Novembre 2026 | 11 la baule+ entourer que de gens qui partagent votre avis et cela fait grandir une forme d’intolérance. Je pense qu’il y aurait quand même une place dans les médias publics pour ce genre de débats un peu plus libres. Vous avez été le premier en France à avoir l’idée de créer une chaîne de télévision sur le web exclusivement consacrée aux débats. Mais nous étions encore à l’époque du bas débit… Comme quoi, il ne faut pas avoir raison trop tôt ! J’avais eu la chance d’être entouré de jeunes gens qui m’avaient initié au web et nous avons lancé cette télévision au pire moment : au moment de l’explosion de la bulle Internet, avant l’arrivée du haut débit. Or le bas débit, c’était très fâcheux pour une télévision. C’est sur la tonalité générale des émissions de plateau que nous avons péché, en n’allant pas chercher des éditorialistes de la droite dure Que pensez-vous de cette controverse sur la partialité des chaînes publiques ? La commission d’enquête a levé un lièvre. Si elle avait procédé de façon moins idéologique et un peu plus raisonnable, je pense qu’elle aurait gagné en efficacité, car elle a effectivement pointé du doigt quelque chose qui peut relever du conformisme ambiant. J’ai travaillé dans plusieurs médias, notamment sur la chaîne Histoire, aux côtés de Patrick Buisson, qui a été le grand idéologue de l’extrême droite et un ancien journaliste de Minute, et cela ne me posait aucun problème de travailler avec lui. Il y a effectivement une sorte de frilosité. Honnêtement, sur le procès en partialité du service public, pour avoir dirigé l’information de France Télévisions, j’ai passé des nuits à compter, à la minute près, les temps d’antenne attribués aux différentes forces politiques. Nous étions surveillés par l’Arcom et je peux vous dire que nous étions exemplaires. C’est davantage sur la tonalité générale des émissions de plateau que nous avons péché, en n’allant pas chercher des éditorialistes du FigaroVox ou de la droite dure. Je n’ai jamais compris cela. J’ai passé mon temps à demander aux équipes d’équilibrer davantage leurs plateaux. Mais ensuite, les journalistes font ce qu’ils veulent... (Suite page 12)
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