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la baule+ 6 | Août 2026 Art > Les sculptures monumentales de Michel Bassompierre présentées à La Baule jusqu’au 16 novembre Les sculptures de Michel Bassompierre sont présentées sur le remblai de La Baule jusqu’au 16 novembre 2026. Sur près de trois kilomètres, ces géants transforment l’espace public en une vaste exposition à ciel ouvert. Intitulée « Fragiles Colosses », cette exposition en plein air rassemble une dizaine d’œuvres représentant notamment des ours et des gorilles. Des sculptures jalonnent la promenade de mer, ainsi que plusieurs endroits en ville. C’est la première exposition hommage consacrée à Michel Bassompierre depuis son décès en avril dernier. Karène Bassompierre, fille du sculpteur de renommée mondiale, répond aux questions de La Baule+. Karène Bassompierre : « Il connaissait tellement l’animal qu’il créait les positions sans avoir à s’inspirer de photos. » La Baule+ : L’exposition Michel Bassompierre suscite beaucoup d’intérêt, les promeneurs s’arrêtent, regardent les sculptures, les caressent, c’est la preuve de toute la force créatrice de votre père. Comment avez-vous sélectionné les œuvres qui sont présentées ? Karène Bassompierre : Mon père a vécu et travaillé pendant plus de 50 ans dans la région, donc c’est vraiment un lieu qu’il avait choisi et où il aimait vivre. En fait, on a plusieurs expositions en parallèle, donc on a choisi ce qui pouvait aller dans cet environnement. En ce moment, on a des œuvres qui viennent d’arriver à Miami, qui étaient à New York auparavant, donc ces pièces restent sur le continent américain. Pour cette exposition, on a fait un panel de ce que pouvait faire mon père avec des ours polaires, des ours bruns et un gorille. Est-ce que l’on choisit les œuvres différemment selon que l’exposition se déroule en milieu fermé ou en plein air ? Oui, surtout en fonction de la taille. Dans des lieux clos, si on peut intégrer des grandes œuvres, on en met avec plaisir, mais mon père travaillait surtout sur des modèles plus petits. Donc, on a aussi beaucoup de plus petits modèles que l’on peut exposer en intérieur. Ces œuvres nous font rêver, les enfants aussi, est-il une sorte de Rudyard Kipling de la sculpture ? Lui, c’est la sculpture, il disait toujours que l’on doit avoir envie de caresser une bonne sculpture. On voit bien que c’est ce qui se passe tout le temps, quels que soient les lieux où les œuvres sont exposées, les gens ont envie de les caresser, adultes ou enfants. Chacun retrouve son âme d’enfant et retrouve la joie d’avoir accès à ces animaux. Qu’est-ce qui fait que cet homme s’est retrouvé attiré par ces animaux dont beaucoup ne sont pas de notre continent ? Il a fait beaucoup d’ours bruns quand même, c’est essentiellement l’animal qu’il a fait avec le gorille, et il a fait aussi des chevaux et des pandas. Mais son animal de prédilection reste l’ours parce qu’il aimait vraiment la rondeur de l’animal. D’ailleurs, il a toujours choisi des animaux très ronds. Par exemple, il préférait l’éléphant d’Asie à l’éléphant d’Afrique, parce qu’il est un peu plus rond. Mais l’ours reste son préféré car avec ses quatre pattes, en étant très mobile, il pouvait prendre des quantités impressionnantes de positions. Il trouvait que la rondeur se prêtait vraiment à la sculpture et il le représentait toujours paisible et dans sa quiétude parce qu’en fait l’animal est agressif quand on menace ses petits, mais le reste du temps il n’est pas du tout dans cette agressivité. Il cherchait aussi à restituer l’esprit de l’animal et ça passe beaucoup par le regard. Est-ce qu’il s’inspirait de dessins ou de photographies ? Mon père disait toujours qu’ils sont quatre dans sa tête, donc il y a l’animalier qui connaît parfaitement l’animal, celui qui connaît son comportement à chaque moment de sa vie. Il y a le dessinateur qui va savoir exactement dessiner l’animal. Il y a l’anatomiste qui sait comment est fait le squelette, comment les muscles se rattachent sur les os. Enfin, il y a le sculpteur qui bénéficie de tous les savoirs de ces trois autres personnes et qui va s’amuser à créer des formes. Il commençait toujours par faire un dessin. Ensuite, une maquette en argile qu’il agrandissait puis un tirage en plâtre et cela demandait parfois plusieurs mois de réalisation. À partir de ces originaux, on a pu créer des agrandissements que l’on peut aujourd’hui exposer dans le monde entier. Aurait-il été l’artiste qu’il a été s’il n’avait pas eu la formation scientifique qu’il a eue au début de sa carrière ? Son père était déjà scientifique, c’était un géologue, et, très petit, il l’a emmené au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Donc, il a très vite étudié les squelettes. Sa mère était artiste et lui a Pour Caroline Glon, adjointe à la culture à la mairie de La Baule, cette exposition s’est imposée comme une évidence après la disparition de Michel Bassompierre : « Cela faisait longtemps que j’avais l’idée de faire quelque chose avec lui. C’était un sculpteur reconnu mondialement, très attaché à la région. L’annonce de son décès en avril a été un déclic. » La Ville a donc souhaité lui rendre hommage en installant ses œuvres sur la promenade de mer : « Nous voulions en faire un musée à ciel ouvert, accessible à tout le monde, et faire sortir l’art des musées. C’est la première exposition hommage depuis son décès, et cela correspond à l’image culturelle que nous voulons donner de La Baule. » Caroline Glon : « Faire sortir l’art des musées. »

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