Juillet 2026 | 5 la baule+ Nous publions de nombreuses études scientifiques, ainsi que des témoignages de professionnels, et il apparaît que nous n’avons jamais eu un QI aussi bas qu’aujourd’hui. Lorsque l’on fait une recherche sur ChatGPT et que l’on obtient la réponse en une seconde, on retient moins l’information. L’effort d’aller chercher une information compte dans la mémorisation de l’information. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais tout le cheminement de pensée. Et c’est ce qui se perd avec l’intelligence artificielle. Quand on reçoit la réponse immédiatement, le cerveau n’a pas le temps d’imprimer. Ce qui compte, c’est le cheminement d’un savoir qui nous amène à trouver la réponse. La machine ne peut pas ressentir les choses avec nuance et émotion, et c’est toute la force de l’intelligence artistique Vous plaidez pour prendre le temps, pour favoriser un ralentissement général… Le ralentissement, c’est aussi avec l’objectif d’une croissance économique, car c’est également prendre le temps de réfléchir. La machine ne peut pas ressentir les choses avec nuance et émotion, et c’est toute la force de l’intelligence artistique. Par exemple, si je vous explique ce qu’est la couleur verte alors que vous n’avez jamais vu de vert de votre vie, vous n’aurez absolument pas le même ressenti. Quiconque a déjà été amoureux dans sa vie peut vraiment comprendre ce que signifie l’amour. Évoquons maintenant les entreprises qui ont déjà une forte culture, notamment parce qu’elles ont traversé les siècles. On voit aussi se développer des musées dédiés à une entreprise et à ses métiers… La culture que nous souhaitons développer au sein de l’entreprise doit être au service de la culture d’entreprise, et les propositions que nous faisons sont une première étape. Nous venons de créer un club sur ce sujet et nous voulons proposer aux entreprises du conseil pour intégrer la culture en entreprise, tout en servant aussi leur propre culture d’entreprise. Il faut s’adapter à chaque entreprise. Certaines ont besoin de rayonner et de favoriser la créativité de leurs salariés. D’autres veulent davantage s’ancrer territorialement et elles vont donc renforcer leur côté patrimonial. Vous signalez également le rôle de la culture dans la pensée divergente. Pourtant, on a le sentiment que les entreprises veulent de moins en moins de pensée divergente, mais de bons petits soldats. Qu’en pensez-vous ? C’était peut-être un courant, mais on y revient, face à l’uniformisation de l’intelligence artificielle. Demain, on aura davantage envie d’avoir des salariés qui se singularisent, face à l’intelligence artificielle qui uniformise. Après la chute du Mur de Berlin, dans de nombreux pays de l’Est, lorsque les entreprises de l’Ouest sont arrivées, elles ne comprenaient pas la mentalité des salariés qui exécutaient tout ce qu’on leur demandait, sans jamais contester ni apporter la moindre idée nouvelle. Il a fallu beaucoup de temps pour insuffler la notion de divergence… Il faut du temps et plusieurs années pour déconstruire des schémas. Lorsque les gens se sont retrouvés avec du choix dans des supermarchés, ils ne savaient absolument pas comment choisir. L’artistique consiste à valoriser des compétences, des divergences, des nuances ou des qualités d’empathie, et ce sera essentiel demain dans les entreprises. Vous soulignez aussi l’importance de la lecture sur papier au lieu de l’écran. Une étude scientifique indique que six minutes de lecture sur papier permettent de réduire de 68 % le niveau de stress… C’est complètement fou. J’ai encore un agenda papier et je lis encore de vrais livres. Je défends vraiment cette culture du papier. Le papier, c’est une façon de ralentir et de déstresser les salariés. Finalement, vous rappelez que depuis la nuit des temps, tous les grands entrepreneurs ont fait appel à des artistes qui ont été des apporteurs d’idées… Encore une fois, ce n’est pas nouveau. Mais, ce qui est nouveau, c’est de présenter cela comme un outil de performance mesurable pour les entreprises. Le mécénat a toujours existé, mais cela relevait surtout du fait du prince. Cette fois-ci, on se tourne davantage vers le salarié. Le vrai coût, ce n’est pas de le faire, c’est de ne pas le faire Comment un chef d’entreprise peut-il sortir de ses choix personnels pour se tourner vers une culture plus universelle, afin d’intéresser le plus grand nombre de ses employés ? Il est essentiel d’intéresser les salariés dès le démarrage. C’est pour cela que nous accompagnons l’entreprise en abordant toutes les problématiques avec des propositions précises. Le ROI de la culture va éteindre toutes les questions que les chefs d’entreprise peuvent se poser. On ne fait pas cela simplement pour faire plaisir, mais pour ce que cela rapporte, notamment en termes de productivité et de gestion du stress. Le vrai coût, ce n’est pas de le faire, c’est de ne pas le faire. Cela doit devenir un outil de performance mesurable. Propos recueillis par Yannick Urrien. www.labauleplus.com toute la Presqu’île, un seul site
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