Juin 2026 | 3 la baule+ La Baule+ : Le tourisme a considérablement évolué au cours de ces dernières années. Au sein d’Atout France, travaillez-vous sur le tourisme des particuliers ou celui des professionnels ? Christian Mantei : Les deux, c’est très important. Nous soutenons toutes les destinations françaises, et chacune est plus ou moins adaptée à certains types de tourisme. Il y a des destinations comme La Baule, qui sont idéales aussi bien pour Christian Mantei, président d’Atout France : « Nous devons aider à révéler La Baule aux clients internationaux » Il est l’une des figures les plus influentes du tourisme français. Christian Mantei préside Atout France, l’agence nationale chargée de promouvoir la destination France dans le monde entier, placée sous l’autorité du ministère du Tourisme. À ce titre, il dispose d’une vision unique sur les mutations profondes que traverse le secteur, des nouvelles exigences des voyageurs internationaux aux transformations du tourisme d’affaires post-Covid. Sa présence à La Baule pour l’inauguration de l’Échappée Mer n’est pas anodine : Atout France a soutenu le projet et l’a distingué parmi les dix initiatives les plus innovantes de France. Rencontre avec un acteur incontournable de l’attractivité touristique hexagonale. Vous estimez que l’Échappée Mer est un lieu totalement innovant en France. Pour quelles raisons ? D’abord, c’est un très beau lieu de travail, avec une acoustique exceptionnelle. On peut y tenir une réunion de travail et se dire les choses avec précision, ce qui est très important. Le design et l’acoustique sont remarquables. La dimension digitale est aussi très importante, parce qu’elle permet de valoriser l’identité de l’entreprise grâce à des écrans magnifiques. On peut également exporter l’ensemble des échanges pour les diffuser sur les réseaux sociaux ou les utiliser au sein des ressources humaines des entreprises. Depuis la Covid, on observe que les entreprises réduisent leurs mètres carrés de bureaux et que les salariés se voient moins souvent. Dans ce contexte, faut-il disposer de lieux qui permettent de se regrouper ? Toutes les études le confirment : il y a vraiment une tendance forte à se retrouver pour partager quelque chose, qu’il s’agisse d’échanges professionnels, mais aussi de convivialité au-delà des réunions. Quand on se déplace à l’étranger, les hôtels proposent des services vingt-quatre heures sur vingt-quatre : on peut obtenir des plats chauds à deux heures du matin, se baigner dans la piscine à vingttrois heures, alors qu’en France, c’est interdit en l’absence d’un maître-nageur… Que faudrait-il faire pour libérer tout cela ? Votre question est essentielle. Le ministre Serge Papin est très attentif à cette question, et le gouvernement souhaite avancer dans ce sens. Il faut simplifier. On a un enchevêtrement de textes : certains sont nécessaires, d’autres beaucoup moins. Il ne faut pas que les textes superflus viennent chevaucher ceux qui sont indispensables. Il faut préserver ce qui est nécessaire dans la réglementation, mais il faut aussi simplifier. On vient d’apprendre que trois grands palaces français venaient de perdre leur label Palace. Finalement, n’estce pas une bonne nouvelle pour eux ? Ils vont pouvoir à nouveau accueillir des congrès de laboratoires pharmaceutiques ou de grandes entreprises qui refusent de se réunir dans ce type d’établissement… C’est vrai. Quand vous avez un positionnement d’hôtel quatre étoiles, c’est favorable pour accueillir des congrès et des réunions. Il peut y avoir de l’événementiel dans les palaces, notamment des lancements de produits, mais vous avez raison : c’est plus difficile pour les entreprises. Propos recueillis par Yannick Urrien. le tourisme familial que pour le tourisme d’affaires et de loisirs, et d’autres qui sont davantage ciblées. Il faut bien évaluer la pertinence des actions que l’on va mener sur les marchés. Vous menez aussi beaucoup d’actions à l’international pour promouvoir la destination France. Pourtant, La Baule est l’une des stations balnéaires les plus connues en France, mais elle n’est pas très connue à l’étranger… C’est vrai, la notoriété de La Baule est très forte en France, mais c’est aussi une marque qui résonne un peu sur les marchés européens, notamment en Belgique ou en Grande-Bretagne. La région est également très attirante pour la clientèle européenne. Il faut faire des efforts pour que la destination soit davantage connue, car l’offre est tellement diversifiée que nous devons aider à révéler La Baule aux clients internationaux.
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