la baule+ 22 | Juillet 2026 Musique > Entretien exclusif avec l’auteur-compositeur-interprète à l’occasion de la sortie de ses albums « Héritage » Pascal Obispo est l’un des artistes les plus populaires de sa génération. Pour ce numéro de juillet, il a accepté de s’entretenir longuement avec Yannick Urrien. Pascal Obispo sort « Héritage » en deux volumes. Le Volume 2 paraît en premier et contient 13 duos dans le style de la chanson française entre 1966 et 1977, avec Bénabar, Francis Cabrel, Zazie, Renaud, Ycare, Julien Clerc, Axel Bauer, Michel Jonasz, Chico and the Gypsies et Gaëtan Roussel, ainsi que trois duos avec des artistes disparus : Philippe Pascal (Marquis de Sade), Michel Delpech et Daniel Lévi. Le Volume 1 suivra en octobre, avec notamment Véronique Sanson, Serge Lama, Calogero, Eddy Mitchell et William Sheller. Cette production a nécessité deux ans et demi de travail. Pascal Obispo : « L’intelligence artificielle pour la musique, c’est le démantèlement de la beauté. » La Baule+ : Votre nouvel album s’appelle «Héritage ». Il y a plusieurs façons d’évoquer un héritage. On pense à celui qui hérite, qui n’a pas fait grand-chose et qui ne fera pas grandchose… Ou à celui qui reçoit une entreprise en héritage et qui va se battre pour la faire prospérer. Il y a également celui qui hérite de quelque chose qui a traversé le temps, mais on n’y touche pas, parce que le rôle de l’héritier est simplement d’entretenir et de conserver… Pascal Obispo : Il y a aussi l’héritage d’une petite maison qui est le fruit de nombreuses années d’épargne des parents, mais malheureusement les enfants vont être obligés de vendre la maison à cause du système, puisque l’on est obligé de repayer un impôt à l’État. Tout cela pour pouvoir profiter de cette petite maison que leurs parents ont passé toute leur vie à construire avec leurs économies. L’héritage n’est pas simplement synonyme d’argent ou de bling-bling, il peut être aussi synonyme de souffrance et de déchirement. On ne parle pas beaucoup de cela, alors que c’est assez dramatique. Vous abordez une question beaucoup plus juridique et beaucoup plus terre-à-terre… Justement, laviedeshommes, la terre des hommes... C’est essentiel et ce qui se passe est dramatique. Tous vos cas étaient très bien formulés, mais il y avait un rapport avec un après un peu plus joyeux, alors qu’il y a aussi des choses terribles et dramatiques dans l’héritage. Je voulais rajouter ce cas contact à votre magnifique liste... Quelle est votre conception de l’héritage dans votre domaine, c’est-àdire la chanson française ? Pour moi, cela a commencé avec Maritie et Gilbert Carpentier quand j’étais petit, on va dire jusqu’en 1977. C’est exactement cette période que je traite dans cet album, sur les chansons et dans les éléments de langage musicaux. Par exemple, nous n’utilisons aucun synthé et surtout pas d’intelligence artificielle. On peut dire que c’est un album anti-intelligence artificielle et totalement organique. C’est un album de vie et de vérité, et pas un album de mensonge et de vol. C’est un album qui rend hommage à cette musique qui m’a nourri inconsciemment avec ces chansons que j’ai vécues et entendues. Mon parcours est simple. Jusqu’en 1978, j’étais à Bordeaux. Ensuite, j’ai été imprégné par le rock tout au long de mon adolescence, avec Marquis de Sade et tout le rock anglais. Ensuite, il y a tout le travail que j’ai pu faire sur « Fan ». La philosophie de ma vie, c’est tout simplement avancer grâce au travail des autres et apprendre des autres. Il y a eu cet album avec Isabelle Adjani, où j’ai rendu hommage aux icônes du rock des années 80. Aujourd’hui, je travaille sur la période de l’enfance, que je n’avais pas encore exploitée. J’ai traduit tout cela en musique. Je me suis aperçu, grâce à mon application « Obispo all access », qu’il y avait plein de choses que je ne connaissais pas. Dans cette application, je travaille sur de nombreux albums et je reprends énormément d’artistes et de chansons que j’aime. On se retrouve avec 1800 titres, Photo : Dominique Gau
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