La Baule+

Août 2026 | 7 la baule+ donné le goût de la création et son père était scientifique. C’est la rigueur scientifique qu’il a eue qui lui a permis de vraiment travailler l’anatomie de l’animal. Mais il ne se servait pas de photos parce qu’en fait il ne faisait pas de reproduction de photos. Il connaissait tellement l’animal qu’il créait les positions sans avoir à s’inspirer de photos et c’est ce qui fait que l’on a l’impression que ses œuvres sont vivantes. La seule chose qu’il s’est permis, c’est de supprimer les détails. Par exemple, il n’a jamais représenté les poils de l’animal parce qu’il voulait aller à l’essentiel et pour lui l’essentiel c’était la forme. Grâce à la forme, il rend l’esprit de l’animal, mais ce n’est pas un scientifique qui va reproduire un animal pour le montrer dans un muséum. Michel Bassompierre nous a quittés au mois d’avril. Que doit penser votre papa en regardant ses œuvres sur le remblai de La Baule de tout làhaut ? Mon père était un ours, il était toujours dans son atelier à travailler et il n’avait pas trop de plaisir à sortir pour aller rencontrer du monde. C’était toujours une épreuve pour lui, même s’il le faisait parce qu’il savait que c’était important pour que son œuvre vive que les gens connaissent aussi l’artiste. Il disait toujours: « Je fais ces œuvres parce qu’elles sont belles àmes yeux et si elles vous plaisent, tant mieux, mais c’est pour moi que je les ai faites très égoïstement parce que j’aime faire ce qui est beau. » À l’inverse Beethoven écrivait une musique qu’il ne pouvait pas entendre, donc qui était forcément pour les autres… Mon père a fait les BeauxArts à Rouen et un professeur lui a inculqué un leitmotiv qui est resté toute sa vie : « Ne cherchez pas à plaire, soyez fidèle à vous-même. Faites ce qui est beau et ne rentrez pas dans les modes.» Mon père a commencé à faire de la sculpture figurative, ce n’était vraiment pas la mode puisqu’on était complètement dans l’abstraction, et toute sa carrière a été ainsi. Aujourd’hui, son art est en train de revenir à la mode. Il disait toujours : « Il faut créer de l’émerveillement chez les gens, c’est ce qui va leur donner envie de protéger la nature. Que les gens recommencent à regarder, qu’ils rouvrent les yeux et recommencent à apprécier tout ce qui est beau et qui nous entoure. » Propos recueillis par Yannick Urrien.

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