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Jean Sala, le peintre qui a vu naître le bonheur baulois

Un siècle après sa mort, le portraitiste catalan Jean Sala retrouve la lumière à la chapelle Sainte-Anne. Invité à La Baule par le fondateur des biscuits LU, il a peint la station au temps de son âge d’or.

Jean Sala (1869-1918) avait tout pour durer : une formation à La Llotja de Barcelone, l’école où passeront Picasso et Miró, une clientèle de comédiennes et de chanteuses qui se disputaient ses portraits, des commandes des grandes marques de son temps. Il a pourtant disparu des mémoires presque aussitôt après sa mort. La chapelle Sainte-Anne lui rend aujourd’hui justice avec près de quatre-vingts œuvres : peintures, dessins, affiches, photographies et documents d’époque.

Le biscuit et la baie

Le lien entre Jean Sala et La Baule passe par une gaufrette. Entre 1900 et 1914, le peintre conçoit des publicités pour Lefèvre-Utile, la biscuiterie nantaise qui lance alors les fameux biscuits LU. Louis Lefèvre-Utile possède une villa à La Baule, où il passe ses week-ends, et finit par y emmener son illustrateur. Sala en rapporte une série de dessins de la baie et de la plage, témoins d’une station alors en plein essor, entre l’arrivée du train, les grands hôtels, le casino et les villas de villégiature.

Une œuvre sauvée d’un grenier

Cette redécouverte doit tout à Jean-Paul Morin, petit-fils du peintre, qui ne l’a jamais connu. À partir de quelques papiers de famille et de rares photographies retrouvés dans un grenier, il a passé des décennies à traquer les toiles dispersées et à reconstituer un catalogue aujourd’hui estimé à quelque 500 peintures. Une première exposition au musée Bernard-Boesch du Pouliguen, en 2023, avait attiré plus de dix mille visiteurs avec une trentaine d’œuvres.

La nostalgie d’un monde condamné

« C’était une période très heureuse », dit Jean-Paul Morin, qui avoue qu’il aurait aimé y vivre. Mais il le rappelle aussi : l’Europe bougeait déjà, et la guerre approchait. C’est tout le charme ambigu de cette peinture. Elle fixe une insouciance qui ne se savait pas en sursis, et Sala est mort l’année même où s’achevait le conflit qui l’avait emportée.

Jean Sala (1869-1918), peintre de la Belle Époque. Chapelle Sainte-Anne, place du Maréchal-Leclerc, La Baule. Jusqu’au dimanche 22 novembre 2026. Du mardi au vendredi de 14h30 à 18h30, samedi et dimanche de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30. Entrée gratuite.

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