la baule+ 14 | Juillet 2026 Musique > Il aime le jazz et La Baule, et il a réussi à créer un événement national Le La Baule Jazz Festival se déroulera du 27 au 31 juillet. Créé par Jean-Luc Gouin, ce rendez-vous a peu à peu gagné sa place dans le paysage musical français. Grâce à son travail de programmation, à son exigence artistique et à sa fidélité à l’esprit du jazz vivant, le festival est aujourd’hui reconnu bien au-delà de la presqu’île comme l’un des événements jazz importants de la saison estivale. Jean-Luc Gouin est un personnage incontournable à La Baule. Avec passion et détermination, il a réussi à faire du La Baule Jazz Festival un événement national. Jean-Luc Gouin, fondateur du La Baule Jazz Festival : « C’est une chance inouïe d’avoir une telle affiche chaque année. » La Baule+ : Comment avez-vous été amené à créer le La Baule Jazz Festival ? Jean-Luc Gouin : J’étais banquier et j’ai quitté l’univers de la banque il y a 25 ans pour me consacrer à autre chose, car je n’avais plus envie d’être dans une grande entreprise. Mon fils était épileptique, je voulais davantage m’en occuper et surtout contribuer à apporter un autre regard sur l’épilepsie. Au même moment, Yves Métaireau et Pierre Sastre m’ont proposé de créer une animation musicale à La Baule en s’inspirant de ce qui se faisait à Pornichet avec les Renc’Arts. Dans mon esprit, j’avais déjà la volonté de créer un événement thématique autour du jazz. Je n’ai jamais changé de ligne et j’ai toujours fait en sorte que cela reste un vrai festival de jazz. C’est très difficile, parce que l’on est toujours tenté de remonter vers la variété en étant un peu plus commercial, mais il n’en était pas question. J’avais aussi la volonté de faire venir les plus grandes stars, comme Marcus Miller qui est mon musicien préféré. Il a notamment été le bassiste de Miles Davis. Pour l’anecdote, Miles Davis était venu en France après la Seconde Guerre mondiale. Il adorait la France parce qu’il y était libre, alors qu’aux États-Unis ce n’était pas le cas. Par exemple, lorsqu’il devait jouer à New York, il devait passer par une petite porte arrière, mais pas par la porte centrale, tout simplement parce qu’il était noir. Pourtant, il était vraiment reconnu comme un grand jazzman aux États-Unis. Dans les années 60, il y a eu une grande évolution du côté de Memphis et de Nashville, avec l’avènement du rock’n’roll et Elvis Presley. Ce fut une véritable révolution dans le domaine de la musique, puisque c’était le début de la guitare électrique. À cette époque, on pensait que le rock’n’roll allait tuer le jazz et la country music. Alors, Miles Davis a eu l’intelligence de remplacer la contrebasse par une basse électrique. Il a rencontré Marcus Miller à New York et ce fut un redémarrage phénoménal pour cette musique. Nous avons été fiers d’accueillir Marcus Miller il y a deux ans à La Baule. Qu’est-ce qui vous a amené à vous passionner pour le jazz ? Je suis né en 1955 et, quand j’avais une dizaine d’années, j’étais au cœur de la génération rock’n’roll. Mon père était un excellent pianiste de musique classique. Mes parents étaient viticulteurs et je prends souvent cette image : c’est comme lorsque l’on commence à goûter du vin. Au début, on ne voit pas trop la différence, mais au fur et à mesure, on commence à discerner le bon vin. En musique, j’aime bien le rock’n’roll, mais c’est très binaire. Les rythmes n’ont rien à voir avec ceux du jazz. On a parfois tendance à intégrer beaucoup de choses dans la catégorie jazz : qu’est-ce que le jazz ? Il y a deux grandes musiques fondamentales : la musique classique et le jazz, qui sont vraiment des racines de civilisation. Le jazz est davantage une expression musicale née aux États-Unis dans la souffrance, avec une source très africaine, notamment dans les champs de coton. Au début, les noirs chantaient leur souffrance et on a appelé cela le negro spiritual. Ensuite, il y a eu toute une évolution à partir des églises. Mais tout cela s’est vraiment structuré aux États-Unis. Comment concevez-vous la direction artistique du La Baule Jazz Festival ? J’ai créé une animation musicale et, comme je vous l’ai dit, j’ai toujours voulu que cela devienne un festival de jazz. Je suis dans un lieu où il y a différentes activités, que ce soit le festival du film ou le Jumping. Nous sommes une ville où il se passe beaucoup de choses, contrairement à ce que l’on peut dire. Donc, je devais trouver une identité à ce festival. Au début, nous avions une centaine de personnes quand nous faisions les concerts au Casino et avenue de Gaulle. À la fin, il y avait entre 500 et 1 000 personnes ! Je devais aussi organiser ce festival en été, dans une période où il y a beaucoup de touristes. Il fallait trouver un moyen de faire adhérer le public, puisque les places sont payantes. Au début, tous les concerts étaient gratuits, mais je me souviens d’une conversation avec Pierre Sastre. Il pensait que cela devait rester gratuit, mais au contraire j’étais convaincu que l’on pouvait aussi avoir de belles manifestations payantes en misant sur la qualité. Donc, nous devons favoriser la découverte, mais de manière suffisamment intelligente pour que les gens soient bluffés. Aujourd’hui, nous avons de grands concerts payants et, évidemment, toujours des concerts gratuits. Pouvez-vous évaluer le nombre de personnes qui viennent spécialement à La Baule pour le festival de jazz ? Je considère que c’est une chance inouïe d’avoir une telle affiche chaque année. Il y a de plus en plus de gens qui viennent
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