la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 265 - Juillet 2026 SOLENN PILAR Un vrai cabaret d’été à Pornichet Page 3 SOLÈNE SAINT-GILLES Plaidoyer pour l’Intelligence artistique Pages 4 et 5 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! OLIVIER PICHON Analyse du nouveau totalitarisme Pages 8 et 9 PASCAL OBISPO MODE Kerundas : la nouvelle marque sport chic à La Baule Page 2 Nos entreprises locales communiquent MAISON La Maison des Travaux : la rénovation sans stress Page 13 MAISON Arti Chape Fluide, l’expert du sol qui prépare la maison Page 6 RESTAURANT Bahia Tikka : le goût de l’été, à l’écart des sentiers battus Page 7 MAISON Multirex part à la conquête de l’Allemagne Page 12 MAISON GAO : des artisans réunis pour le confort énergétique Page 16 MAISON Repar’stores : le spécialiste de ce qui s’ouvre vers l’extérieur Page 17 DÉCORATION Cadréa : les grands formats à l’honneur Page 19 ÉTIENNE GERMAIN L’actualité du nautisme Pages 10 et 11 JEAN-LUC GOUIN Tout savoir sur le La Baule Jazz Festival Pages 14 et 15 Photo : Dominique Gau Entretien exclusif à l’occasion de la sortie de ses albums « Héritage » Pages 22 à 26
la baule+ 2 | Juillet 2026 Kerundas : la nouvelle marque sport chic qui apporte de bonnes ondes à La Baule Kerundas, la nouvelle enseigne bauloise, raconte déjà une belle histoire. Cette marque française propose un univers sport chic, coloré, pratique et joyeux. Derrière Kerundas, il y a Stéphanie et Edouard. Lui est entrepreneur et chef d’entreprise. Elle est passionnée de couture, créatrice et co-autrice du best-seller « Simplissime Couture : le livre de couture le+ facile du monde». C’est surtout Stéphanie qui a imaginé l’univers de Kerundas, avec cette envie très personnelle de créer des objets qu’elle aimait utiliser, porter ou offrir, mais qu’elle ne trouvait pas vraiment dans le commerce. « Nous voulions créer une marque qui soit à la fois pratique, élégante, joyeuse et respectueuse de la nature. » Le résultat, c’est une gamme de sacs, de vêtements et d’accessoires qui ne cherchent pas à suivre la mode, mais plutôt à inventer un style durable, lumineux, facile à vivre. Le nom lui-même résume l’esprit de la marque. Ker, en breton, signifie la maison. Undas, en latin, évoque les ondes. Kerundas, c’est donc la maison des bonnes ondes. « Nous voulions un ancrage local fort, gourde se renverse, prend de la place ou oblige à être tenue à la main. Stéphanie a donc imaginé un système permettant de maintenir la bouteille droite. Certains modèles disposent même de petites «nageoires», deux éléments astucieux qui calent la gourde et l’empêchent de bouger. « Le concept a vraiment plu, parce qu’il n’y avait pas d’équivalent», confie-t-elle. La fabrication est un autre pilier de la marque. Stéphanie a dessiné chaque produit à la main, puis elle a sourcé les matières une à une, avec une attention particulière portée à la qualité, à la durabilité et à la proximité. « Nous sommes des défenseurs de la fabrication française », insiste-t-elle. Les sacs sont notamment réalisés par Audouin, près de Cholet. La marque s’est ensuite développée avec une gamme de vêtements colorés, pratiques et assumés. Stéphanie a notamment imaginé des gilets réversibles, qui permettent de jouer avec les couleurs, ainsi qu’un blouson qui rappelle l’esprit des bombers des années 80, mais avec davantage de lumière, de fantaisie et de joie. Certains vêtements sont réalisés à l’ESAT Marie Moreau, à Saint-Nazaire, par des personnes en situation de handicap. Parmi les autres créations, on trouve aussi une grande cape très pratique pour celles et ceux qui se déplacent à vélo, fidèle à l’esprit de la marque. Kerundas a également imaginé une bougie en partenariat avec la maison Bertaud, à La Rochelle. Sa senteur spécifique rappelle l’odeur des pins, et donc immédiatement La Baule. Le choix d’ouvrir une boutique avenue de Gaulle n’est pas anodin. À l’heure où beaucoup de marques se développent uniquement en ligne, Stéphanie a voulu un lieu physique, vivant. « Avenue de Gaulle, c’est le lieu où il faut être, car tout le monde s’y rejoint », explique-t-elle. Ce choix a d’autant plus de sens que Stéphanie et Edouard habitent à La Baule. Stéphanie poursuit par ailleurs son travail d’autrice. Son livre « Simplissime Couture : le livre de couture le + facile du monde» a connu un très beau succès depuis sa première édition en 2016. Traduit en six langues, il a permis à de nombreux débutants de se lancer grâce à une méthode simple. Une seconde édition est sortie en 2024, et Stéphanie prépare déjà un nouveau livre pour septembre, consacré à la couture et à la broderie à la main. Une marque française, joyeuse et pratique, qui parle à celles et ceux qui aiment les objets bien pensés, les belles matières, les couleurs positives et les idées cadeau originales. Avenue de Gaulle, Kerundas apporte à La Baule une touche nouvelle : celle d’un sport chic pétillant, fabriqué avec soin, pensé pour bouger, respirer et faire circuler de bonnes ondes. Kerundas, 142 avenue du Général de Gaulle à La Baule. Site : https://kerundas.com/ avec le Ker, mais aussi quelque chose de positif, à travers le nom, la marque et les couleurs», souligne Stéphanie. Un emplacement pour une gourde Le point de départ de Kerundas, ce sont les sacs. Pas seulement de beaux sacs, mais des sacs utiles. Il fallait y penser: chaque sac contient un emplacement pour une gourde. Aujourd’hui, beaucoup de personnes utilisent une gourde au bureau, en balade, à vélo ou en voyage. C’est plus écologique que les bouteilles en plastique. Mais dans un sac classique, la
Juillet 2026 | 3 la baule+ Coup de cœur : un vrai cabaret d’été s’installe à Pornichet C’est incontestablement l’une des belles surprises de l’été sur la presqu’île. Du 1er juillet au 26 août, le Cabaret de la Côte d’Amour s’installe à Pornichet avec Révélation, un dîner-spectacle immersif, élégant, familial et spectaculaire. Sous les voûtes et les miroirs du Spiegeltent Cristal Palace, le public va découvrir un vrai cabaret à 360°, pensé pour surprendre du début à la fin. C’est un coup de cœur. L’idée est audacieuse, le lieu est magnifique, l’accueil déjà excellent, et cette première saison a tout pour devenir l’un des rendez-vous phares de l’été. Le cabaret se trouve chemin du Marais, à l’entrée de Pornichet, face à l’Intermarché. Le bar ouvre à 18h30, le dîner commence à 20h, puis le spectacle se déroule en trois temps : une première partie après l’entrée, une deuxième après le plat, et une troisième après le dessert. À l’origine de cette aventure, on retrouve Solenn Duponchel Pilar. Artiste acrobate de métier, elle a voyagé dans le monde entier avec son numéro de patins à roulettes, Les Skating Pilar, qui sont devenus pendant douze ans les artistes principaux du Moulin une acrobate de Saint-Étiennede-Montluc et la comédienne Fabienne Durand, originaire de Sucé-sur-Erdre. » C’est l’un des points importants de Révélation : le spectacle s’adresse à toutes les générations. Il n’y a pas de nudité, ce qui permet aux familles de venir avec des enfants. « C’est vraiment un spectacle qui ira de Taylor Swift à Céline Dion et Daniel Balavoine », explique Solenn. « Toutes les générations peuvent s’identifier à ce spectacle. » Voilà ce qui rend ce cabaret particulièrement intéressant : il réinvente le genre pour un public d’aujourd’hui, sans l’enfermer dans ses clichés. La soirée est également pensée comme un vrai dîner-spectacle. Trois formules sont proposées : une formule spectacle avec dessert et boisson, une formule Révélation avec entrée, plat et dessert, et une formule Étoile, imaginée par le chef étoilé nantais Matthieu Pasgrimaud. Des formules enfants et des alternatives végétariennes sont également prévues. L’accueil, pour cette première édition, est déjà très encourageant. Solenn ne cache pas son ambition : « Le but, c’est évidemment de revenir les prochaines années et pourquoi pas d’étendre la période de représentations. » On le comprend aisément. Si le succès est au rendez-vous, le Cabaret de la Côte d’Amour pourrait devenir une nouvelle tradition estivale à Pornichet. Un vrai cabaret d’été, porté par une artiste qui connaît les plus grandes scènes et qui a choisi de faire revenir cette magie sur son territoire de cœur. Pour les habitants, les estivants, les familles ou tout simplement ceux qui veulent vivre une belle soirée différente, c’est l’un des rendez-vous à ne pas manquer cet été. Cabaret de la Côte d’Amour, Chemin du Marais à Pornichet. Il est conseillé de se garer à Quai des Arts. Arrêt bus : Hippodrome. Représentations du 1er juillet au 26 août, les jeudis, vendredis et dimanches, avec des dates supplémentaires du 13 au 18 juillet et du 10 au 15 août. Réservations : cabaret-cotedamour.com. Rouge, à Paris. Mais Solenn a aussi un lien personnel très fort avec la région. « Je suis à Saint-Marc-sur-Mer, mes parents et mes grands-parents habitent à Pornichet », explique-t-elle. « J’avais envie de poursuivre mon activité sur la presqu’île. Je me suis dit qu’il n’y avait aucune raison de voir de très beaux spectacles uniquement à Paris, et j’ai décidé d’en créer un à Pornichet. » Un spectacle hybride, immersif et moderne Révélation n’est pas un cabaret à l’ancienne. C’est un spectacle hybride, immersif et moderne, où les artistes évoluent au plus près du public. « C’est un cabaret à 360° », souligne Solenn. « Dans le spectacle, il y aura différentes influences, sur scène, treize artistes internationaux, une chanteuse live, une comédienne et une troupe de danseurs donnent vie à un univers mêlant glamour, émotion, humour et performance. Certains artistes ont évolué dans des productions aussi reconnues que le Moulin Rouge, The Voice, la Star Academy ou La France a un incroyable talent. Solenn tient aussi à mélanger les talents venus de loin et les artistes régionaux, avec notamment Megane Saboy Pour la deuxième année, l’Aire d’été est installée sur la place du Marché au Bois, à Guérande. Cet espace, habituellement consacré au stationnement, a été réaménagé afin d’accueillir des activités de plein air et des animations au cœur de la cité médiévale. L’objectif est de tester de nouveaux usages pour cette place située à proximité immédiate des remparts, dans un secteur stratégique pour la vie locale comme pour l’accueil des visiteurs. Plusieurs installations sont proposées: un terrain de pétanque, des tables d’échecs, des espaces de repos et des zones propices aux rencontres. Autre nouveauté : l’arrivée d’un billodrome, qui viendra enrichir l’offre d’activités. Cette opération répond à une tendance de fond dans les villes touristiques : repenser ponctuellement la place de la voiture dans les centres historiques. Guérande transforme la place du Marché au Bois en espace de loisirs
la baule+ 4 | Juillet 2026 Culture > La créativité sera-t-elle demain la compétence la plus recherchée ? L’IA s’inscrit au cœur de tous les débats. Toutefois, la transformation des entreprises pourrait résulter aussi de l’Intelligence Artistique et pas simplement de l’Intelligence Artificielle. Telle est la conviction de Solène Saint-Gilles et Jean-Philippe Zappa, qui estiment que l’intelligence artistique constitue désormais un atout décisif de transformation et de performance pour les entreprises. En effet, entre les réseaux sociaux et la pratique à outrance de l’Intelligence Artificielle, les entreprises se retrouvent confrontées à des situations de dérèglement cognitif, d’absence de quête de sens, et de polarisation de la société. Solène Saint-Gilles est bauloise, responsable des programmes culturels de France Télévisions, nommée parmi les Femmes de culture de l’année 2023. Jean-Philippe Zappa est entrepreneur, consultant, auteur de théâtre et scénariste. « Intelligence Artistique : Comment transformer l’entreprise par la culture ? » de Solène Saint-Gilles et Jean-Philippe Zappa est publié aux Éditions Bloomtime. Solène Saint-Gilles : « Demain, on aura davantage envie d’avoir des salariés qui se singularisent, face à l’intelligence artificielle qui uniformise. » La Baule+ : Votre livre contient un plaidoyer pour que les entreprises retrouvent le chemin de la culture. Or, n’estce pas ce qu’elles font depuis des décennies, notamment à travers l’art de la publicité ? Un message publicitaire peut être émouvant ou drôle, c’est déjà un premier engagement dans le monde de la culture. Qu’en pensez-vous ? Solène Saint-Gilles : Vous abordez ce sujet sous un angle iconoclaste et c’est intéressant. La publicité se tourne vers l’extérieur, alors que nous proposons aux entreprises d’intégrer la culture au sein même de l’entreprise, c’est-à-dire auprès de leurs salariés. L’intelligence artistique est d’ailleurs une marque que nous avons déposée avec Jean-Philippe Zappa, car c’est tout ce que la machine n’a pas : la créativité, l’empathie, la capacité d’émerveillement, la nuance. Ce sont ces qualités que nous proposons de développer auprès des salariés, afin de les rendre irremplaçables, et l’on développe ces qualités grâce à l’art et à la culture. La publicité est une forme de culture, mais elle est destinée à l’extérieur, alors que nous proposons d’intégrer la culture au sein de l’entreprise pour aider les salariés à développer tout cela. Certes, mais toutes les entreprises doivent développer de l’intelligence artistique pour leurs produits ou leur marketing… Si vous évoquez la décoration intérieure des locaux, c’est de l’intelligence artistique. Pour les salariés. On explique que la présence d’œuvres d’art dans un hall d’immeuble incite les salariés à parler d’art et à échanger entre eux. Cela renforce la cohésion. Ils évoquent les œuvres, plutôt que de se contenter de conversations sur la pluie et le beau temps. Ainsi, il faut mettre de l’art dans l’entreprise, parce que ce sera profitable à la créativité des salariés, et cela n’a rien à voir avec le mécénat… Exactement. Cela s’adresse à toutes les entreprises, y compris les petites entreprises, parce qu’on ne leur demande pas d’investir dans un Picasso. On dit simplement qu’avoir des œuvres d’art dans un couloir suscite la créativité des salariés. C’est de la performance mesurable. On est en train de développer un ROI de la culture qui consiste à savoir combien l’investissement dans l’art et la culture rapportera à l’entreprise. On essaie de créer un outil de performance mesurable avec le MEDEF. Cela peut être aussi la musique. Par exemple, la création d’un club de lecture pour prendre le temps de réfléchir. Cela peut aussi passer par le fait de faire venir des créateurs de théâtre. En fait, vous rappelez des évidences que nous avions oubliées… C’est vrai, cela se fait déjà au sein de l’entreprise, mais c’est parfois le fait du prince. Par exemple, lorsqu’un patron emmène ses salariés à l’opéra parce qu’il aime l’opéra. Notre approche est plus cohérente et elle vise à apporter plus de performance au sein de l’entreprise. Nous sommes dans une période où les budgets sont beaucoup plus serrés, où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, et il était essentiel de rappeler qu’il n’y a pas que l’IA. L’intelligence artistique ne doit pas être laissée sur le carreau. On a parfois caricaturé la culture comme étant quelque chose d’insignifiant. En réalité, c’est essentiel. C’est pourquoi le ROI que nous mettons en place va être très important. La culture, c’est tout ce qui suscite de l’émotion Dans ce contexte, qu’estce que la culture ? J’ai une approche assez large de la culture. Dans le livre, on se base sur la définition du ministère de la Culture, avec les différentes catégories, et l’on distingue cela de ce qui est de l’ordre du divertissement. Pour moi, la culture, c’est tout ce qui suscite de l’émotion auprès des salariés. Votre approche est intéressante, car nous n’avons jamais euautant besoin d’intelligence artistique au moment où nos facultés intellectuelles diminuent. Vous mentionnez certaines études scientifiques prouvant que l’utilisation de l’IA nous rend de plus en plus bêtes…
Juillet 2026 | 5 la baule+ Nous publions de nombreuses études scientifiques, ainsi que des témoignages de professionnels, et il apparaît que nous n’avons jamais eu un QI aussi bas qu’aujourd’hui. Lorsque l’on fait une recherche sur ChatGPT et que l’on obtient la réponse en une seconde, on retient moins l’information. L’effort d’aller chercher une information compte dans la mémorisation de l’information. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais tout le cheminement de pensée. Et c’est ce qui se perd avec l’intelligence artificielle. Quand on reçoit la réponse immédiatement, le cerveau n’a pas le temps d’imprimer. Ce qui compte, c’est le cheminement d’un savoir qui nous amène à trouver la réponse. La machine ne peut pas ressentir les choses avec nuance et émotion, et c’est toute la force de l’intelligence artistique Vous plaidez pour prendre le temps, pour favoriser un ralentissement général… Le ralentissement, c’est aussi avec l’objectif d’une croissance économique, car c’est également prendre le temps de réfléchir. La machine ne peut pas ressentir les choses avec nuance et émotion, et c’est toute la force de l’intelligence artistique. Par exemple, si je vous explique ce qu’est la couleur verte alors que vous n’avez jamais vu de vert de votre vie, vous n’aurez absolument pas le même ressenti. Quiconque a déjà été amoureux dans sa vie peut vraiment comprendre ce que signifie l’amour. Évoquons maintenant les entreprises qui ont déjà une forte culture, notamment parce qu’elles ont traversé les siècles. On voit aussi se développer des musées dédiés à une entreprise et à ses métiers… La culture que nous souhaitons développer au sein de l’entreprise doit être au service de la culture d’entreprise, et les propositions que nous faisons sont une première étape. Nous venons de créer un club sur ce sujet et nous voulons proposer aux entreprises du conseil pour intégrer la culture en entreprise, tout en servant aussi leur propre culture d’entreprise. Il faut s’adapter à chaque entreprise. Certaines ont besoin de rayonner et de favoriser la créativité de leurs salariés. D’autres veulent davantage s’ancrer territorialement et elles vont donc renforcer leur côté patrimonial. Vous signalez également le rôle de la culture dans la pensée divergente. Pourtant, on a le sentiment que les entreprises veulent de moins en moins de pensée divergente, mais de bons petits soldats. Qu’en pensez-vous ? C’était peut-être un courant, mais on y revient, face à l’uniformisation de l’intelligence artificielle. Demain, on aura davantage envie d’avoir des salariés qui se singularisent, face à l’intelligence artificielle qui uniformise. Après la chute du Mur de Berlin, dans de nombreux pays de l’Est, lorsque les entreprises de l’Ouest sont arrivées, elles ne comprenaient pas la mentalité des salariés qui exécutaient tout ce qu’on leur demandait, sans jamais contester ni apporter la moindre idée nouvelle. Il a fallu beaucoup de temps pour insuffler la notion de divergence… Il faut du temps et plusieurs années pour déconstruire des schémas. Lorsque les gens se sont retrouvés avec du choix dans des supermarchés, ils ne savaient absolument pas comment choisir. L’artistique consiste à valoriser des compétences, des divergences, des nuances ou des qualités d’empathie, et ce sera essentiel demain dans les entreprises. Vous soulignez aussi l’importance de la lecture sur papier au lieu de l’écran. Une étude scientifique indique que six minutes de lecture sur papier permettent de réduire de 68 % le niveau de stress… C’est complètement fou. J’ai encore un agenda papier et je lis encore de vrais livres. Je défends vraiment cette culture du papier. Le papier, c’est une façon de ralentir et de déstresser les salariés. Finalement, vous rappelez que depuis la nuit des temps, tous les grands entrepreneurs ont fait appel à des artistes qui ont été des apporteurs d’idées… Encore une fois, ce n’est pas nouveau. Mais, ce qui est nouveau, c’est de présenter cela comme un outil de performance mesurable pour les entreprises. Le mécénat a toujours existé, mais cela relevait surtout du fait du prince. Cette fois-ci, on se tourne davantage vers le salarié. Le vrai coût, ce n’est pas de le faire, c’est de ne pas le faire Comment un chef d’entreprise peut-il sortir de ses choix personnels pour se tourner vers une culture plus universelle, afin d’intéresser le plus grand nombre de ses employés ? Il est essentiel d’intéresser les salariés dès le démarrage. C’est pour cela que nous accompagnons l’entreprise en abordant toutes les problématiques avec des propositions précises. Le ROI de la culture va éteindre toutes les questions que les chefs d’entreprise peuvent se poser. On ne fait pas cela simplement pour faire plaisir, mais pour ce que cela rapporte, notamment en termes de productivité et de gestion du stress. Le vrai coût, ce n’est pas de le faire, c’est de ne pas le faire. Cela doit devenir un outil de performance mesurable. Propos recueillis par Yannick Urrien. www.labauleplus.com toute la Presqu’île, un seul site
la baule+ 6 | Juillet 2026 Arti Chape Fluide, l’expert du sol qui prépare la maison avant la décoration Les habitants de la presqu’île connaissent bien La Villa d’Ici, cette boutique de meubles et de décoration installée à Pornichet, où Annabelle accueille ceux qui veulent donner du style, du charme et de la chaleur à leur intérieur. Mais juste à côté, une autre enseigne mérite que l’on s’y arrête : Arti Chape Fluide, dirigée par Nicolas, son mari. Deux activités voisines, deux univers complémentaires, et finalement une belle histoire d’entreprise comme on les aime. Car avant de choisir un canapé, une table, un luminaire ou un objet de décoration, il faut d’abord une maison prête à les recevoir. Nicolas intervient lorsque le logement est encore vide, au moment de la construction, de l’extension ou de la rénovation. Annabelle arrive ensuite, pour meubler, décorer et personnaliser. Mari et femme dans la vie, ils ont ainsi trouvé, sans vraiment le chercher, une forme de complémentarité professionnelle assez naturelle. Nicolas connaît depuis longtemps l’univers de la maison. Avant de développer Arti Chape Fluide il a été antiquaire. Il n’a donc jamais vraiment quitté le monde du mobilier, des intérieurs et des lieux que l’on transforme. Lorsque l’occasion s’est présentée de s’installer dans deux cellules voisines, le couple n’a pas hésité : d’un côté, La Villa d’Ici ; de l’autre, Arti Chape Fluide. Deux enseignes différentes, mais une même culture du travail bien fait. « Cela arrive régulièune surface parfaitement plane, stable, régulière, prête à accueillir la suite du chantier. Comme le dit Nicolas avec une image parlante, une fois le travail réalisé, « le sol devient un billard ». Le métier consiste notamment à couler des chapes liquides, anhydrites ou ciment, à intervenir sous les planchers chauffants, à traiter l’isolation au sol, à réaliser des ragréages, des ravoirages ou encore des bétons allégés. L’entreprise travaille aussi bien dans le neuf qu’en rénovation, auprès de particuliers, de commerces, de maîtres d’œuvre, d’architectes, de pavillonneurs, mais également en sous-traitance pour de nombreux carreleurs et plombiers, notamment sur les chantiers avec plancher chauffant. Répondre en moins de 24 heures à toutes les demandes Cette polyvalence explique sans doute la réussite d’Arti Chape Fluide. L’entreprise sait répondre aux petites comme aux grandes demandes, avec une équipe qui compte aujourd’hui quatorze personnes, et qui est très réactive en s’efforçant de répondre en moins de 24 heures à toutes les demandes. Elle intervient sur des maisons individuelles, des appartements, des commerces, mais aussi sur de très gros chantiers. Nicolas cite par exemple le CHU de Nantes, avec plus de 80 000 m² réalisés, ce qui donne une idée du niveau de confiance accordé à l’entreprise. Le chantier doit être préparé, mesuré, contrôlé. Les produits sont formulés en centrale béton, puis vérifiés jusqu’à leur arrivée sur le chantier. Les équipes mettent en place les niveaux, préparent le support, installent le matériel, puis procèdent au coulage avec des applicateurs formés et agréés. Ensuite vient le temps du séchage : fermeture du bâtiment, absence de passage pendant les premiers jours, protection de la surface, contrôle de l’humidité avant la pose du revêtement final. Ce savoir-faire technique est souvent invisible une fois les travaux terminés, mais il est déterminant. Dans une période où les exigences de confort, d’isolation et de qualité de finition sont de plus en plus fortes, le métier d’Arti Chape Fluide devient central. Avant de voir le résultat final, il faut réussir ce que l’on ne verra presque plus ensuite. C’est souvent la marque des bons professionnels : leur travail disparaît sous les finitions, mais il conditionne tout le reste. Arti Chape Fluide, 11 allée du Zéphir à Pornichet (face au restaurant Bahia Tikka). Tél. 02 40 25 46 80. Site : https://artichapefluide.fr rement », sourient Nicolas et Annabelle, en évoquant ces clients qui commencent par faire appel à Arti Chape pour préparer leur sol, puis passent ensuite chez La Villa d’Ici pour imaginer l’aménagement intérieur. Une surface parfaitement plane, stable, régulière Depuis plus de vingt ans, l’entreprise de Nicolas s’est imposée comme une référence dans un métier essentiel, mais que l’on connaît souvent mal. Arti Chape Fluide intervient pour préparer les sols avant la pose d’un revêtement : carrelage, parquet, sol souple ou autre finition. L’objectif est simple à comprendre, mais exigeant à réaliser : obtenir La pose de la première pierre du futur Hôtel de Police municipale et de l’Espace départemental des solidarités marque une étape importante pour La Baule-Escoublac. Franck Louvrier, maire de la commune, y voit « un ensemble éminemment structurant », dont l’achèvement est prévu au premier trimestre 2028. Ce projet s’inscrit dans la priorité donnée par la municipalité à la sécurité des biens et des personnes. Le maire a rappelé que, depuis six ans, la Police municipale avait été fortement renforcée. Elle est devenue une direction à part entière, avec des effectifs plus que doublés pour atteindre aujourd’hui 36 agents. Dix recrutements supplémentaires sont également prévus dans l’année. La Ville a aussi amélioré les moyens mis à disposition des policiers municiLa Baule : un nouvel Hôtel de Police municipale et un Espace des solidarités pour 2028 paux : nouveaux véhicules, équipements de protection, moyens de communication, pistolets à impulsion électrique et armement létal depuis deux ans. Le stand de tir d’Escoublac a été mis aux normes et peut désormais accueillir des policiers d’autres communes pour leur entraînement. Franck Louvrier a également souligné le développement de la brigade équestre, qui joue un rôle de prévention et de proximité, ainsi que le déploiement de la vidéoprotection. La commune dispose aujourd’hui de près de 320 caméras opérationnelles, représentant environ 450 prises de vues. Une réflexion est aussi engagée sur l’usage de l’intelligence artificielle pour optimiser le dispositif et aider à détecter les situations à risque. Le choix du terrain, en plein centre-ville, à proximité du commissariat et de la gare, répond à la volonté de regrouper les services de Police municipale, aujourd’hui répartis sur plusieurs sites. Le futur bâtiment comprendra 1 235 m² pour la partie Police, en R+2 avec combles, et 490 m² pour l’Espace départemental des solidarités, en R+1. Le coût total estimatif des travaux s’élève à 6,4 millions d’euros hors taxes, dont 1,8 million d’euros pour le Département et 4,6 millions pour la commune. Cette dernière part sera financée en grande partie par la vente de biens situés avenue des Magnolias et avenue des Roches Rouges. Le projet intègre aussi des équipements environnementaux : panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur air/eau, ventilation double flux et rafraîchissement par modules adiabatiques. Un groupe électrogène sécurisera enfin les installations du centre de supervision urbain et du poste de commandement de crise.
Juillet 2026 | 7 la baule+ Bahia Tikka : le goût de l’été, à l’écart des sentiers battus Le Bahia Tikka fait partie de ces restaurants qui ont déjà leur histoire, leur clientèle, leur réputation. Installé allée des Zéphyrs, à Pornichet, l’établissement de Camille et Jérôme Kersulec s’est imposé comme l’une des adresses les plus connues de la presqu’île. On y retrouve cette patte familiale, ce goût du produit bien choisi, cette envie de recevoir largement, dans une ambiance élégante et festive. Mais cet été, Camille et Jérôme veulent surtout insister sur la formule déjeuner à 20 €, proposée en semaine. Pour une brasserie de ce niveau, avec cette qualité de produits et cette exigence en cuisine, l’effort est réel. Il faut le dire simplement : c’est sans doute l’une des meilleures formules déjeuner de la presqu’île pendant la saison. Une formule accessible, lisible, attractive, capable de faire découvrir ou redécouvrir la maison Le Bahia Tikka n’est pas un restaurant de plage, ni une adresse posée au milieu d’une rue commerçante où l’on passe par hasard avec une serviette sur l’épaule. Il faut aller le chercher, prendre le temps de venir jusqu’à lui. Camille et Jérôme le savent parfaitement. C’est aussi pour cela qu’ils ont voulu proposer une formule accessible, lisible, attractive, capable de nérosité méditerranéenne, raffinement français. Pour les légumes, les poissons ou les œufs, la maison privilégie les circuits directs Depuis plusieurs saisons, Camille et Jérôme ont aussi beaucoup travaillé le sourcing. Jérôme est allé jusqu’à Rungis rencontrer la boucherie Metzger, l’une des grandes références françaises, fournisseur de l’Élysée et de nombreux restaurants étoilés. C’est dans cet esprit que le Bahia Tikka propose des viandes d’exception, mais aussi de beaux produits de la mer, des poissons, et, selon les arrivages, des langoustes bretonnes grillées au barbecue. Camille insiste également sur le travail mené avec les producteurs locaux. Pour les légumes, les poissons ou les œufs, la maison privilégie les circuits directs et les producteurs régionaux, en évitant autant que possible les intermédiaires. Autre nouveauté de la saison: une vraie proposition autour des cocktails et des tapas. Là encore, le Bahia Tikka veut faire les choses à sa manière. «Tout est fait maison, les sirops, les infusions et les jus», souligne Jérôme. « Nous avons essayé de travailler de nouvelles saveurs, avec parfois du curry ou du piment, pour proposer des cocktails que l’on ne trouve pas partout. C’est aussi un tour du monde : chaque cocktail incarne un pays. » Le Bahia Tikka conserve en effet cette dimension festive qui fait partie de son identité, avec des concerts piano live, des soirées cubaines, des soirées corses et une programmation régulière qui donne envie de rester après le dîner. Pour ceux qui travaillent, pour les habitués de Pornichet, pour les Baulois qui veulent changer de leurs adresses de centre-ville, ou pour les estivants qui cherchent autre chose qu’un restaurant de plage, cette formule mérite le détour. Il suffit parfois de quitter les axes les plus évidents pour retrouver une adresse qui a du caractère. Bahia Tikka, 6, allée des Zéphyrs, à Pornichet. Tél. 02 40 62 17 02. Site : bahiatikka.com. faire découvrir ou redécouvrir la maison à l’heure du déjeuner. « Nous avons vraiment voulu faire découvrir notre savoir-faire », explique Camille. « C’est un vrai effort qualitatif. On propose aussi, par exemple, un faux-filet grillé. L’objectif est aussi de faire découvrir l’établissement à travers ce déjeuner. » Cette formule à 20 € permet donc d’entrer dans l’univers du Bahia Tikka. Le Bahia Tikka a souvent été associé à une cuisine d’inspiration sud-américaine. C’est vrai, mais ce serait réducteur. La cuisine de la maison est plutôt une cuisine de rencontre : fraîcheur des poissons, découpes précises, marinades vives, gé-
la baule+ 8 | Juillet 2026 Idées > Un Baulois analyse le nouveau totalitarisme Olivier Pichon partage sa vie entre Angers et La Baule. Agrégé d’histoire et professeur d’économie en classe préparatoire aux grandes écoles, notamment HEC, il a formé de nombreuses élites. Politiquement, il fut un temps engagé au Front national et il produit aujourd’hui des émissions économiques sur TV Libertés. Dans son nouvel essai, il démontre que la mondialisation, au lieu d’ouvrir les chemins de la liberté, a conduit les peuples « sur les routes d’une nouvelle servitude et à la naissance d’une nomenklatura mondialiste. Pire encore, le nouveau capitalisme est en passe de se débarrasser de la démocratie et de la puissance publique. » « Les nouvelles routes de la servitude. Essai sur le totalitarisme du XXIe siècle » d’Olivier Pichon est publié aux Presses de la Délivrance. Olivier Pichon : « Reprenez toutes les descriptions de la Rome de la décadence, cela ressemble fortement à nos métropoles. » La Baule+ : Le monde a changé, particulièrement depuis la crise sanitaire, avec une sorte de totalitarisme que vous qualifiez de « sournois ». Cela signifie-t-il qu’il y a le totalitarisme caricatural, comme en Corée du Nord, et celui plus insidieux où l’on vous explique que l’on prend des mesures répressives pour votre bien ? Olivier Pichon : Absolument. Tout cela au nom de principes moraux fallacieux. Celui qui a très bien vu cela, c’est le philosophe Günther Anders. Il a été le premier mari de Hannah Arendt, qui était bien placée pour parler de totalitarisme. Or, dans un livre datant de 1956, il explique que les régimes nazis et les régimes soviétiques se sont complètement trompés car, pour contraindre l’homme, il faut le faire en douceur. Son livre énonce des méthodes d’insinuation progressive d’un totalitarisme pour le XXIe siècle. Pourquoi faites-vous remonter ce changement d’époque à 1991 ? Parce que nous avons tous cru que la chute de l’Union soviétique ouvrait une immense ère de liberté. Dans une certaine mesure, la menace communiste est évacuée et c’est une grande satisfaction de voir nos frères de l’Est libérés de ce joug. Mais beaucoup ont abusé de la liberté offerte par le libéralisme au nom de l’équilibre que celui-ci pouvait produire. Le marché allait rétablir les équilibres en étant le paradigme central de nos libertés. Or, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. On a vu la naissance d’une nomenklatura mondialiste, qui était évidemment financière, avec le détachement de l’économie financière de l’économie réelle et le rêve incontesté des gavés de la Terre. Vous démontrez que l’internationale est en fait passée à l’Ouest… Il s’est produit un basculement. Convenons que la démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Christopher Lasch, un sociologue américain, démontre que nous sommes dans la révolte des élites contre le peuple et c’est ce qui menace la démocratie. Son livre se retrouve totalement confirmé par les travaux de Christophe Guilluy sur le délaissement des populations périphériques et sur les graves difficultés qu’éprouve cet autre peuple français méprisé par les métropoles. Cette population urbaine, riche, utilise l’immigré pour les services du quotidien, Uber ou les gardes d’enfants, comme les esclaves à Rome. Reprenez toutes les descriptions de la Rome de la décadence, cela ressemble fortement à nos métropoles. C’est cette révolte des élites qui menace les masses et la démocratie. Friedrich Hayek nous expliquait en 1945 que le socialisme gagnait partout et que l’État allait écraser la démocratie et nos économies. C’est vrai. D’ailleurs, aujourd’hui, le poids de l’État en France est la principale difficulté de ceux qui essayent de confectionner un budget chaque année. Mais l’État est omnipotent. Il ne me protège pas quand on a besoin de sécurité, il nous coûte cher et l’on ne sait plus à quoi il sert. Vous évoquez la révolte des élites contre les peuples. Par définition, il s’agit de minoritaires qui se soulèvent contre une majorité. Des députés veulent même faire adopter une loi pour interdire les propos de ceux qui mettraient en cause l’origine humaine du réchauffement climatique. Qu’en pensez-vous ? C’est le ministère de la Vérité ! On retrouve la dimension orwellienne de nos sociétés. Orwell avait inventé 1984 en pensant au monde soviétique. Le débat mérite d’être fait sur la question de savoir si le réchauffement climatique est d’origine anthropique ou s’il ne l’est pas. L’autorité est toujours couverte de moraline. Qu’est-ce que la moraline ? C’est un détournement de la morale à des fins idéologiques, à des fins de répression et à des fins de contrôle social. Évidemment, on ne peut pas accepter de torturer quelqu’un comme dans l’expérience de Milgram. Cependant, le citoyen ordinaire est capable d’obéir lorsqu’on lui donne de bonnes raisons d’obéir. Cela ressemble fort à ces dirigeants nazis qui habitaient dans de très belles maisons, avec leurs femmes et leurs enfants, à deux pas des camps de concentration où des malheureux subissaient les pires tortures. Mais ils obéissaient aux ordres... C’est ce qu’ils ont dit en 1945 au moment des grands procès. En Allemagne de l’Est, la moitié de la population espionnait l’autre moitié pour répondre aux ordres qu’elle recevait. On voit bien qu’une population espionnait l’autre moitié sous des prétextes fallacieux. Nous sommes dans la version dure du totalitarisme. Pendant le confinement, on a vu des gens dénoncer leurs voisins qui sortaient plusieurs fois par jour… La dénonciation est quelque chose d’assez congénital. Depuis la Révolution française, on est dans l’envie de l’autre. En France, on a cultivé cela d’une façon assez malsaine. On est dans une sorte de passion triste, celle de l’égalité. Si mon voisin a une tête de plus que moi, je préférerais qu’on la lui coupe pour qu’il ait la même taille que moi. C’est totalement Procuste, cette affaire ! Je ne dis pas que c’est la caractéristique de tous les Français - mes concitoyens sont capables de se montrer courageux - mais c’est complètement Procuste. Procuste faisait tirer les jambes des gens qui étaient trop petits et il faisait couper les jambes de ceux qui avaient des jambes trop grandes. Il y a un chapitre sur le collectivisme. Par exemple, sur la question de l’immobilier, on nous empêche de louer librement notre bien immobilier, on nous surtaxe… Les gens payent la taxe foncière toute leur vie et, au moment de leur héritage, on leur en prend encore. Le socialisme à la française, c’est l’ombre portée du soviétisme. Nos intellectuels avaient un complexe vis-àvis de l’Union soviétique, et l’égalitarisme que l’on recherche à travers la loi est cette ombre portée du communisme. C’est une manière de dire que l’on n’est pas communiste, mais que l’on fait aussi bien qu’eux. Il ne faut pas affaiblir l’État, mais il faut le faire maigrir, car il est partout avec ses fonctionnaires et ses réglementations. Il faut considérablement réduire les réglementations et l’empire de la norme. J’ai voulu savoir quelle était, dans le budget de l’État, la part des dépenses régaliennes. À l’Assemblée nationale, je n’ai rien trouvé. Au Sénat, j’ai trouvé le chiffre hallucinant de 6 %. Le régalien a été écrasé par le social. Vous rappelez les stratégies de manipulation de Noam Chomsky : la distraction, créer des problèmes et offrir des solutions, la stratégie de la dégradation, la stratégie du différé, s’adresser au public
Juillet 2026 | 9 la baule+ comme à des enfants en bas âge, maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise… Nous sommes dans la servitude par l’ignorance. La ruine de l’éducation, c’est aussi la servitude de notre peuple. Il est prêt à toutes les acceptations, parce qu’il n’a plus le savoir ou la connaissance la plus élémentaire des réalités. On ne peut pas se réjouir de voir cette jeunesse ne plus savoir réfléchir. Le wokisme affiche les coupables sur les murs et procède à des dénonciations collectives qui ressemblent au maoïsme. Le wokisme a fait son miel sur l’ignorance et la bêtise. Les intellectuels français ont une responsabilité énorme. On est dans l’éternelle trahison des clercs. Il s’est passé une chose dramatique. Notre société n’était pas fondamentalement raciste. À partir du moment où nous avions un citoyen, on oubliait sa couleur de peau, pourvu qu’il partage les mêmes valeurs. On ne peut pas dire que la France était raciste lorsque Gaston Monnerville était le deuxième personnage de l’État... Oui, mais on enseigne à nos enfants et nos petits-enfants la figure de Rosa Parks. Elle s’était rebellée contre le fait de ne pas pouvoir s’asseoir dans un autobus parce qu’elle était noire : mais cela ne s’est jamais produit en France ! C’est la gauche qui nous a fait revenir vers ce racialisme à la mode américaine. La situation est-elle en train de s’inverser ? Ce qui m’étonne, c’est la résilience du peuple français. Il y a la question du vieillissement et la population est donc moins encline au combat. Il y a aussi la servitude par l’ignorance et le manque de compréhension de nos compatriotes. J’ajoute la toute-puissance des médias, même si cela craque. Il y a aussi le système répressif, notamment la répression judiciaire : voyez le « Mur des cons ». La magistrature peut décider qui peut être président de la République et qui ne peut pas l’être. On pourra changer les choses en France si les futurs élus ont le courage d’aller contre un système qui, immanquablement, ira contre eux. Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ 10 | Juillet 2026 Nautisme > La Baule Nautic se prépare à la refonte du port de Pornichet et annonce de nombreux événements Difficile d’évoquer la vie sur la presqu’île cet été sans parler de La Baule Nautic. L’entreprise est présente sur trois sites, notamment sur le port de Pornichet et celui de La Baule – Le Pouliguen, et elle propose tous les services que l’on peut imaginer dans ce domaine. La Baule Nautic, ce sont des magasins d’accastillage et d’équipements nautiques USHIP, des concessions de vente de bateaux représentant les marques du groupe Beneteau, l’entretien et l’hivernage de bateaux, une base de location de bateaux et un Boat Club Wiziboat, qui permet d’utiliser des bateaux par abonnement. Bref, c’est une véritable conciergerie autour du bateau qui est proposée aux plaisanciers. Par ailleurs, La Baule Nautic prépare pour cette saison plusieurs événements, avec notamment une grande braderie les 14 et 15 août et une grande foire de l’occasion les 5 et 6 septembre. En effet, dans la perspective des travaux du port de Pornichet, après la saison 2027, l’établissement commence déjà à déstocker son matériel et à vider ses greniers. Ce sera donc l’occasion de faire de bonnes affaires. Malgré un contexte économique difficile, Étienne Germain constate que la demande est toujours forte : le nautisme est une passion, et l’entrepreneur baulois a même commandé de nombreux bateaux neufs afin d’être en mesure de les livrer rapidement cet été. Étienne Germain est d’abord un passionné. Il a su entretenir, depuis de nombreuses années, une relation de confiance avec la quasi-totalité des propriétaires de bateaux du port de Pornichet. Il est sans doute l’un des professionnels les mieux informés en matière de technique, de tendances et de nouveautés dans ce domaine. La Baule Nautic se trouve sur le port de Pornichet, sur le port de La Baule – Le Pouliguen, ainsi que route de Saint-Nazaire, à Pornichet. Tél. 02 40 61 03 78. Étienne Germain, directeur de La Baule Nautic : « Il faut à nouveau que l’on voie des bateaux dans la baie, parce que c’est un spectacle magnifique ! » La Baule+ : Comment se porte le marché du nautisme ? Étienne Germain : Le marché du nautisme a été compliqué au premier semestre. Nous travaillons très bien sur tout ce qui concerne l’atelier, le magasin et la location de bateaux. La partie Wiziboat se développe très bien, mais n’est pas encore assez connue ! En ce qui concerne les ventes de bateaux, tout ce qui est occasion récente et bien placé en tarif se vend rapidement. Sur les bateaux neufs, il reste des opportunités à saisir et c’est vraiment la bonne période, car nous avons pris le risque de prendre du stock pour pouvoir le proposer à de très bons prix et répondre à la demande en pleine saison ! Cette année, j’ai fait en sorte d’avoir une gamme suffisamment large afin que les acheteurs puissent en profiter très rapidement, simplement le temps de faire les papiers. J’ai notamment une belle gamme, du Flyer 6 au Flyer 9, ainsi que des Antares 7, 8 et 9, les nouveaux Wellcraft ou encore un bel Oceanis 37. Une grande braderie les 14 et 15 août, au show-room, route de Saint-Nazaire Quels événements préparez-vous ? Cette année, nous avons souhaité être plus proches de nos clients avec plusieurs événements! Le premier aura lieu le 12 juillet pour les plaisanciers à voile, avec une régate sympathique et sans véritable enjeu autour des Évens. Ensuite, nous organiserons une grande braderie les 14 et 15 août, au niveau de notre show-room, route de Saint-Nazaire, face au Bahia Tikka, avec une soirée clients et prospects qui nous permettra de présenter le site, car nous allons renforcer, sur ce lieu, les expositions de bateaux pendant les travaux du port, qui devraient commencer en septembre 2027. Cette grande braderie sera l’occasion de vider nos greniers et nos stocks en fin de saison ! L’objectif est de commencer à déstocker du matériel, car nous avons un vrai trésor de guerre dans nos entrepôts. C’est important pour nous, puisque le magasin de Pornichet sera détruit en 2028, après la saison 2027. Il y aura de nombreuses promotions sur l’électronique, la plongée et les derniers bateaux à vendre, quasiment à prix coûtant ! Par ailleurs, nous préparons aussi une grande foire de l’occasion le week-end des 5 et 6 septembre. Cette foire permettra aux particuliers de proposer directement leur bateau à la vente, en le vendant eux-mêmes, de particulier à particulier, ou en nous le confiant. Ce sera une opportunité de vendre leur bateau dès la fin de saison et donc de préparer la saison 2027 en avant-première ! Il suffira de s’inscrire. Il y aura des frais de participationminimes pour couvrir la place de port et la communication, mais chacun pourra venir proposer son bateau et trouver son nouveau bateau. Nous pourrons bien sûr aussi aider les propriétaires à estimer la valeur de leur bateau, et nous proposerons des occasions certifiées, avec une expertise. Allez-vous vous inspirer du diagnostic prévente proposé par la Fédération des industries nautiques ? Exactement. C’est un diagnostic réalisé par des experts accrédités. C’est une sorte de petit contrôle technique qui nous permet d’expertiser nos bateaux à vendre. Comment la consommation a-t-elle évolué? Le plaisancier recherche-t-il toujours le mètre de plus ? Les habitudes ont changé. Avant, les gens achetaient un mètre de plus parce qu’ils dormaient dans leur bateau et voulaient partir plus loin. Aujourd’hui, le mètre de plus, c’est l’avion qui est à Nantes ! Les gens veulent aller vite, donc on vend moins de voiliers et beaucoup plus de bateaux à moteur. Les clients changent de bateau, mais en restant dans les mêmes tailles. Le prix des bateaux a-t-il beaucoup augmenté ? Il faut relativiser. C’est vrai, mais c’est comme les voitures. À une certaine époque, on achetait une voiture qui n’avait pas de GPS, et parfois même pas d’autora-
Juillet 2026 | 11 la baule+ dio. Aujourd’hui, dans les voitures, vous avez tous ces outils de sécurité, comme l’ABS. Le nautisme se retrouve dans la même configuration : les équipements sont beaucoup plus sophistiqués. Il y a toujours un GPS avec un sondeur, les moteurs sont plus puissants, les bains de soleil sont plus confortables… Avec quelles marques travaillez-vous ? Essentiellement avec les marques du groupe Beneteau et les plus grandes marques françaises. Beneteau propose des gammes très larges, aussi bien en voile qu’en moteur. Nous travaillons aussi avec Rhéa pour les clients plus conservateurs, Wellcraft pour les pêcheurs sportifs, Zodiac pour les pneumatiques et Tofinou pour les voiliers classiques. Des bateaux en plastique rotomoulé qui ne coûtent pas cher ! Nous avons aussi une deuxième filiale, Pornichet Yachting - Hunyvers Nautic, qui représente la marque Jeanneau. Wellcraft a été rachetée par le groupe Beneteau et, le week-end des 14 et 15 août, nous présenterons la nouveauté : le Wellcraft 28 T-Top. Par ailleurs, nous venons aussi d’intégrer une nouvelle marque, Whaly, qui propose des bateaux en plastique rotomoulé et qui ne coûtent pas cher ! Ce sont des bateaux très faciles d’accès, que l’on peut conduire avec ou sans permis, selon la puissance du moteur. Surtout, certains modèles peuvent s’ouvrir par l’avant afin d’accéder facilement aux plages des îles. Wiziboat : une nouvelle façon de naviguer à coût réduit et en illimité Présentez-nous le concept Wiziboat… C’est une nouvelle façon de naviguer et d’aller sur l’eau à coût réduit, et en illimité, à partir de 290 € par mois ! Le concept se situe entre la propriété d’un bateau et la location. Le principe est un abonnement mensuel pour une utilisation d’un bateau en illimité, via la souscription d’un forfait avec des jetons renouvelables. Un jeton représente une demi-journée et, selon votre forfait, vous pouvez réserver vos créneaux sur un calendrier en ligne : une demi-journée pour un jeton ou une journée pour deux jetons. Et cela de façon illimitée, car les jetons se renouvellent dès que vous les avez utilisés ! Aujourd’hui, beaucoup de nos abonnés sont des locaux qui utilisent les bateaux comme s’ils allaient jouer au padel. Ils vont pêcher, pratiquer des sports nautiques ou seulement se balader. Je suis convaincu que cela va représenter une grande partie de la consommation de demain en matière de nautisme. C’est vraiment une phase intermédiaire entre la location et la propriété du bateau. En revanche, celui qui veut dormir sur son bateau ou partir deux ou trois jours devra devenir propriétaire. Nous avons donc deux formules à La Baule Nautic : la location traditionnelle de bateau à la journée et le système de location Wiziboat, par abonnement illimité d’avril à septembre. Enfin, parlez-nous de votre projet de manifestation autour des voiliers… Avec le Yacht Club de La Baule et l’APCC à Pornichet, nous aimerions redynamiser la voile dans la baie. Nous sommes en train de contacter tous nos clients qui ont des voiliers dans la région et nous voulons créer un rassemblement autour d’une régate, ouverte à tout le monde, autour de l’île des Évens. J’espère que cela deviendra un événement annuel, et la première compétition aura lieu cette année, le 12 juillet. Il est encore temps de s’inscrire. Il suffit de venir se renseigner auprès de La Baule Nautic. Mon objectif, c’est de revoir davantage de voiliers naviguer dans la baie et peutêtre d’organiser des entraînements d’automne ! Avec la canicule, je remarque le retour de beaucoup de bateaux dans la baie. Il y a du plaisir pour tout le monde : apéro en mer, pêche entre amis, farniente sur les bains de soleil, tirer des bords à la voile… Il faut à nouveau que l’on voie des bateaux dans la baie, parce que c’est un spectacle magnifique ! Et à La Baule Nautic, on est là pour vous accompagner dans vos projets ! Propos recueillis par Yannick Urrien.
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