La Baule+

la baule+ 12 | Août 2026 Ces pays semblent avoir conservé la recherche de l’excellence dans le domaine de l’éducation et de la culture. Qu’en pensez-vous ? C’est possible, même s’il y a eu un léger déclin aussi. Vous savez, on ne peut pas comparer une société qui est centrée autour de l’argent et des valeurs matérielles, et une autre qui est centrée autour des valeurs spirituelles. Maintenant, l’URSS n’existe plus, donc il est difficile d’imaginer ce que cela signifiait. Effectivement, la quasi-totalité des gens, à l’époque de l’URSS, allaient à l’université. Il était aussi important d’avoir une fonction prestigieuse. Prenons un fait d’actualité récent, comme le vote de la loi dite sur le droit à l’aide à mourir en France. Dans ces pays, une telle information apparaît invraisemblable... Oui, parce que ce sont des sociétés qui défendent des valeurs traditionnelles sur de nombreux sujets, même sur le mariage pour tous ou l’euthanasie. Il y a une partie du monde qui adhère toujours à ces valeurs. Je ne vais pas dire que c’est bien ou que ce n’est pas bien, c’est une autre question. Mais, dans ces sociétés, ces valeurs viennent de leur histoire et de leur passé. Les pays de l’ex-URSS sont toujours guidés par des valeurs traditionnelles, du moins la plupart. C’est ce qui entraîne ce décalage entre ces deux façons de vivre. L’Arménie est en train de changer de bloc d’alliance : est-ce une bonne chose pour vous ? C’est un choix politique, mais cela ne changera rien aux liens qui existent entre les deux communautés. Il y a beaucoup d’Arméniens qui habitent à Moscou, comme beaucoup de Russes qui habitent à Erevan. Personne ne changera cela. Même si l’Arménie devient l’alliée de l’Europe, cela ne changera rien à la proximité culturelle que nous avons avec la Russie. Les choix politiques, c’est autre chose. Maintenant, il y aura sans doute davantage de collaborations économiques avec l’Europe. Nous avons beaucoup de valeurs communes avec l’Europe, mais ce n’est pas du tout la même chose. Quand je suis sur le terrain, je ressens toujours un lien fort entre la Russie et l’Arménie, et j’en suis très heureuse. La France était mon pays d’amour Quelle était votre image de la France lorsque vous étiez plus jeune ? La France était mon pays d’amour. Je suis venue pour la simple envie d’y vivre. C’était vraiment un choix de cœur. Je suis très inspirée, je suis heureuse de faire mon métier, je suis heureuse de partager mon monde. C’est toute une richesse que je tiens à partager avec mon public. Aujourd’hui, je me considère comme étant très française. En Europe, on peut encore faire le choix d’avoir des valeurs spirituelles et culturelles Vous avez appris la langue française à New York… C’est vrai, quand on parle plusieurs langues, c’est une richesse. On découvre des univers différents. On partage un imaginaire différent. Oui, j’ai appris le français à l’université aux ÉtatsUnis. Il m’a fallu neuf mois pour parler couramment le français et je suis venue découvrir la France. Déjà, j’étais très inspirée par les écrivains français. J’ai lu les œuvres complètes de Balzac, de Dumas et de Zola. Tous ces livres étaient largement traduits en russe. Ce qui était merveilleux, c’était de pouvoir relire ces livres en français quelques décennies plus tard. Je suis venue m’installer en France parce que je n’aimais pas trop les valeurs des États-Unis, une société très matérialiste et très centrée autour de l’argent. En Europe, on peut encore faire le choix d’avoir des valeurs spirituelles et culturelles. Aux États-Unis, le matérialisme est trop exacerbé et ce n’est pas aligné avec ce que je suis. Propos recueillis par Yannick Urrien. Marina Yaloyan : « Les pays de l’ex-URSS sont toujours guidés par des valeurs traditionnelles. » Kernews, votre radio 100% locale sur 91,5 FM sur tout le littoral de Loire-Atlantique. En DAB sur toute la Loire-Atlantique. Merci pour votre fidélité : vous êtes 74 800 auditeurs ! (Audience globale Médiamétrie EAR Local Septembre 2024 – Juin 2026)

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