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la baule+ 14 | Août 2026 Comprendre le monde > Elle a appris à chanter sous les bombes américaines : cette chrétienne d’Orient est aujourd’hui la vedette montante de la chanson arabe C’est une belle histoire que celle de Mariam Ghanim et nous voulions la partager. Son nom n’est pas connu du grand public en France, mais c’est déjà une vedette de la chanson dans de nombreux pays arabes, avec des vidéos qui font plusieurs dizaines de milliers de vues. Mariam Ghanim est catholique d’origine irakienne. Elle est arrivée en France avec ses parents après avoir fui la guerre en Irak, dans le cadre de l’accueil de familles réfugiées. Elle fait partie des 500 familles sélectionnées pour être accueillies sur le territoire français sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Lien vers une vidéo de Mariam Ghanim sur YouTube Mariam Ghanim : « Dès que les bombardements commençaient, je mettais mon casque et je chantais. » La Baule+ : Vous êtes aujourd’hui l’étoile montante de la chanson moyen-orientale avec des vidéos qui font des dizaines de milliers de vues. Votre parcours est particulier, car vous avez appris à chanter sous les bombes… Mariam Ghanim : Malheureusement oui. J’ai appris à jouer du piano à l’âge de cinq ans à Bagdad, à l’époque de Saddam Hussein. J’avais une professeure qui venait à la maison et, pendant cinq ans, j’ai eu des cours particuliers. En 2003, la deuxième guerre a commencé et les cours ont été suspendus. Pendant la guerre, j’ai appris à chanter. Mes parents m’avaient acheté un baladeur avec un casque pour que je puisse écouter des chansons irakiennes, afin d’éviter d’entendre le bruit des explosions à l’extérieur. Dès que les bombardements commençaient, je mettais mon casque et je chantais. Donc, j’ai appris par cœur de très nombreuses chansons. Nous avons dû quitter l’Irak en 2005 pour aller vivre en Syrie à Damas, qui était une ville artistique très chaleureuse et j’ai aussi appris à jouer de la guitare là-bas. Je dois tout cela à mes parents qui m’ont appris à lire les notes de musique dès l’âge de cinq ans. À Damas, j’ai intégré la chorale de l’église Sainte-Thérèse qui existait encore à l’époque. La guerre m’a finalement décalée avec la vie Votre patrimoine musical est varié, il rappelle Fairuz, mais aussi Assala Nasri. Finalement, votre vie aurait-elle été différente sans la guerre et peut-être qu’aujourd’hui vous seriez ingénieure ou médecin à Bagdad ? La musique a toujours été une passion, mais je ne pensais jamais pouvoir en vivre, car je voulais être dentiste. La guerre m’a finalement décalée avec la vie. Je suis arrivée en France en 2008. J’ai dû laisser de côté la musique. J’ai vécu dans un foyer, dans une petite chambre. J’avais simplement un petit clavier. Ma priorité était d’apprendre le français, car je ne parlais pas un mot en arrivant. Ce n’était pas facile. En France, il était très difficile pour moi de continuer mes études, donc je me suis orientée vers le commerce et la vente. Je n’ai pas vraiment eu le choix. J’ai dû rapidement intégrer le marché du travail. Maintenant, depuis huit ans, nous avons pu stabiliser notre vie. J’ai pu prendre un crédit pour acheter un pavillon. Je tenais à faire ce cadeau à mes parents après toutes les galères qu’ils ont connues en Irak. C’est une autre responsabilité, puisque je dois payer ce crédit chaque mois, mais je me sens un peu plus stable. Mes parents ont obtenu la nationalité française, j’ai pu l’obtenir également et j’ai décidé de revenir à cette passion. Si j’habitais encore en Irak, les choses auraient été beaucoup plus rapides et je serais sans doute déjà une vedette. Mais ce n’est pas grave. Maintenant, je suis sur les

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