DossierLa Baule

L’Échappée Mer ouvre ses portes : La Baule muscle son offre de tourisme d’affaires

Inauguré au premier étage de la galerie du Passage du Royal, le nouvel espace événementiel d’Atlantia offre ce que le Palais des Congrès n’avait jamais eu : une vue directe sur l’océan. Corinne Denuet, directrice générale, et Franck Louvrier, maire de La Baule, ont détaillé les enjeux d’un projet en gestation depuis cinq ans. Cinq ans de négociations avec le groupe Barrière, propriétaire des lieux, de travaux et de mises aux normes, pour aboutir à un espace de 490 m² modulable, doté d’une technologie événementielle de premier plan et d’une terrasse donnant directement sur la plage. Investissement total : 1,7 million d’euros, dont 50 000 euros de soutien d’Atout France.

Un chaînon manquant

Depuis sa création en 2015, la marque La Baule Événements commercialise la destination sur le segment du tourisme d’affaires dans toutes ses déclinaisons. Le Palais des Congrès Atlantia couvre le grand format : congrès et conventions jusqu’à 700 participants, avec une taille moyenne de 450 à 500 personnes sur plus de cinq jours en 2025. Mais il manquait un outil pour les formats plus restreints. « Notre travail consistait à compléter l’offre du Palais des Congrès sur des tailles plus petites, tout en apportant une vraie plus-value aux organisateurs : une connectivité parfaite, des écrans géants et une vue sur l’océan avec les plus belles villas de La Baule en toile de fond », explique Corinne Denuet. L’Échappée Mer peut accueillir de 20 à 250 participants selon les configurations : cocktail, théâtre à 144 places, école, comité de direction en U, avec deux salles de sous-commission pour les ateliers. Installée au-dessus du quartier des grands hôtels, elle bénéficie d’un environnement que le Palais des Congrès, performant mais sans vue sur la baie, ne pouvait pas offrir.

L’événement qui se prolonge

La technologie embarquée dans l’espace est conçue pour que chaque séminaire existe bien au-delà de ses quatre murs. Murs LED haute définition au pitch de 1,5 mm, système audio L-Acoustics, caméras 4K pour le live et le replay, visioconférence intégrée pour le streaming en direct : les organisateurs repartent avec une clé USB contenant l’enregistrement des échanges, un montage vidéo et des capsules prêtes à l’emploi pour leur communication interne et externe. « Un objectif majeur dans l’événementiel est de prolonger la visibilité de l’événement », résume Corinne Denuet.

Une économie à effet multiplicateur

Les chiffres avancés par Franck Louvrier lors de l’inauguration donnent la mesure des enjeux : « Les dépenses d’un congressiste sont en moyenne quatre fois supérieures à celles d’un touriste de loisirs. Pour un congressiste international, c’est 5,7 fois supérieur », rappelle le maire de La Baule, qui préside également France Congrès Événements. En 2025, les retombées directes et indirectes générées par l’activité événementielle d’Atlantia ont atteint 21,5 millions d’euros. Et les effets dépassent largement les frontières de la commune. « Une commune qui investit dans le tourisme d’affaires investit pour toutes les autres de la Presqu’île », a déclaré Nicolas Criaud, maire de Guérande et président de Cap Atlantique.

Le tourisme d’affaires remplit aussi une fonction structurante pour l’économie locale : il lisse l’activité hôtelière et la restauration sur les douze mois, bien au-delà de la haute saison. Corinne Denuet cite une statistique d’Atout France et de France Congrès Événements qui résume à elle seule la stratégie : « 72 % des participants à un congrès ou un séminaire ont envie de revenir sur la destination pour un séjour personnel. » Le professionnel venu avec ses collègues revient avec sa famille. « C’est le meilleur catalogue qu’on puisse exposer », dit-elle. L’Échappée Mer a elle-même été retenue parmi les dix projets les plus innovants de France par Atout France, sur plus de cinquante candidatures. Une reconnaissance nationale pour un espace dont la commercialisation, lancée sur la base de visuels virtuels, a déjà généré plusieurs réservations.

Christian Mantei, président d’Atout France : « Nous devons aider à révéler La Baule aux clients internationaux »

Il est l’une des figures les plus influentes du tourisme français. Christian Mantei préside Atout France, l’agence nationale chargée de promouvoir la destination France dans le monde entier, placée sous l’autorité du ministère du Tourisme. À ce titre, il dispose d’une vision unique sur les mutations profondes que traverse le secteur, des nouvelles exigences des voyageurs internationaux aux transformations du tourisme d’affaires post-Covid. Sa présence à La Baule pour l’inauguration de l’Échappée Mer n’est pas anodine : Atout France a soutenu le projet et l’a distingué parmi les dix initiatives les plus innovantes de France. Rencontre avec un acteur incontournable de l’attractivité touristique hexagonale.

La Baule+ : Le tourisme a considérablement évolué au cours de ces dernières années. Au sein d’Atout France, travaillez-vous sur le tourisme des particuliers ou celui des professionnels ?

Christian Mantei : Les deux, c’est très important. Nous soutenons toutes les destinations françaises, et chacune est plus ou moins adaptée à certains types de tourisme. Il y a des destinations comme La Baule, qui sont idéales aussi bien pour le tourisme familial que pour le tourisme d’affaires et de loisirs, et d’autres qui sont davantage ciblées. Il faut bien évaluer la pertinence des actions que l’on va mener sur les marchés.

Vous menez aussi beaucoup d’actions à l’international pour promouvoir la destination France. Pourtant, La Baule est l’une des stations balnéaires les plus connues en France, mais elle n’est pas très connue à l’étranger…

C’est vrai, la notoriété de La Baule est très forte en France, mais c’est aussi une marque qui résonne un peu sur les marchés européens, notamment en Belgique ou en Grande-Bretagne. La région est également très attirante pour la clientèle européenne. Il faut faire des efforts pour que la destination soit davantage connue, car l’offre est tellement diversifiée que nous devons aider à révéler La Baule aux clients internationaux.

Vous estimez que l’Échappée Mer est un lieu totalement innovant en France. Pour quelles raisons ?

D’abord, c’est un très beau lieu de travail, avec une acoustique exceptionnelle. On peut y tenir une réunion de travail et se dire les choses avec précision, ce qui est très important. Le design et l’acoustique sont remarquables. La dimension digitale est aussi très importante, parce qu’elle permet de valoriser l’identité de l’entreprise grâce à des écrans magnifiques. On peut également exporter l’ensemble des échanges pour les diffuser sur les réseaux sociaux ou les utiliser au sein des ressources humaines des entreprises.

Depuis le Covid, on observe que les entreprises réduisent leurs mètres carrés de bureaux et que les salariés se voient moins souvent. Dans ce contexte, faut-il disposer de lieux qui permettent de se regrouper ?

Toutes les études le confirment : il y a vraiment une tendance forte à se retrouver pour partager quelque chose, qu’il s’agisse d’échanges professionnels, mais aussi de convivialité au-delà des réunions.

Quand on se déplace à l’étranger, les hôtels proposent des services vingt-quatre heures sur vingt-quatre : on peut obtenir des plats chauds à deux heures du matin, se baigner dans la piscine à vingt-trois heures, alors qu’en France, c’est interdit en l’absence d’un maître-nageur… Que faudrait-il faire pour libérer tout cela ?

Votre question est essentielle. Le ministre Serge Papin est très attentif à cette question, et le gouvernement souhaite avancer dans ce sens. Il faut simplifier. On a un enchevêtrement de textes : certains sont nécessaires, d’autres beaucoup moins. Il ne faut pas que les textes superflus viennent chevaucher ceux qui sont indispensables. Il faut préserver ce qui est nécessaire dans la réglementation, mais il faut aussi simplifier.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page