Juin 2026 | 13 la baule+ particulièrement évocatrice. J’ai adoré jouer ses œuvres pendant trente ans et je pense que ses propres fils se les approprient encore davantage, puisqu’ils seront là pour les interpréter. Sa musique, c’est aussi l’âme de Prague. Peut-être n’aurait-il jamais été Maratka s’il ne vivait pas dans cette ville... C’est vrai, il a écrit des musiques qui s’inspirent de différents folklores des pays d’Europe centrale. Il s’inspire parfois des musiques traditionnelles qui sont enracinées dans les villages. Ce sont des musiques qui rythmaient la vie des paysans, les enterrements, les mariages ou les récoltes. Il puise aussi dans la musique populaire de Bohème ou d’Europe centrale. Aujourd’hui, c’est l’un des plus grands compositeurs. Le festival va commencer le 11 juillet, au Parc des Dryades, avec Schubert qui sera à l’honneur... Ce sera la première Schubertiade. On tombe dans la musique romantique, totalement universelle. On aura droit à beaucoup de musiques de Schubert. Je voudrais aussi apporter un éclairage sur le concert de Mendelssohn. Nous avons décidé de consacrer un concert entier à Felix Mendelssohn, qui est encore peu connu des mélomanes bien qu’il soit, comme Mozart et Schubert, l’un des plus grands prodiges de la musique. La particularité de Mendelssohn, c’est qu’il n’était pas simplement prodige en musique, mais aussi en sciences, en sport et en littérature, et il écrivait des poèmes. Il parlait de nombreuses langues et il jouait la musique de ses contemporains. Il a été l’un des pionniers de la redécouverte des musiques de Jean-Sébastien Bach. Il était d’une culture immense. Ce n’était pas un esprit ordinaire. Il écrivait très vite et merveilleusement bien, et cette sensibilité se ressent dans ses notes. C’est l’un de mes compositeurs préférés du début du romantisme, car il transmet une effervescence, une complexité maîtrisée et un sens de l’instrument. Nous interpréterons son fameux Octuor, qu’il a composé à l’âge de 16 ans, une fresque romantique où tous les musiciens sont sollicités. Ce sera un très beau voyage. Il y aura aussi son Quatuor Opus 13, qu’il a composé à l’âge de 12 ou 13 ans. Ce sera vraiment une très belle découverte pour les néophytes. Ce concert aura lieu à l’église Notre-Dame-de-Lourdes à La Baule, lundi 13 juillet. Ce qui est surprenant, c’est que ce festival se déroule dans des lieux très variés, de l’amphithéâtre des Dryades, en passant par des petites églises, jusqu’à L’Hermitage Barrière. Comment programmez-vous les concerts dans des lieux dont les acoustiques sont si différentes ? À L’Hermitage, nous avons une acoustique précise. Certains musiciens estiment que c’est une acoustique sèche, mais je trouve que c’est une acoustique où l’on entend tous les détails. Pour des musiques aussi riches que les quatuors de Beethoven, on peut réellement savourer chaque texture, l’humour ou le drame. Dans une église, comme à Notre-Dame-deLourdes, c’est une acoustique plus résonnante, plus flatteuse. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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