la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 269 - Novembre 2026 COMPRENDRE LE MONDE La journaliste chinoise Shanhui Zhang revient sur l’affaire Mbappé Pages 8 et 9 Ludovic Malgrain : un nouvel élan pour Dreamis Page 4 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! VOTRE JARDIN Homme de radio et de télévision, écrivain et philosophe, et amoureux de La Baule... Pages 10 à 12 Michel Field Humeur > Le billet de Dominique Labarrière Octobre : la rentrée des casses Le moins qu’on puisse dire est qu’une certaine jeunesse de ce pays ne manque pas de vitalité. Quelle ardeur en effet à casser, à piller, à vandaliser, à caillasser du policier, à ravager les commerces ! La cause serait à chercher du côté d’une usine à gaz façon Ubu pondue d’en haut en guise de processus de sélection. D’où mécontentement. D’où contestation. D’où le recours à ce droit institutionnellement reconnu, la manifestation. Mais la chose se heurte à un problème bien d’aujourd’hui: rien ou presque ne peut se faire sans violence. Cette violence qui semble être la réponse à tous les états mentaux et psychologiques des humains, du moins pour peu qu’ils soient en grappe. Le PSG gagne la coupe, la liesse se mue bientôt en violence. Le PSG prend la pâtée, le désarroi, la frustration s’expurgent également dans la violence. Nous avons tous les images en tête. Elles font mal. Les meutes déferlantes dans les rues et sur les boulevards. Les vitrines explosées, les boutiques pillées, ravagées. Là où ça passe, ça casse. Au-delà des images et de la réalité désolante des lendemains, il y a le fond des choses. Plus rien ne suscite le respect. Ni le bien d’autrui, ni son travail, ni sa personne. Rien. On se sent pris de frayeur lorsqu’on en arrive à se dire que ce n’est peut-être là qu’une préfiguration de ce qui attend le pays, pour peu que le nombre des ensauvagés leur permette de voir plus grand, plus loin, plus violent et plus définitif encore. Comment en est-on arrivé là ? Quel florilège de démissions aura-t-il fallu pour aboutir à ce que, parmi nos populations, parmi la jeunesse, une certaine frange puisse s’autoriser à nous cracher ainsi au visage, que plus rien n’a autorité sur elle, que plus rien ne lui fait peur. Ni le policier, le gendarme, le juge, la taule, l’opprobre à vie du casier judiciaire. Foutaise que tout cela, pour cette minorité, car il s’agit encore d’une minorité, veut-on croire. Qui leur a insufflé un tel mépris des gens, de leur labeur, de leurs biens, de leur intégrité physique ? Qui leur a inculqué une telle haine des autres? J’entendais lors d’une interview télévisée la journaliste houspiller son invitée. «Vous n’allez tout de même pas supprimer ou amputer les aides sociales à une mère qui élève seule ses enfants au motif que l’un d’eux est un casseur ? » La mère qui se dépatouille seule avec ses mômes, le grand couplet de ces temps nouveaux. Le beau concept de « famille monoparentale ». Une réalité, bien sûr. Mais qui fait fi d’une évidence. Derrière tout enfant, il y a un géniteur. Un géniteur qui, où qu’il se trouve à se la couler pépère dans la nature, devrait être retrouvé et appelé en réparation. Cela dès les premiers écarts de sa progéniture. À la première castagne, au premier chapardage, le géniteur sur la sellette. À lui le travail d’intérêt général, les trois ou quatre week-ends à curer les fossés du voisinage. Une fois que ce brave père déficient se sera tapé cette honte-là devant ses potes, il saura faire ce qu’il faut avec son mioche pour qu’il marche droit. Trop simple sans doute. Pas assez humaniste et bienveillant ? En France, c’est en 1970, sous le gouvernement Chaban-Delmas et son hochet « Nouvelle Société » qu’on a supprimé de tous les textes, de tous les documents les notions de «Puissance paternelle» et de Chef de Famille. Trop machiste sans doute, trop «patriarcal», peut-être bien. Le maillonmanquant dans la chaîne d’autorité semble bien être celui-là, le géniteur. Car il faudrait tout de même en finir avec cette tartufferie selon quoi ce serait à l’Éducation nationale - et donc aux profs - d’assumer cette part essentielle, vitale de l’éducation. Non seulement, ils ont cent autres choses à faire, mais de plus ils n’y ont guère de légitimité. Alors que le géniteur, lui, en est pleinement et tout naturellement investi. À mon humble avis, il est grand temps de siffler la fin de la récré. Pas celle des mômes. Celle des géniteurs qui n’a duré que trop longtemps. Être absent de La Baule+, c’est laisser la place à un autre. La Baule+ : le journal des habitants à l’année et des fidèles de la station. la baule+ Fabienne : 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com 35 000 EXEMPLAIRES. COMBIEN DE CLIENTS VOUS MANQUE-T-IL ?
la baule+ 2 | Novembre 2026 À l’occasion de la Semaine de l’arbre, Marc Bréhat, directeur de l’environnement et des espaces verts de la Ville de La Baule, a rappelé sur Kernews la richesse naturelle de la station, ainsi que le rôle décisif de l’arbre face au réchauffement climatique. « À La Baule, on a la chance d’avoir beaucoup d’arbres et une nature en grande partie préservée. Il y a la forêt d’Escoublac et de nombreux espaces naturels sur la commune. La quantité d’arbres fait qu’on a quasiment une forêt au-dessus de la tête. On a des écureuils, des oiseaux, une biodiversité importante qu’il faut préserver. » Cette forêt urbaine ne doit rien au hasard. La pinède, plantée pour fixer des dunes qui menaçaient d’ensevelir le vieux bourg d’Escoublac, structure le paysage baulois depuis plus d’un siècle. Ce qui était à l’origine un ouvrage de protection est devenu une composante de l’identité de la station, et aujourd’hui un atout face aux enjeux climatiques. La commune présente deux visages bien distincts : « La partie dunaire, c’est globalement La Baule, un refuge inattendu pour la biodiversité ce qui se trouve au sud de la voie ferrée, et un peu au nord, sur le Guézy. C’est la partie bord de mer, délimitée par la voie ferrée et la forêt. Là, on est vraiment sur du sable, sur de la dune.» En remontant vers Escoublac et le haut du Guézy, tout change : « Le sol est beaucoup plus argileux, comme partout sur la presqu’île. Ce ne sont pas du tout les mêmes conditions. » L’arbre, un climatiseur naturel Les épisodes caniculaires de ces dernières années ont rappelé une évidence. «L’ambiance n’est pas du tout la même sous des arbres que sous un parasol. Un arbre rafraîchit l’atmosphère de 4 à 6 degrés de plus qu’un parasol. » L’explication tient à la physiologie du végétal : « Un arbre transpire. En rejetant de l’eau, il rafraîchit l’air. » Un parasol se contente de faire de l’ombre ; l’arbre, lui, abaisse réellement la température ambiante. Au-delà de la fraîcheur, la végétation offre un lieu de vie à d’innombrables espèces, en particulier aux insectes, dont le déclin est spectaculaire. « Près de 80 % des insectes ont disparu en Europe en 35 ans, et 30 % des oiseaux en conséquence », rappelle Marc Bréhat. Dans ce contexte, les villes jouent un rôle inattendu. Longtemps considérées comme hostiles à la nature, certaines deviennent des zones de repli. Encore faut-il planter les bonnes essences. Le palmier, symbole balnéaire par excellence, fait souvent rêver les propriétaires de jardins. Marc Bréhat tempère : «Un palmier, ce n’est pas un arbre. Il pousse très lentement, il donne peu d’ombre et a peu d’effet sur les températures.» L’élégance décorative ne remplace pas le service rendu par un feuillu ou un pin. Une baisse de fréquentation ne signifie pas forcément que l’argent a disparu. Une partie des achats s’est déplacée vers Internet ou d’autres enseignes. Prenons un marché local de 60 millions d’euros de dépenses annuelles : reconquérir un seul point de ces dépenses représenterait 600 000 euros pour les commerces locaux. La publicité contribue à orienter ces choix. L’étude ACPM–Ekimetrics estime à 5,70 euros les ventes additionnelles par euro investi en presse enmoyenne sur les campagnes étudiées. La presse et la radio locale font connaître les raisons de vous choisir. Le pouvoir d’achat ne dépend pas de vous. L’envie d’acheter chez vous, ça se travaille. Contactez-nous pour votre publicité : Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com la baule+
Novembre 2026 | 3 la baule+ C’est désormais acté : l’agence Mabire Reich Architectes, installée à Nantes, pilotera la conception de la future école de Maison Neuve à Guérande, avec un démarrage du chantier programmé en2027. Le choix est clair : bâtir avec les ressources disponibles. La terre extraite du terrain servira à fabriquer des briques crues pour une partie des cloisons intérieures. Les murs en ossature bois-paille seront préparés en atelier, puis assemblés sur site, une préfabrication censée réduire les déchets et mieux maîtriser le chantier. Toitures et cours végétalisées, panneaux photovoltaïques, gestion des eaux pluviales à la parcelle et chauffage par aérothermie complètent un cahier des charges résolument environnemental. Implantée au cœur de la ZAC de Maison Neuve, labellisée ÉcoQuartier, l’école recevra de 200 à 240 enfants, de la maternelle au CM2. Une salle municipale, séparée de l’école et dotée de sa propre entrée, sera accessible toute l’année aux associations et aux habitants, sur réservation. École de Maison Neuve à Guérande, le chantier en ligne de mire pour 2027
la baule+ 4 | Novembre 2026 Un nouvel élan pour Dreamis Après trente ans au barreau de Paris, Ludovic Malgrain reprend Dreamis avec une idée forte : travailler dans un domaine qu’il aime, là où il a choisi de vivre, et maintenir les 18 emplois de cette entreprise de paysage réputée sur la presqu’île. La Baule tient une place à part dans l’histoire de Ludovic. Il fréquente la station depuis l’enfance, s’y est marié, y a vu grandir ses enfants... Longtemps résident secondaire, il a décidé de s’y installer à plein temps. Le végétal fait aussi partie de son histoire : ses parents avaient créé un parc botanique dans lequel il passait du temps. Après trois décennies dans le droit, cette passion a fini par prendre le dessus : « Il y a un moment où l’on a envie d’être aligné avec le quotidien, avec les enjeux climatiques, avec sa passion. » Il a donc cherché une entreprise à reprendre. Parmi les dossiers proposés, Dreamis réunissait le métier et le territoire, mais surtout une équipe, des compétences et des relations nouées au fil des années avec les clients. Certains salariés comptent plus de vingt ans d’ancienneté. Pour Ludovic, cette fidélité est un point d’appui car, quand on confie les clés de sa maison à un jardinier, on aime retrouver un visage connu. L’enjeu consiste à préserver cette proximité tout en modernisant le matériel et l’organisation. Ludovic Malgrain adopte le regard d’un client qui sait ce qu’il attend : un prix annoncé clairement, savoir qui vient, à quelle date et pour quels travaux. Enfin, retrouver un chantier propre. Ce sont des choses ordinaires, mais qui font la différence, notamment lorsque les propriétaires vivent une partie de l’année ailleurs. din. Choisir des végétaux moins gourmands en eau, prévoir la récupération de pluie, adapter les aménagements aux contraintes du littoral : le conseil doit prendre davantage de place. Ludovic souhaite s’appuyer sur les pépiniéristes locaux et privilégier les fabricants français. Le passage progressif aux équipements électriques pour l’entretien des jardins répond à une préoccupation très concrète: réduire le bruit pour les équipes, les clients et leurs voisins. Notons que les particuliers ignorent trop souvent que les travaux de jardinage peuvent être pris en charge pour moitié par l’État au titre des services à la personne (SAP), dès lors que l’entreprise adhère à une coopérative SAP ce qui sera le cas de Dreamis. C’est par le travail de son équipe et la qualité des chantiers que cette nouvelle étape prendra tout son sens Entretien, création de jardins, terrasses ou allées : Dreamis intervient auprès des particuliers comme des professionnels. Son nouveau dirigeant envisage, à terme, plusieurs antennes régionales. Mais le travail commence ici, avec les salariés et les clients de la presqu’île : « Je vais aller sur les chantiers à la rencontre des clients ». Ludovic Malgrain engage dans cette reprise bien plus qu’un investissement : c’est son projet de vie. Il compte s’y consacrer pleinement et souhaite que les entreprises, les syndics et les collectivités, comme les particuliers, pensent à consulter Dreamis pour leurs projets. Avec une conviction : c’est par le travail de son équipe et la qualité des chantiers que cette nouvelle étape prendra tout son sens. Dreamis, ZAC de Villejames, Route de Saint André des Eaux à Guérande. Tél : 02 40 42 97 25 Courriel : contact@ paysagiste-dreamis.fr Choisir des végétaux moins gourmands en eau, prévoir la récupération de pluie, adapter les aménagements aux contraintes du littoral Cette évolution passera aussi par les pratiques au jarLudovic Malgrain adopte le regard d’un client qui sait ce qu’il attend : un prix annoncé clairement, savoir qui vient, à quelle date et pour quels travaux. Après le cheval, l’automobile, l’Argentine, l’olympisme et le vélo, La Baule-Escoublac a choisi l’aviation comme fil rouge de 2027, année des 110 ans de son aérodrome. C’est un équipement discret, où beaucoup de pilotes de ligne ont fait leurs premières heures de vol et où, chaque année, des jeunes démarrent leur carrière. La coordination est confiée, à titre bénévole, à Laurent Gorgues, président de Flying La Baule et ancien commandant de bord d’Air France, qui totalise plus de 21 500 heures de vol. La Ville veut conjuguer mémoire et innovation : formation, attractivité touristique et décarbonation. Le thème a une saveur particulière. Pendant la crise sanitaire, quand les avions étaient cloués au sol, beaucoup prédisaient la fin du transport aérien de masse. Il n’en a rien été : le record de 2019 a été effacé dès 2024 et l’IATA annonce 5,2 milliards de passagers en 2026. De la Chine à l’Inde, on n’a jamais construit autant d’aéroports, et les compagnies manquent d’avions : les carnets de commandes d’Airbus sont pleins pour des années. Pour La Baule, l’aviation n’est pas une nostalgie, c’est un secteur d’avenir. Avec Airbus à Saint-Nazaire, la Presqu’île est aux premières loges. Saint-Exupéry n’aurait pas renié cette année-là. 2027, l’année de l’aviation à La Baule
Novembre 2026 | 5 la baule+ Pourquoi le Festival du film politique de La Baule est une réussite impressionnante C’est sans doute l’un des festivals de cinéma les plus surprenants de France. Du 2 au 4 octobre dernier, le Festival de la fiction et du documentaire politique a une nouvelle fois réuni à La Baule des personnalités de premier plan. Dans un paysage où chaque ville moyenne semble désormais vouloir son rendez-vous cinématographique, il fallait trouver une identité et une ambition, car rivaliser avec Cannes ne se décrète pas. Le producteur Jérôme Paoli et la journaliste Anne-Catherine Mendez ont fait un choix précis : la fiction et le documentaire politique. Un créneau qui aurait pu paraître étroit, mais qui a permis au festival de s’imposer, en quatre ans, comme un rendez-vous de référence. La liste des invités en témoigne: des journalistes parmi les plus influents et des responsables politiques de premier plan. À la présidence du festival, Gabriel Le Bomin apporte toute sa légitimité de scénariste et de réalisateur. Ses documentaires sont régulièrement diffusés sur les grandes chaînes. En 2020, son film De Gaulle, avec Lambert Wilson et Isabelle Carré, avait attiré près d’un million de spectateurs. Un plateau politique et médiatique exceptionnel Les relations institutionnelles sont confiées à l’ancien député Bruno Questel, dont le carnet d’adresses constitue un précieux atout. Le monde des médias est tout aussi bien représenté. Le public a notamment pu croiser Bruce Toussaint, Nathalie Saint-Cricq, Patrice Duhamel, Anne Sinclair, Thomas Sotto, Michel Field, Jean-François Achilli, Soazig Quéméner, Christophe Carrière, de Paris Match, ou Emmanuel Kessler, PDG de LCP-Assemblée nationale. À leurs côtés, d’autres personnalités qui comptent dans le débat public, l’édition et la communication : le politologue Pascal Perrineau, le PDG d’Editis Denis Olivennes, l’avocat Mario Stasi, le président d’OpinionWay Hugues Cazenave et Christian Giacomini, président de l’agence Rumeur Publique. Dans son domaine, au croisement du cinéma, de la politique et des médias, le rendez-vous baulois figure parmi les plus remarquables de France. La proximité comme marque de fabrique L’autre réussite tient au format. Le festival cultive une dimension intimiste : il ne cherche pas à réunir mille personnes dans une grande salle du palais des congrès Atlantia. Il remplit celles du cinéma Gulf Stream et privilégie une échelle humaine, qui permet au public de prendre la parole, de poser des questions et de côtoyer ceux qui participent à la vie politique et médiatique du pays. Pour La Baule, le bénéfice en matière d’image et de notoriété est évident. Le réseau de Franck Louvrier, maire de La Baule, qui a notamment travaillé à l’Élysée, a joué un rôle décisif dans le choix de la destination bauloise. En quatre ans, cette implantation a porté ses fruits : La Baule dispose désormais d’un rendez-vous dont la qualité des invités et la proximité avec le public font la force. Jérôme Paoli et Anne-Catherine Mendez
Exposition hommage à Jean Sala : le peintre du bonheur retrouvé La chapelle Sainte-Anne consacre une grande exposition à Jean Sala (1869-1918), portraitiste de la Belle Époque longtemps oublié. Une redécouverte qui doit tout à son petit-fils. Jean Sala, célèbre de son vivant, recherché par les vedettes du spectacle, sollicité par les grandes marques, a disparu desmémoires après samort en 1918. Un siècle plus tard, près de quatre-vingts œuvres (peintures, dessins, affiches, photographies et documents d’époque) sont réunies à la chapelle Sainte-Anne. Né à Barcelone en 1869, Jean Sala se forme à l’école de La Llotja, où passeront aussi Picasso et Miró. Il s’installe ensuite en France et devient un portraitiste que l’on s’arrache : comédiennes, chanteuses, figures mondaines posent pour lui. Son trait est sûr, son sens du drapé remarquable, et il possède cette science de la lumière qui donne aux visages un éclat sans affectation. L’exposition montre l’étendue de son registre : portraits mondains, scènes de genre, paysages, figures féminines, mais aussi personnages espagnols, bohémiennes et tziganes, qui rappellent ses racines catalanes. Sala ne dédaigne pas non plus la commande commerciale. Il signe des affiches publicitaires, notamment pour la biscuiterie LU. Si Jean Sala sort aujourd’hui de l’ombre, c’est grâce à Jean-Paul Morin, son petit-fils. Les deux hommes ne se sont jamais connus : le peintre est mort bien avant sa naissance. Tout est parti de quelques documents familiaux et de rares photographies retrouvés dans un grenier. Depuis plusieurs décennies, Jean-Paul Morin mène une véritable enquête pour retrouver les toiles dispersées, identifier les modèles et reconstituer le parcours de son aïeul. «C’est un grand peintre de son époque », résumet-il simplement. Le public a déjà donné raison à cette persévérance. En 2023, au musée Bernard-Boesch du Pouliguen, une trentaine d’œuvres avaient attiré plus de dix mille visiteurs. La Ville de La Baule présente Jean Sala comme «le peintre du bonheur » et le rapprochement n’a rien d’une figure de style : l’artiste a lui-même séjourné à La Baule et y a peint. Il a connu la station au moment de son plein essor : l’arrivée du train, les premiers grands hôtels, le casino, les villas de villégiature. Jean Sala en a été non seulement le contemporain, mais le témoin. Ses scènes balnéaires et une carte ancienne de la baie replacent le visiteur dans cette période fondatrice. L’insouciance de cette époque avait pourtant un terme : Jean Sala est mort l’année même où s’achevait la guerre qui l’a balayée. Une mémoire à faire vivre Pour la municipalité, cette exposition s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation du patrimoine Belle Époque : visites guidées des villas, Journée Belle Époque au Garden, projets autour des Journées du patrimoine. « L’idée est de faire revivre à tout le monde cette époque emblématique », explique Caroline Glon, adjointe à la culture. La Ville envisage même un défilé de mode Belle Époque en 2027, pourquoi pas dans le cadre de la chapelle Sainte-Anne. Jean Sala (1869-1918), peintre de la Belle Époque - Chapelle Sainte-Anne, place du Maréchal-Leclerc, La Baule. Jusqu’au 22 novembre. Du mardi au vendredi de 14 h 30 à 18 h 30, le samedi et le dimanche de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30. Entrée gratuite. la baule+ 6 | Novembre 2026 Jean-Paul Morin, petit-fils de Jean Sala, Franck Louvrier, maire de La Baule, et Caroline Glon, adjointe à la culture
Jean-Paul Morin, petit-fils de Jean Sala : « C’était une période très heureuse. » La Baule+ : La période décrite par votre grand-père dans ses peintures fait apparaître de grands moments d’insouciance et de liberté… Jean-Paul Morin : Oui, nous étions presque à la fin de la Belle Époque. C’était une période très heureuse, mais on commençait déjà à sentir les affres de la modernité. La Première Guerre mondiale arrivait, mais les peintres n’ont pas été touchés par cela. Au contraire, ils exprimaient le bonheur et la joie de vivre, et c’est ce qui est resté de l’image de cette époque. Pourtant, quand on analyse l’histoire, cela bougeait déjà énormément en Europe. Nous étions dans les prémices de la Première Guerre mondiale. C’était une belle époque, j’aurais bien aimé y vivre. C’était une époque beaucoup plus facile que la nôtre. Quel est le lien de votre grand-père avec La Baule ? Mon grand-père a travaillé entre 1900 et 1914 pour Lefèvre-Utile, afin de concevoir des publicités pour lancer les fameuses gaufrettes et les petits biscuits LU. Monsieur Lefèvre-Utile avait une villa àLaBaule où il venait passer tous ses week-ends. Un jour, il a donc proposé à mon grand-père de l’emmener avec lui. Chaque année, mon grand-père devait aussi faire des cartes de vœux, et il a aussi fait une série de dessins sur la baie et la plage de La Baule. Et votre lien personnel avec la station ? C’est grâce à Christian Rossard, photographe à La Baule. Il m’avait invité à une exposition de ses photographies au musée Boesch, que je ne connaissais pas, ce qui m’a permis de faire la connaissance de Philippe Larue, directeur du musée Bernard-Boesch. Nous sommes devenus amis et, un jour, lors d’un déjeuner, il m’a proposé d’exposer des tableaux de Jean Sala. Nous avons fait une première exposition il y a trois ans. Le succès était au rendez-vous et c’est ce qui m’a conduit à faire cette nouvelle exposition avec davantage d’œuvres. Novembre 2026 | 7 la baule+ Vous voulez que vos clients achètent local ? Faites aussi le choix de communiquer local Vous leur demandez de penser à votre boutique avant de commander sur les grandes plateformes. Mais votre communication fait-elle une place aux médias de votre territoire ? Avec La Baule+ et Kernews, donnez envie d’acheter chez vous. Vos cadeaux, vos conseils, vos idées : faites-les connaître à ceux qui vivent ici et à ceux qui viennent y passer les fêtes. À Noël, vos clients auront le choix. Donnez-leur une raison de vous choisir. Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Pour votre publicité :
la baule+ 8 | Novembre 2026 Comprendre le monde > La célèbre journaliste chinoise revient sur l’affaire Mbappé Shanhui Zhang est l’une des journalistes vedettes de CGTN (China Global Television Network). Elle est souvent interviewée par les grands médias francophones et notamment pour évoquer l’affaire Mbappé. À l’origine, le footballeur Kylian Mbappé a réagi à des montages humoristiques le représentant en Mao Zedong en qualifiant ce dernier de « dictateur ». Le Français s’est alors retrouvé au cœur d’une vive controverse. Ses propos ont provoqué en Chine une vague d’indignation et plusieurs marques chinoises ont décidé de mettre fin à leur collaboration avec lui. Ce sont des contrats de plusieurs dizaines de millions de dollars qui sont en jeu et l’affaire dépasse largement le territoire chinois. Afin de ne pas froisser le public chinois, de grandes marques mondiales effacent aussi le nom de Mbappé de leur communication. Dior, Hublot ou Adidas ont ainsi supprimé les contenus liés au capitaine de l’équipe de France. L’affaire Mbappé a fait le tour du monde et il nous a semblé intéressant de l’évoquer sous un angle culturel et géopolitique. Comment les Français doivent-ils se comporter pour entretenir de bonnes relations avec la Chine ? Pourquoi le fait de qualifier Mao de « dictateur » est-il considéré comme une offense gravissime à l’histoire chinoise ? Shanhui Zhang a accordé une interview exceptionnelle à Yannick Urrien. L’objectif n’est pas de revenir sur l’histoire du communisme ou sur le personnage de Mao, mais de comprendre les faits et la position de la Chine, surtout à une époque où de plus en plus d’entreprises françaises veulent commercer avec ce pays. Shanhui Zhang : « Tant que vous n’êtes pas dans la peau d’un Chinois, vous n’êtes pas en bonne place pour juger ce que peut penser un Chinois. » La Baule+ : Depuis Pékin, comment avez-vous analysé la polémique actuelle autour de Kylian Mbappé ? Shanhui Zhang : Cette information a attiré mon attention dès que de grandes entreprises chinoises, des géants des boissons et des produits laitiers, ont annoncé le retrait de leurs partenariats. J’ai tout de suite compris que cela aurait une énorme influence en France, mais aussi dans tout le monde francophone. Le retrait de ces très grosses entreprises chinoises a eu un impact sur des marques internationales. Par exemple, tous les contenus promotionnels liés à Mbappé ne sont plus accessibles sur les sites de Dior. Cela montre bien que la répercussion dépasse les seuls partenaires chinois. Pour mesurer la visibilité de Mbappé en Chine : début octobre, avant cette affaire, j’ai passé quelques jours de vacances à la campagne et j’ai même vu des autobus à l’effigie de Mbappé dans de petits villages. Sa présence est très forte et c’est quelqu’un qui compte vraiment en Chine. Or, en Chine, quand quelqu’un a de l’importance, il doit se montrer exemplaire. Beaucoup de stars connaissent le marché chinois. Mais, jusqu’à présent, Mbappé est le seul à avoir franchi cette ligne rouge, celle du respect de l’histoire de la Chine et de la mémoire collective des Chinois. Les médias chinois ont suspendu la diffusion de tous les matchs impliquant Mbappé. Les supporters chinois ne sont pas qu’un marché. Leur confiance se mérite et le talent ne dispense pas du respect. Cette personne est peut-être un génie du football mais à partir du moment où le public se sent blessé, il ne veut plus soutenir cette star. Mbappé a présenté ses excuses, mais les internautes chinois restent sceptiques. La blessure a été forte. Ils se demandent si Mbappé ne s’est pas excusé en raison des conséquences commerciales. Personnellement, je pense que ses excuses sont un premier pas. Construire la confiance entre deux parties, en l’occurrence Mbappé et le public chinois, prend du temps. Mais lorsque quelque chose se brise, on ne peut jamais revenir en arrière. Sur le marché chinois, beaucoup de stars souhaitent profiter des opportunités qu’offrent 1,4 milliard de personnes. Mao : pour les Chinois, il est ce que le général de Gaulle est pour les Français Pendant très longtemps, la France a eu une vision gaullienne des relations internationales, consistant à cultiver l’amitié et les relations entre les peuples sans se soucier des affaires intérieures, car le général de Gaulle disait que la France n’avait pas de relations avec des régimes, mais avec des États. Puis est apparue une sorte de doctrine Kouchner, visant à entretenir des relations avec les États que l’on estime fréquentables et à rejeter ceux que l’on considère comme infréquentables. Vous évoquez aussi votre vision de l’histoire en disant qu’elle doit être respectée parce qu’elle est la vôtre et qu’elle forme un tout. En Russie, on observe la même démarche. Ainsi, tous les personnages de l’histoire russe, qu’ils soient perçus positivement ou négativement chez nous, sont intégrés au sein d’un récit patriotique global. En France, nous avons une vision différente et, selon le cas, nous rejetons par exemple les personnalités de la Révolution ou les rois de France, comme si chaque camp voulait découper l’histoire... Comment voyezvous cela ? Il est important et sage de revenir sur ce que le général de Gaulle a proposé à la France : une voie d’indépendance dans les choix diplomatiques. C’est aussi ce qui a fait la grandeur de Charles de Gaulle. En 1964, alors président de la République, il a été le premier chef d’État occidental à reconnaître la Chine. Pour la Chine, c’était très important. Le général de Gaulle a posé les bases d’une amitié solide entre la Chine et la France, puisqu’il a refusé de suivre les États-Unis. Il a fait un choix sage en défendant toujours l’indépendance et la non-ingérence dans les affaires des autres. Chacun doit s’occuper de ses propres affaires et les affaires d’une famille doivent rester dans la famille. De l’époque de Mao jusqu’à aujourd’hui, ce principe a forgé la stratégie internationale de la Chine, à savoir la non-ingérence. Il est important de revenir sur la place de Mao car, pour les Chinois, il est ce que le général de Gaulle est pour les Français. Il fait partie de la mémoire collective chinoise. En 1949, c’est lui qui a fondé la République populaire de Chine. On parle beaucoup de la Longue Marche pour l’indépendance nationale, pour davantage de liberté, et ce fut un succès. Tout ce qu’il a fait n’avait qu’un seul but : rétablir la souveraineté nationale après une longue période de guerre et de colonisation. Surtout face au Japon… Oui. La Chine a connu quatorze ans de guerre contre le Japon, avec des dizaines de millions de morts. Ce fut une longue période de lutte contre le colonialisme, le fascisme, l’ingérence étrangère et l’humiliation. Cette dimension explique l’attachement du peuple chinois à la personne de Mao. Il y avait le sentiment qu’avec cette nouvelle Chine, le pays pouvait enfin décider lui-même de son avenir. Nous avons été l’un des premiers pays à réaliser des avancées technologiques pour nous protéger : la bombe atomique, la bombe à hydrogène, les missiles, les satellites… Je comprends très bien ce que peut penser le public français, mais il ne faut pas plaquer sur la réalité des autres pays ce que l’on a appris dans le système français. En France, on associe toujours le nom de Charles de Gaulle à la Résistance et à l’indépendance nationale. Mais, pour les Chinois, Mao représente quelque chose de plus, car nous avons connu plus de cent ans d’humiliation et de colonisation, et cette dimension est très forte. On dit que Mbappé a des origines camerounaises et algériennes, or il ne faut pas oublier que la Chine a soutenu des mouvements de libération, notamment au Cameroun et en Algérie. La Chine se comporte en pays qui respecte le droit et la politique intérieure des autres pays. Lorsque vous dites cela, on vous rétorque que vous travaillez pour la
Novembre 2026 | 9 la baule+ télévision chinoise et que vous êtes donc un agent de propagande… Certains ont tendance à estimer que si l’autre ne pense pas comme eux, soit il est idiot, soit il s’agit d’un agent de propagande… Regardez ce qui se passe en France. Votre « politiquement correct » n’est-il pas un piège pour la liberté d’expression et la liberté tout court ? Dans le monde, il n’y a pas qu’une civilisation, il y a de nombreuses histoires et, tant que vous n’êtes pas dans la peau d’un Chinois, vous n’êtes pas en bonne place pour juger ce que peut penser un Chinois. Il est important de ne pas plaquer vos schémas sur la vie des autres. L’année dernière, un défilé sur la place Tian’anmen a attiré l’attention du monde entier, car il commémorait le 80e anniversaire de la victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise. Pendant que les Français luttaient contre les nazis, à l’autre bout du monde, les Chinois luttaient contre les fascistes japonais. C’est quelque chose que nous devons commémorer et la Chine a beaucoup contribué sur ce front oriental. Or, en analysant tout cela en profondeur, j’ai été choquée de constater qu’en France, beaucoup de gens ignorent totalement cette histoire. Les manuels scolaires français sont sans doute lacunaires sur ce point, mais il faut regarder la réalité en face. Quand je suis arrivée en France comme étudiante, je faisais très attention à la manière de faire à la française, notamment au restaurant. J’observais ce que faisaient les Français. De la même façon, quand les Français viennent en Chine, ils doivent observer ce que font les Chinois pour pouvoir ensuite être adoptés par la société chinoise. Aujourd’hui, énormément d’entreprises françaises veulent profiter de notre grand pays de 1,4 milliard d’habitants. Avec certaines, les choses se passent bien ; avec d’autres, moins bien. J’ai entendu parler de Français qui se sont retrouvés dans des situations très délicates. Si vous arrivez en Chine avec des préjugés, les choses se passeront mal Est-ce parce que les Français entretiennent un prisme idéologique qu’ils se débrouillent parfois mal dans certains pays étrangers, notamment sur le plan professionnel ? Exactement. Je vais être directe. Quand on se considère toujours au-dessus des autres, on commet des erreurs. Quand on considère que la manière française est toujours la meilleure, on tombe automatiquement dans des pièges. Aujourd’hui, quand on évoque le rôle de Jacques Chirac en Chine, on considère qu’il a été un bon président. C’est la même chose pour Charles de Gaulle, car les Chinois ont été très marqués par sa personnalité. J’ai rencontré Jean-Pierre Raffarin et, avec mon œil de Chinoise, en observant son regard et ses gestes, on devine sa sincérité. C’est la même chose pour Jacques Chirac, qui avait une curiosité personnelle pour la Chine, ses bronzes, son histoire. C’est ce qui donnait de la substance à ses échanges avec ses interlocuteurs chinois. Ce qui compte, c’est la curiosité et le respect de l’histoire du pays. Chacun doit arriver vierge, c’est-àdire sans aucun préjugé. Si vous arrivez en Chine avec des préjugés, les choses se passeront mal. Il faut mettre son ego de côté, écouter et observer les autres. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu devenir journaliste. J’aime comprendre ce qui se passe autour de moi et je trouve qu’il y a encore beaucoup d’injustice à l’égard de la Chine et de nombreux pays africains, qui ne parviennent pas encore pleinement à se faire entendre sur la scène internationale. Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ 10 | Novembre 2026 Télévision > Le journaliste revient sur la commission d’enquête sur l’audiovisuel public Homme de radio et de télévision, écrivain et philosophe, Michel Field a également été directeur général de l’information de France Télévisions. Il anime chaque année le Festival du film politique de La Baule. Michel Field : « Si tout cela avait été soulevé avec un peu plus de mesure, cela aurait fait progresser le débat. » Le poids des associations fait que tel trait d’humour est vécu comme blessant. Tout cela nourrit une forme d’autocensure généralisée. Quand on revoit des extraits de Polac ou de Dechavanne, on se dit que rien de tout cela ne serait possible sur nos antennes. Pourtant, je n’en suis pas totalement certain et, s’il y avait des patrons prêts à prendre leur courage à deux mains pour essayer, je pense que cela pourrait fonctionner. Mais la vie sociétale et politique s’est vraiment polarisée. Elle est devenue violente. Je me souviens d’avoir animé en direct sur France 3 une émission pour ou contre la corrida depuis les arènes de Nîmes ! Évidemment, il y avait eu quelques insultes. Mais aujourd’hui, on pourrait s’attendre à ce que quelqu’un sorte un flingue, car il y a une réelle intolérance à l’égard de la parole de l’autre. Il ne serait pas si simple de reprendre de tels débats spontanés. Le degré de violence de la société a beaucoup augmenté et les réseaux sociaux y sont pour quelque chose Michel Polac recevait sur son plateau les journalistes de Minute face à ceux de L’Humanité… On pourrait encore le faire, mais je crois que le degré de violence de la société a beaucoup augmenté et les réseaux sociaux y sont pour quelque chose. L’algorithme vous encourage à ne vous La Baule+ : Vous avez l’habitude de venir au Festival du film politique de La Baule. Quelle image avez-vous de la station ? Michel Field : Je connais bien La Baule car les grands-parents de l’une de mes filles étaient baulois et la famille était originaire d’Angers. Je suis beaucoup venu à La Baule quand ma fille était petite et le Club des Dauphins n’avait aucun secret pour moi... Ensuite, je me suis un peu éloigné. Mais je suis très heureux de revenir chaque année pour le Festival du film politique car j’ai ici beaucoup de souvenirs personnels. Ce festival est très particulier, puisqu’il est ouvert au grand public, qui peut s’adresser directement à des journalistes politiques ou à des élus… C’est vraiment lié à la démarche de Jérôme Paoli et d’Anne-Catherine Mendez, les fondateurs de ce festival, qu’ils ont lancé à Porto-Vecchio, en Corse. Depuis qu’il est à La Baule, il est plus facile de faire venir des personnalités politiques car elles trouvent plus aisément une place dans leur agenda. C’est tout de même la deuxième année que la présidente de l’Assemblée nationale vient assister aux projections. Il y a aussi des ministres et d’anciens ministres. Comme c’est un festival à taille humaine, les gens peuvent aborder extrêmement facilement des personnalités qui, d’habitude, sont inabordables. Votre nom est associé au débat télévisé, comme ceux de Michel Polac ou de Christophe Dechavanne. Cette période vous manque-telle ? J’ai continué à en faire jusqu’à ce que je décide de passer de l’autre côté, avec mes fonctions de directeur de l’information, puis de la culture, à France Télévisions. Maintenant, je suis un jeune retraité et cela me titille un peu. Aujourd’hui, le débat a lieu sur les réseaux sociaux, avec le meilleur et le pire, et il y a une forte autocensure dans les médias mainstream. L’audace n’est plus vraiment autorisée. Tout est très formaté. la baule+ Fabienne : 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Contactez-nous pour votre publicité :
Novembre 2026 | 11 la baule+ entourer que de gens qui partagent votre avis et cela fait grandir une forme d’intolérance. Je pense qu’il y aurait quand même une place dans les médias publics pour ce genre de débats un peu plus libres. Vous avez été le premier en France à avoir l’idée de créer une chaîne de télévision sur le web exclusivement consacrée aux débats. Mais nous étions encore à l’époque du bas débit… Comme quoi, il ne faut pas avoir raison trop tôt ! J’avais eu la chance d’être entouré de jeunes gens qui m’avaient initié au web et nous avons lancé cette télévision au pire moment : au moment de l’explosion de la bulle Internet, avant l’arrivée du haut débit. Or le bas débit, c’était très fâcheux pour une télévision. C’est sur la tonalité générale des émissions de plateau que nous avons péché, en n’allant pas chercher des éditorialistes de la droite dure Que pensez-vous de cette controverse sur la partialité des chaînes publiques ? La commission d’enquête a levé un lièvre. Si elle avait procédé de façon moins idéologique et un peu plus raisonnable, je pense qu’elle aurait gagné en efficacité, car elle a effectivement pointé du doigt quelque chose qui peut relever du conformisme ambiant. J’ai travaillé dans plusieurs médias, notamment sur la chaîne Histoire, aux côtés de Patrick Buisson, qui a été le grand idéologue de l’extrême droite et un ancien journaliste de Minute, et cela ne me posait aucun problème de travailler avec lui. Il y a effectivement une sorte de frilosité. Honnêtement, sur le procès en partialité du service public, pour avoir dirigé l’information de France Télévisions, j’ai passé des nuits à compter, à la minute près, les temps d’antenne attribués aux différentes forces politiques. Nous étions surveillés par l’Arcom et je peux vous dire que nous étions exemplaires. C’est davantage sur la tonalité générale des émissions de plateau que nous avons péché, en n’allant pas chercher des éditorialistes du FigaroVox ou de la droite dure. Je n’ai jamais compris cela. J’ai passé mon temps à demander aux équipes d’équilibrer davantage leurs plateaux. Mais ensuite, les journalistes font ce qu’ils veulent... (Suite page 12)
la baule+ 12 | Novembre 2026 C’est pourtant une vieille polémique puisque Michel Péricard le dénonçait déjà, tout comme Robert-André Vivien, dans les années 1990… Bien sûr, et Alain Griotteray aussi. C’est l’hommage du vice à la vertu. Le service public est un service au public, il est normal que chaque Français se sente copropriétaire d’une parcelle de ce service public et qu’il ait des exigences faramineuses. Mais quand on est à la tête de tout cela, c’est plus compliqué. Finalement, est-ce le côté trop engagé de certaines questions du rapporteur que vous reprochez à cette commission d’enquête sur l’audiovisuel ? Oui. Monsieur Alloncle aurait fait un très mauvais journaliste, car il aurait appartenu à cette catégorie de journalistes qui écoutent davantage leurs questions que les réponses de leur interlocuteur. C’est dommage car, dans les travaux de la commission, il y avait de vrais problèmes et si tout cela avait été soulevé avec un peu plus de mesure, cela aurait fait progresser le débat. On est qualifié, tantôt de suppôt du RN, tantôt de suppôt de LFI Comment envisagez-vous l’avenir du débat d’idées en France, avec le recul de la réflexion et la multiplication des anathèmes de part et d’autre ? On n’en sort pas. On est qualifié, tantôt de suppôt du RN, tantôt de suppôt de LFI. C’est l’âge qui me permet de le dire : il y a un balancier. On va très loin dans la polarisation et la crispation et, mécaniquement, cela va recréer le besoin d’un espace plus tempéré. Il faut un dialogue, même musclé, mais respectueux. Je ne suis pas pessimiste. On disait la jeunesse totalement amorphe et repliée sur ellemême. Mais quand j’observe ce qui se passe avec le mouvement lycéen – je ne parle pas des violences – je vois une génération qui s’insurge de ne pas avoir les moyens de travailler correctement. Je continue à croire beaucoup en la jeunesse. Propos recueillis par Yannick Urrien. Suite de l’entretien avec Michel Field : « Il faut un dialogue, même musclé, mais respectueux.» Thérèse Legendre Cabinet d’astrologie Atelier d’initiation à l’astrologie 172, avenue de Lattre de Tassigny, 4500, La Baule. Tél: 06 07 57 08 56 Sur rendez-vous. Site : www.astrologie-thema.com Courriel : terrie.legendre@laposte.net BELIER : Vénus en opposition en Balance, vous serez peu enclin à faire des compromis. Du vent dans les voiles côté love. Il faudra retrousser vos manches, vous aurez du pain sur la planche. Jupiter ( la chance) il veillera sur vous dès décembre. Le bonheur sera enfin retrouvé. TAUREAU : Vénus/Mercure en opposition en Scorpion apportera un petit coup de mou ce mois de novembre. Prudence aussi côté finances : gare aux envies dispendieuses qui peuvent vous coûter cher. Ce cortège de planètes dissonantes risque de cristalliser des tensions latentes. GEMEAUX : Vous déborderez de ressources pour renflouer vos comptes. Vous saurez saisir à la volée les bonnes occasions et les opportunités fructueuses avec facilité. Côté love : attendez-vous à des rebondissements réjouissants, l’envie de charmer et de flirter avec légèreté domine. CANCER : Vénus et Mercure vont s’allier pour vous séduire et multiplier les jolies occasions. Si vous visez le grand amour, les portes s’ouvrent en grand. Côté argent: votre épargne devrait être florissante, Mercure la planète des échanges booste vos transactions commerciales. LION : Le duo Mars/Jupiter, quels que soient vos projets, votre carrière connaîtra un très bel essor. Une série d’aspects valorisera votre créativité, et augure de profonds changements. Côté love : vous serez à la fois moteur et pilier de votre couple. Pour les âmes esseulées, vous serez plus sélectifs. VIERGE : Vénus vous sourit généreusement, vous brillerez particulièrement. Vous profiterez des bons courants dans tous les domaines. Le bonheur s’installera confortablement dans votre foyer cette fin d’année. BALANCE : Comme le bon vin, l’amour se bonifie avec le temps. Vénus (le grand bénéfique) en visite chez vous, c’est bien sûr en écoutant votre cœur, mais également vos intuitions, que vous pourrez prendre les meilleures décisions cet automne. SCORPION : Attention aux excès (de stress comme de gourmandise) il y aura de l’électricité dans l’air, vos doutes pourraient bien déclencher des clashs dans tous les domaines. Jupiter en Lion vous poussera à relever des défis. SAGITTAIRE : Votre maître Jupiter fait rimer finances et abondance, vous pourriez la tenter au jeu de hasard. Un mois au top dans tous les domaines. Côté job : augmentation, honneurs, promotion, nouveau poste à responsabilités. CAPRICORNE : Vous gagnerez en clarté et en assurance, et vous serez enfin capable de poser des limites pour vos rapports aux autres. Côté job : vous donnerez sens et cohérence à votre emploi. Le mois s’annonce très constructif. VERSEAU : Mars face à votre signe, Mercure en carré, l’automne représente une période charnière pour votre carrière. Vous devrez redresser la barre, vous aurez moins de marge de manœuvre. Côté forme : pratiquer la méditation, très efficace pour apaiser votre esprit. POISSONS : Votre épanouissement conjugal atteindra la perfection. Pour les célibataires, avec les longs séjours de Vénus et de Mercure en Scorpion, c’est un vent de passion qui fera frémir votre nouvelle relation ou bien avec le retour d’un ou d’une ex. Thérèse Legendre Votre horoscope de novembre avec Théma
la baule+ 14 | Novembre 2026 La Baule + est édité par la SARL La Baule Plus : 1 bis, allée du Parc de Mesemena, 44500, La Baule. Téléphone : 02 40 60 77 41 Courriel : redaction@labauleplus.com Sarl au capital de 4600,00 € RCS ST NAZAIRE : 452 575 285 - APE : 5814Z Imprimé en France Tirage : 35 000 exemplaires. Directrice de la publication : Fabienne Brasseur Journaliste : Yannick Urrien ISSN : 1767-6150 - Depôt légal à parution. Publicité : Fabienne Brasseur au 02 40 60 77 41 ou fabienne@labauleplus.com Horaires des marées Confiez vos annonces à nos experts ! Assistance à la publication 01 40 03 96 85 / 90 www.litinerant.fr Publiez vos annonces légales dans un journal solidaire Lorem ipsum JOURS matin haut.m coeff. soir haut.m Coeff matin haut.m soir haut.m Vendredi 06 02 34 5,27 71 14 50 5,45 75 08 36 1,57 21 07 1,36 Samedi 07 02 58 5,44 78 15 15 5,56 81 09 24 1,38 21 50 1,25 Dimanche 08 03 25 5,60 83 15 44 5,64 84 10 07 1,28 22 29 1,23 Lundi 09 03 57 5,71 84 16 16 5,66 84 10 46 1,25 23 04 1,29 Mardi 10 04 30 5,75 83 16 47 5,60 82 11 22 1,29 23 38 1,40 Mercredi 11 05 02 5,71 80 17 19 5,48 77 11 57 1,39 - - - - - - - Jeudi 12 05 35 5,59 74 17 51 5,30 71 00 11 1,57 12 32 1,55 Vendredi 13 06 08 5,41 67 18 22 5,08 63 00 46 1,78 13 08 1,75 Samedi 14 06 43 5,19 58 18 55 4,85 54 01 22 2,02 13 46 1,99 Dimanche 15 07 22 4,95 49 19 36 4,61 45 02 03 2,27 14 28 2,23 Lundi 16 08 15 4,73 41 20 36 4,39 38 02 49 2,50 15 19 2,43 Mardi 17 09 47 4,60 35 22 47 4,34 34 03 47 2,66 16 20 2,54 Mercredi 18 11 15 4,64 35 - - - - - - - - - 04 52 2,69 17 27 2,51 Jeudi 19 00 00 4,50 37 12 18 4,81 41 05 58 2,57 18 31 2,33 Vendredi 20 00 55 4,75 46 13 13 5,04 51 06 59 2,33 19 28 2,03 Samedi 21 01 40 5,04 57 14 01 5,31 64 07 52 2,00 20 18 1,70 dimanche 22 02 21 5,34 70 14 45 5,58 76 08 41 1,65 21 04 1,37 Lundi 23 03 01 5,62 81 15 27 5,81 86 09 29 1,31 21 49 1,10 Mardi 24 03 41 5,86 90 16 09 5,95 93 10 16 1,03 22 35 0,91 Mercredi 25 04 22 6,01 96 16 52 5,99 97 11 03 0,83 23 21 0,85 Jeudi 26 05 04 6,06 97 17 35 5,90 96 11 52 0,76 - - - - - - - Vendredi 27 05 48 5,98 94 18 20 5,69 90 00 09 0,91 12 42 0,83 Samedi 28 06 34 5,80 86 19 07 5,39 82 00 59 1,08 13 35 1,01 Dimanche 29 07 23 5,53 76 20 01 5,06 71 01 53 1,33 14 31 1,28 Lundi 30 08 19 5,24 66 22 21 4,79 62 02 51 1,60 15 30 1,56 HORAIRES DES MAREES (SAINT-NAZAIRE) HAUTE MER BASSE MER Courrier des lecteurs Halles du marché central Marie, le sourire légendaire des halles, vient de reprendre le banc de sa patronne. Elle y propose du tarama, de la tapenade, des olives, des fruits secs, de l’huile, des épices diverses, des produits pour l’apéritif au choix, etc. Son banc devrait prochainement s’appeler « Les Délices de Marie ». Cette communication est faite sans intention publicitaire de ma part, en témoignage de reconnaissance envers cette jeune maman courageuse. Frédéric Nicaud (courriel) Réaction à l’entretien avec Bruno Le Maire Cette interview suscite quelques interrogations et réflexions. La langue française, qui, au XVIIIe siècle, était la langue véhiculaire, celle de la diplomatie et des élites européennes, est malheureusement remplacée par le franglais ! Voici pourquoi je m’interroge à la suite de l’interview de M. Bruno Le Maire, normalien, ancien diplomate, écrivain, amoureux de la littérature russe. Je suis surprise qu’il n’ait pas consacré ses talents à l’exercice du beau métier de professeur de lettres classiques et modernes, plutôt que d’accepter un poste de ministre de l’Économie pendant sept ans. Durant son mandat, la France a accumulé 1 000 milliards d’euros de dette et pris des sanctions contre la Russie, ce qui devait provoquer l’effondrement de l’économie russe. Bilan : c’est l’économie française qui s’est effondrée. L’argent des Français est parti en Ukraine, pays reconnu pour sa corruption dans plusieurs domaines et pour les trafics d’enfants, de femmes, d’organes, de drogues et d’armes, au lieu de bénéficier, entre autres, aux services de santé et d’éducation. M. Le Maire témoigne de son amour pour la littérature russe, mais je suis surprise qu’il n’ait pas consacré ses capacités d’écriture à une biographie de Tchekhov ou de Dostoïevski (qui disait que l’art sauvera le monde), plutôt qu’à un livre érotique. Il a participé à un gouvernement qui a décidé de faire de l’éducation sexuelle à l’école dès l’âge de trois ans, alors que ce sont les parents qui sont là pour répondre aux questions des enfants, leur expliquer les interdits et leur apprendre le respect de leur corps et de celui des autres. Je suis choquée de voir une proposition visant à apprendre le français dès l’âge d’un an en maternelle. L’enfant n’appartient pas à l’État : il vient au monde dans une famille et découvre le monde extérieur. Ce n’est pas parce que le classement PISA de la France est catastrophique que cette solution, qui existe dans les régimes totalitaires, doit être proposée. Beaucoup de jeunes arrivent maintenant au baccalauréat sans savoir écrire correctement le français ! On a supprimé le latin et le grec, qui permettaient de mieux comprendre l’étymologie de la langue française, et on arrive à la confusion et à la violence. Pour les personnes qui ont peu de mots pour s’exprimer, les mots deviennent des maux ! Avant de vouloir développer l’IA, il faudrait d’abord développer l’intelligence naturelle. Je répondrais àM. LeMaire : « Pourquoi vous êtes-vous fourvoyé pendant sept ans ? L’erreur est humaine. Je souhaite que vous puissiez retrouver votre chemin au service de la vie, avec vos véritables talents. » M. Glémin (Batz-sur-Mer) Courrier des lecteurs Pour nous écrire : redaction@labauleplus.com
RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2