. Maintenant, je n’ai pas de société de production. Je fais mes clips avec des amis qui sont en Allemagne ou à Dubaï et tout le monde essaye de me soutenir. C’est compliqué. J’invite vos lecteurs à me retrouver sur YouTube, Instagram ou TikTok et à découvrir ce que je fais. J’ai survécu à la guerre et j’essaye aujourd’hui de me battre. Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ 16 | Août 2026 L’Île Verte, la mode féminine sans tapage qui séduit La Baule À La Baule, l’élégance ne se mesure pas à la taille d’un logo. La station reste fidèle à une certaine idée du chic : plus discrète que démonstrative, plus attachée à l’allure qu’à l’ostentation. On est ici bien loin des caricatures de la Côte d’Azur, de la course aux griffes et des silhouettes transformées en panneaux publicitaires pour les multinationales du luxe. La tendance va même dans le sens inverse. Le « no logo» s’impose progressivement dans les garde-robes, avec des vêtements simples, faciles à porter, associés à quelques pièces plus fortes : une belle paire de chaussures, une veste bien coupée, une chemise, une robe ou un accessoire de qualité. La marque n’a pas disparu, mais elle devient une touche, un signe distinctif. C’est précisément sur ce terrain que L’Île Verte a trouvé sa place. Installée au cœur de La Baule, sur la place du marché, cette boutique exclusivement consacrée à la mode féminine mise sur des collections accessibles, variées et renouvelées régulièrement. L’objectif n’est que le commerce physique ne peut plus se contenter d’aligner des marques connues, facilement comparables en ligne. Une boutique doit proposer autre chose : une sélection, une surprise, un conseil et, surtout, la possibilité de provoquer un coup de cœur. Cette démarche se décline selon les villes. À Guérande, Salea Shoes se concentre sur les chaussures. À Pornichet, Le Fil d’Ariane s’est notamment fait connaître pour ses maillots de bain. À La Baule, L’Île Verte s’adresse aux femmes qui souhaitent compléter leur garde-robe sans engager un budget considérable. Des vêtements pour la vie quotidienne La clientèle est variée, beaucoup possèdent déjà quelques pièces de grands créateurs ou de grandes marques, réservées aux rendez-vous importants. Pour le quotidien, elles recherchent surtout des vêtements pratiques pour aller au marché, se promener, faire du vélo, déjeuner en terrasse ou rejoindre la plage. L’Île Verte répond à cette évolution des usages avec des robes, des chemises, des pantalons, des vestes et de nombreux basiques. On y retrouve cet esprit de « bonne trouvaille » avec des pièces parfois issues d’ateliers travaillant aussi pour des marques plus établies, proposées à des prix raisonnables. Une adresse devenue très bauloise La boutique traduit cette recherche d’équilibre. Elle correspond aussi à une évolution plus générale de la consommation : acheter moins cher, mais de façon plus réfléchie, éviter l’accumulation de logos et privilégier des vêtements que l’on portera réellement. L’Île Verte défend ainsi une version plus accessible du chic baulois. Une adresse locale, familiale et sans tapage, qui prouve que la mode peut rester féminine, actuelle, sans verser dans l’ostentation. L’Île Verte, 27, avenue des Ibis à La Baule. Tél. 02 40 11 07 06. pas de vendre un statut social, mais de permettre aux clientes de trouver rapidement une tenue agréable, actuelle et facile à intégrer dans leur garderobe. Derrière L’Île Verte, on retrouve Alain Jousselin et sa fille Céline, qui dirigent également Salea Shoes à Guérande et Le Fil d’Ariane à Pornichet. Trois enseignes, trois univers différents, mais une même philosophie : ne pas reproduire ce que l’on trouve déjà partout sur Internet. Professionnelle du marketing, Céline Jousselin considère Après plusieurs rendez-vous qui ont séduit habitants et estivants, les Matinées douces se poursuivent au Pouliguen les dimanches 9 et 16 août, de 9 h à 12 h 30. Durant ces matinées, la Grande Côte sera entièrement réservée aux piétons, cyclistes, rollers et utilisateurs de trottinettes, entre la pointe de Penchâteau et la baie du Scall. L’occasion de profiter du littoral et de la côte sauvage dans un environnement plus calme et sécurisé. « Le succès des premières Matinées douces confirme l’attente autour de ces temps de partage », souligne Frédéric Dounont, adjoint au maire chargé notamment des mobilités. La Ville entend ainsi promouvoir des déplacements plus respectueux de l’environnement tout en proposant un autre usage de l’espace public. Les Matinées douces se poursuivent sur la Grande Côte
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