La Baule+

Exposition hommage à Jean Sala : le peintre du bonheur retrouvé La chapelle Sainte-Anne consacre une grande exposition à Jean Sala (1869-1918), portraitiste de la Belle Époque longtemps oublié. Une redécouverte qui doit tout à son petit-fils. Jean Sala, célèbre de son vivant, recherché par les vedettes du spectacle, sollicité par les grandes marques, a disparu desmémoires après samort en 1918. Un siècle plus tard, près de quatre-vingts œuvres (peintures, dessins, affiches, photographies et documents d’époque) sont réunies à la chapelle Sainte-Anne. Né à Barcelone en 1869, Jean Sala se forme à l’école de La Llotja, où passeront aussi Picasso et Miró. Il s’installe ensuite en France et devient un portraitiste que l’on s’arrache : comédiennes, chanteuses, figures mondaines posent pour lui. Son trait est sûr, son sens du drapé remarquable, et il possède cette science de la lumière qui donne aux visages un éclat sans affectation. L’exposition montre l’étendue de son registre : portraits mondains, scènes de genre, paysages, figures féminines, mais aussi personnages espagnols, bohémiennes et tziganes, qui rappellent ses racines catalanes. Sala ne dédaigne pas non plus la commande commerciale. Il signe des affiches publicitaires, notamment pour la biscuiterie LU. Si Jean Sala sort aujourd’hui de l’ombre, c’est grâce à Jean-Paul Morin, son petit-fils. Les deux hommes ne se sont jamais connus : le peintre est mort bien avant sa naissance. Tout est parti de quelques documents familiaux et de rares photographies retrouvés dans un grenier. Depuis plusieurs décennies, Jean-Paul Morin mène une véritable enquête pour retrouver les toiles dispersées, identifier les modèles et reconstituer le parcours de son aïeul. «C’est un grand peintre de son époque », résumet-il simplement. Le public a déjà donné raison à cette persévérance. En 2023, au musée Bernard-Boesch du Pouliguen, une trentaine d’œuvres avaient attiré plus de dix mille visiteurs. La Ville de La Baule présente Jean Sala comme «le peintre du bonheur » et le rapprochement n’a rien d’une figure de style : l’artiste a lui-même séjourné à La Baule et y a peint. Il a connu la station au moment de son plein essor : l’arrivée du train, les premiers grands hôtels, le casino, les villas de villégiature. Jean Sala en a été non seulement le contemporain, mais le témoin. Ses scènes balnéaires et une carte ancienne de la baie replacent le visiteur dans cette période fondatrice. L’insouciance de cette époque avait pourtant un terme : Jean Sala est mort l’année même où s’achevait la guerre qui l’a balayée. Une mémoire à faire vivre Pour la municipalité, cette exposition s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation du patrimoine Belle Époque : visites guidées des villas, Journée Belle Époque au Garden, projets autour des Journées du patrimoine. « L’idée est de faire revivre à tout le monde cette époque emblématique », explique Caroline Glon, adjointe à la culture. La Ville envisage même un défilé de mode Belle Époque en 2027, pourquoi pas dans le cadre de la chapelle Sainte-Anne. Jean Sala (1869-1918), peintre de la Belle Époque - Chapelle Sainte-Anne, place du Maréchal-Leclerc, La Baule. Jusqu’au 22 novembre. Du mardi au vendredi de 14 h 30 à 18 h 30, le samedi et le dimanche de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30. Entrée gratuite. la baule+ 6 | Novembre 2026 Jean-Paul Morin, petit-fils de Jean Sala, Franck Louvrier, maire de La Baule, et Caroline Glon, adjointe à la culture

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