la baule+ 10 | Novembre 2026 Télévision > Le journaliste revient sur la commission d’enquête sur l’audiovisuel public Homme de radio et de télévision, écrivain et philosophe, Michel Field a également été directeur général de l’information de France Télévisions. Il anime chaque année le Festival du film politique de La Baule. Michel Field : « Si tout cela avait été soulevé avec un peu plus de mesure, cela aurait fait progresser le débat. » Le poids des associations fait que tel trait d’humour est vécu comme blessant. Tout cela nourrit une forme d’autocensure généralisée. Quand on revoit des extraits de Polac ou de Dechavanne, on se dit que rien de tout cela ne serait possible sur nos antennes. Pourtant, je n’en suis pas totalement certain et, s’il y avait des patrons prêts à prendre leur courage à deux mains pour essayer, je pense que cela pourrait fonctionner. Mais la vie sociétale et politique s’est vraiment polarisée. Elle est devenue violente. Je me souviens d’avoir animé en direct sur France 3 une émission pour ou contre la corrida depuis les arènes de Nîmes ! Évidemment, il y avait eu quelques insultes. Mais aujourd’hui, on pourrait s’attendre à ce que quelqu’un sorte un flingue, car il y a une réelle intolérance à l’égard de la parole de l’autre. Il ne serait pas si simple de reprendre de tels débats spontanés. Le degré de violence de la société a beaucoup augmenté et les réseaux sociaux y sont pour quelque chose Michel Polac recevait sur son plateau les journalistes de Minute face à ceux de L’Humanité… On pourrait encore le faire, mais je crois que le degré de violence de la société a beaucoup augmenté et les réseaux sociaux y sont pour quelque chose. L’algorithme vous encourage à ne vous La Baule+ : Vous avez l’habitude de venir au Festival du film politique de La Baule. Quelle image avez-vous de la station ? Michel Field : Je connais bien La Baule car les grands-parents de l’une de mes filles étaient baulois et la famille était originaire d’Angers. Je suis beaucoup venu à La Baule quand ma fille était petite et le Club des Dauphins n’avait aucun secret pour moi... Ensuite, je me suis un peu éloigné. Mais je suis très heureux de revenir chaque année pour le Festival du film politique car j’ai ici beaucoup de souvenirs personnels. Ce festival est très particulier, puisqu’il est ouvert au grand public, qui peut s’adresser directement à des journalistes politiques ou à des élus… C’est vraiment lié à la démarche de Jérôme Paoli et d’Anne-Catherine Mendez, les fondateurs de ce festival, qu’ils ont lancé à Porto-Vecchio, en Corse. Depuis qu’il est à La Baule, il est plus facile de faire venir des personnalités politiques car elles trouvent plus aisément une place dans leur agenda. C’est tout de même la deuxième année que la présidente de l’Assemblée nationale vient assister aux projections. Il y a aussi des ministres et d’anciens ministres. Comme c’est un festival à taille humaine, les gens peuvent aborder extrêmement facilement des personnalités qui, d’habitude, sont inabordables. Votre nom est associé au débat télévisé, comme ceux de Michel Polac ou de Christophe Dechavanne. Cette période vous manque-telle ? J’ai continué à en faire jusqu’à ce que je décide de passer de l’autre côté, avec mes fonctions de directeur de l’information, puis de la culture, à France Télévisions. Maintenant, je suis un jeune retraité et cela me titille un peu. Aujourd’hui, le débat a lieu sur les réseaux sociaux, avec le meilleur et le pire, et il y a une forte autocensure dans les médias mainstream. L’audace n’est plus vraiment autorisée. Tout est très formaté. la baule+ Fabienne : 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Contactez-nous pour votre publicité :
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