
C’est une page importante de l’histoire sportive bauloise qui vient de s’écrire. La Ville de La Baule-Escoublac et ALL IN GROUP ont officialisé, vendredi 12 juin 2026, la signature de la Délégation de Service Public confiant au groupe fondé par Thierry Ascione et Jo-Wilfried Tsonga la gestion des deux sites emblématiques des sports de raquette : le Sporting et le Garden Alice Milliat.
La convention a été signée par Franck Louvrier, maire de La Baule-Escoublac, et Thierry Ascione, cofondateur d’ALL IN GROUP. Elle marque la fin d’une période de transition pendant laquelle la Ville avait repris temporairement en gestion directe l’activité des “trois raquettes” : tennis, padel et squash. La municipalité confie désormais l’exploitation de ces équipements à un opérateur privé spécialisé, avec l’objectif de moderniser l’offre, de sécuriser la gestion et de redonner une dynamique durable à ces lieux très identifiés dans la mémoire sportive bauloise.
Il faut rappeler ce que représentent ces sites dans la vie locale. Le Sporting, avenue de l’Étoile, fait partie de ces adresses connues des habitués de La Baule, où se croisent joueurs réguliers, familles, vacanciers et compétiteurs. Le Garden Alice Milliat, situé avenue Gabrielle, prolonge cette tradition dans un cadre de plein air, avec quatorze courts, dont neuf en terre battue. Dans une station balnéaire où le sport est autant une pratique qu’un art de vivre, leur avenir dépassait largement la simple question d’exploitation d’équipements municipaux.
Le projet porté par ALL IN GROUP repose sur quatre piliers : l’excellence sportive, la durabilité, l’ouverture et la convivialité. Cette formulation pourrait paraître classique, mais elle correspond assez bien à l’équilibre que La Baule cherche à préserver : accueillir un opérateur ambitieux, capable de hisser le niveau de service, sans transformer ces clubs en lieux fermés ou réservés à quelques initiés. L’un des enjeux sera précisément là : conjuguer la montée en gamme avec l’accès du plus grand nombre.
Thierry Ascione est venu rencontrer les adhérents à l’occasion de cette signature. L’ancien joueur et entraîneur, devenu entrepreneur du sport, a présenté l’histoire d’ALL IN GROUP, développé avec Jo-Wilfried Tsonga, et les grandes lignes du projet “ALL IN LA BAULE”. Le groupe veut faire de ces sites des lieux de vie, d’entraînement, de formation et de rencontres. Il s’appuie aussi sur une figure locale de premier plan : le Baulois Édouard Roger-Vasselin. Son rôle d’ambassadeur donne au projet une couleur particulière. Le joueur, titré au plus haut niveau en double, incarne une forme de transmission qui parle naturellement à La Baule, ville de traditions sportives mais aussi de villégiature familiale.
L’offre sportive doit être modernisée dès les prochains mois. ALL IN LA BAULE proposera une école de tennis pour les enfants et les adultes, des cours loisirs et compétition, des tournois homologués par la Fédération Française de Tennis, ainsi que des stages accessibles dès cet été. Cette dimension est importante pour une ville qui connaît de fortes variations saisonnières : il faudra répondre aux attentes des Baulois à l’année tout en accueillant, pendant les vacances, une clientèle de passage souvent demandeuse d’activités sportives de qualité.
Le padel occupera une place centrale dans cette nouvelle organisation. Ce sport, longtemps regardé comme une curiosité venue d’Espagne, s’est imposé en quelques années comme l’un des moteurs de croissance des clubs de raquette. Plus accessible que le tennis pour les débutants, plus convivial, il attire les familles, les groupes d’amis et les entreprises. ALL IN GROUP prévoit un modèle “pay & play”, c’est-à-dire une pratique souple, à la séance, complétée par des cours, des animations, des stages et des événements.
Le projet prévoit la création de quatre nouvelles pistes au Garden Alice Milliat, dont une piste en terre battue, ainsi qu’un projet de courts couverts permettant d’accueillir six pistes supplémentaires au Sporting. Si ces aménagements se concrétisent dans de bonnes conditions, La Baule pourrait disposer d’une offre sensiblement renforcée, capable de rayonner au-delà de la seule presqu’île. Dans un territoire déjà très fréquenté par une clientèle sportive, de Pornichet au Pouliguen, en passant par Guérande, Saint-André-des-Eaux ou Le Croisic, l’enjeu d’attractivité est réel.
Le squash ne sera pas oublié. Là aussi, ALL IN GROUP veut privilégier une formule souple, accessible à la séance et sans cotisation annuelle obligatoire. C’est un choix intéressant, car il correspond à une évolution des usages sportifs. Beaucoup de pratiquants ne veulent plus forcément s’engager sur une année entière. Ils souhaitent réserver, jouer, découvrir, revenir, parfois changer de discipline. Les clubs qui fonctionnent aujourd’hui sont souvent ceux qui savent combiner l’esprit associatif traditionnel avec une organisation plus flexible.
La nouvelle DSP comporte également un volet de gestion durable. ALL IN GROUP annonce un plan pluriannuel d’investissement et une maintenance préventive structurée, afin de préserver les infrastructures et les équipements. Ce point sera suivi avec attention par les usagers, car l’entretien des courts, des espaces d’accueil et des installations conditionne directement la qualité de l’expérience. Dans une ville où le patrimoine sportif fait partie du patrimoine tout court, l’entretien n’est pas une question secondaire.
La dimension locale est aussi affirmée. Le groupe prévoit des partenariats avec les écoles bauloises pour favoriser l’accès à la pratique sportive, des actions autour du sport-santé et des initiatives d’inclusion par le sport. Ces engagements devront naturellement se traduire concrètement sur le terrain, mais ils dessinent une volonté d’ouvrir davantage ces sites à la population. C’est sans doute l’un des points les plus sensibles du dossier : les équipements municipaux, même confiés à un gestionnaire privé, doivent rester des lieux utiles aux habitants.
ALL IN GROUP souhaite également développer des offres dédiées aux entreprises locales. Là encore, le positionnement peut trouver sa place à La Baule. Le sport est devenu un outil de cohésion, de relation client et de management. Entre séminaires, animations de clubs, tournois d’entreprises et événements privés, les sports de raquette offrent un format simple, lisible et convivial. La Baule, avec son tissu commerçant, touristique et entrepreneurial, dispose d’un terrain favorable pour ce type d’initiatives.
Au fond, cette DSP s’inscrit dans un mouvement plus large : les villes ne veulent plus simplement posséder des équipements sportifs, elles cherchent à en faire des lieux vivants, actifs, capables d’attirer, de former et d’animer. La Baule a déjà une image très forte dans l’univers du sport, du Jumping international au longe-côte, en passant par le tennis, la voile, le golf ou les grands rendez-vous de plein air. En confiant le Sporting et le Garden Alice Milliat à ALL IN GROUP, elle fait le pari d’un opérateur reconnu dans l’univers des raquettes, mais elle lui confie aussi une responsabilité : respecter l’esprit baulois.
La réussite du projet dépendra donc d’un équilibre. Il faudra moderniser sans brutaliser, professionnaliser sans exclure, développer le padel sans marginaliser le tennis, attirer de nouveaux publics sans décourager les anciens adhérents. C’est souvent dans ces détails que se joue l’acceptation locale d’une nouvelle gestion. Avec Thierry Ascione, Jo-Wilfried Tsonga et Édouard Roger-Vasselin en figures associées, La Baule bénéficie d’une affiche prestigieuse. Reste désormais à transformer cette promesse en réalité quotidienne, sur les courts, dans les vestiaires, auprès des jeunes, des familles, des seniors, des scolaires et des joueurs passionnés. Le Sporting et le Garden Alice Milliat ont longtemps appartenu au paysage baulois. Ils entrent maintenant dans une nouvelle époque.




