la baule+ 20 | Juillet 2026 « Et surtout la santé ! » Comme on dit lorsqu’on présente ses vœux en début d’année. Je sais, nous ne sommes pas début janvier, mais début juillet. Néanmoins, je m’autorise à user de la formule. Cela en considération de la situation de nos hôpitaux du fait des ravages de la petite chienne. Vous me direz, que vient faire cet animal dans cette affaire ? J’y recours juste pour vous épargner le mot qui est sur toutes les lèvres depuis quelque temps et qui, je le crains, vous chagrinerait : le terme de canicule. Ce vocable vient directement du latin canicula qui se traduit par « la petite chienne». Les anciens roHumeur > Le billet de Dominique Labarrière La petite chienne est à la fête mains désignaient ainsi Sirius, ou si vous préférez Alpha Canis Majoris, dont l’apparition dans le ciel coïncidait avec les périodes de très fortes chaleurs. Voilà l’explication, à ce qu’il paraît. (Je ne fais ici que répéter ce que j’entends. Ma science et ma compétence en la matière ne vont guère au-delà, hélas.) La petite chienne est donc à la fête. Autrement, dit on a chaud, très chaud. Et ce n’est pas fini, nous prédit-on. Donc oui, surtout la santé afin d’éviter autant que faire se peut de devoir se rendre à l’hôpital lui aussi, lui surtout, en dramatique surchauffe. Non seulement il y a encombrement de patients, mais on y crève de chaud presque autant que sous les toits de son chez soi. Du moins au vu de certains reportages où l’on constate qu’on en est à recourir à la grande débrouille pour tenter de combattre le fléau Celsius, l’épidémie de ce début d’été. Aussi, me permettrai-je un conseil. Ne jetez pas vos vieux cartons à la décharge, mettez de côté ceux de vos pizzas de matchs de la Coupe du Monde (Il y a des moments comme cela dans la vie où si vous n’aimez ni la chaleur ni le foot, vous n’êtes vraiment pas à la noce. C’est ainsi.) Les établissements de santé en ont le plus grand besoin, de ces cartons, pour colmater portes et fenêtres afin d’essayer de faire baisser quelque peu la température. Autre conseil, adressé celui-ci à nos admirables infirmières. Malgré la chaleur, qu’elles aient la charité de renoncer à vaquer nues sous leur blouse. L’effet sur les patients et visiteurs résultant de cette pratique ne fait qu’empirer une situation déjà fort critique. Merci à elles. Donc l’hôpital, métamorphosé en sauna, ce qui n’est pourtant pas sa vocation initiale, est proche de l’ébullition. Petite remarque en passant : depuis le temps qu’on nous rebat les oreilles avec le fameux « réchauffement climatique » (et par ailleurs nourri de l’expérience des antécédents de 1976, de 2003, pour ne citer que ceux-là) on aurait pu prévoir du côté des gouvernements supposés compétents et mener une politique ad hoc. La sagesse des nations n’affirme-t-elle pas que « Gouverner c’est prévoir »? Apparemment, ce précepte n’a pas cours chez nous où gouverner consisterait avant tout et surtout à bavasser et, lorsque tout de même on s’aviserait de prévoir un brin, ce louable effort ne porterait en réalité que sur le moment opportun pour annoncer aux foules ébahies qu’on sera de nouveau candidat à telles ou telles très éminentes fonctions, pour lesquelles on se sent d’autant plus légitime qu’on a brillé dans les précédentes par une incompétence crasse, une impéritie vertigineuse, une incurie abyssale. Bref, toute la lyre de ce qui nous a conduits à la situation que nous connaissons. Ils sont formidables. Plus ils ont raté hier, plus ils ont été nullissimes aux affaires, plus ils se persuadent qu’ils sont l’homme - ou la femme- de la situation. On se prend à rêver, oui on en viendrait à espérer l’apparition sur la scène publique d’un type de la trempe d’un ancien grec ou romain qui viendrait déclarer : « Compte tenu de ce qu’on a pu constater voilà peu du naufrage titanesque de notre système judiciaire avec le drame effrayant autant qu’absurde de la petite fille martyre, Lyhanna, de ce qu’on constate aujourd’hui du délabrement hospitalier, je m’interdis, moi qui ai été ministre au moins une fois ces quinze dernières années, de me présenter à quelque élection que ce soit. » On applaudirait. Peut-être même le plébisciterait-on, ce personnage pétri d’humilité et de lucidité ? Allons savoir ? Mais non, nous n’avons pas droit à des élites capables de ce genre de modestie, d’élégance. Capables de nous respecter. Et, en fait, de se respecter ellesmêmes. De faire preuve d’une once de dignité, tout simplement. Comme on dit plaisamment : « Quand cela arrivera, il fera plus chaud qu’aujourd’hui ! » La bonne nouvelle est que cela n’arrivera pas. Donc, nous n’aurons pas ce « plus chaud ». Tant mieux, c’est déjà cela.
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