La Baule+

la baule+ 12 | Juin 2026 Culture > Le violoncelliste de renommée mondiale présente les Rencontres Musicales de La Baule et du Pays Blanc La 4ème édition des Rencontres Musicales de La Baule et du Pays Blanc se déroulera du 11 au 19 juillet sur différents sites à La Baule et au Pouliguen. Ces moments seront portés par des solistes de renom - François Salque, Lorraine Campet, Iris Scialom, Alexandra Bidi, Pierre Fouchenneret, Lise Berthaud, Coline Dutilleul, Laure Cholé - ainsi que le Quatuor Strada, le Quatuor Arev et le Chœur d’Angers Nantes Opéra, aux côtés des jeunes musiciens de l’Académie de musique de chambre. Sous la direction de Georges Zeisel, cette programmation d’exception conduit, à travers ses concerts et récitals, vers une expérience musicale unique. La thématique de cette 4ème édition, « L’Âge d’or de la musique de chambre à Vienne au XIXe siècle », invite le public à explorer un moment privilégié de l’évolution de la musique en Europe. Ce voyage musical nous transporte du Style Classique emblématique du siècle des Lumières de Haydn aux bouleversements de Beethoven, en passant par l’expression intime de Schubert, jusqu’aux séismes provoqués par Mahler et Schoenberg qui ouvrent la voie à la modernité du XXe siècle. Nous avons interrogé François Salque, co-directeur artistique de cette manifestation avec Georges Zeisel. Ancien élève du Conservatoire de Paris et de l’Université de Yale, François Salque est l’un des violoncellistes les plus réputés et il a joué dans le monde entier. Il est également enseignant à la Haute École de musique de Lausanne et au Conservatoire de Paris. François Salque : « Beethoven écrivait ses chefs-d’œuvre pour la postérité. » La Baule+ : Quelles raisons vous ont conduit à vous impliquer dans ce festival ? François Salque : D’abord, parce que La Baule, c’est une longue histoire. Je travaille évidemment en collaboration avec Georges Zeisel, le directeur du festival et, ensemble, nous façonnons le programme. Nous invitons des jeunes solistes. Ce ne sont pas des élèves ou des étudiants, ce sont de vrais concertistes. Cela nous permet d’avoir cette semaine extrêmement intense où nous travaillons, nous testons, nous jouons. Il y a un gros travail en amont, parce que ce sont des œuvres particulièrement intenses que nous avons choisies cette année avec Georges. Le festival se déroulera du 11 au 19 juillet : pourquoi avoir choisi cette date ? Le fait d’être en période estivale vous permet-il de toucher un public plus large ? C’est toujours une joie et un grand honneur pour l’équipe de recevoir des retours de personnes qui écoutent un concert pour la première fois. Même si ce sont des œuvres complexes et longues, pour qui se donne la peine de se concentrer pendant une demi-heure ou une heure, et de voir les gestes des musiciens, d’entendre toute la sophistication, un concert de musique classique en live, c’est assez extraordinaire pour des néophytes. Cette période nous permet de rendre accessibles ces œuvres qui sont d’une beauté inouïe. Les mélomanes sont au courant du festival. L’offre de musique classique en Loire-Atlantique n’est pas très riche et les mélomanes sont vraiment en demande. Certains font de longues distances en voiture pour venir écouter les concerts des Rencontres musicales de La Baule. L’année prochaine, il y aura le bicentenaire de la disparition de Beethoven. Le concert que vous donnerez le 17 juillet à l’Hermitage Barrière constituera-t-il, en quelque sorte, l’ouverture de ce bicentenaire ? Le bicentenaire, c’est un prétexte. Beethoven est un incontournable. Le premier concert va explorer les trois périodes créatrices de Beethoven : le Beethoven dans la force de l’âge, le Beethoven fougueux, qui essayait de reproduire avec les cordes ce qu’il faisait déjà au piano, avec tout son sens du drame - l’expression des émotions humaines - et ensuite il y a les périodes plus complexes puisqu’il allait devenir complètement sourd, ce qui est évidemment un drame épouvantable pour un musicien. Après avoir surmonté cette douleur, il se sent rempli d’une force nouvelle et créatrice et il compose des musiques d’une puissance folle. Cela demande beaucoup de concentration de la part des interprètes, comme des auditeurs, avec les tout derniers quatuors. C’était à l’époque où il était complètement dans sa tour d’ivoire, complètement sourd. Il ne communiquait que par carnets et il ne vivait que pour la musique. Il n’écrivait pas du tout pour ses contemporains : il écrivait ses chefs-d’œuvre pour la postérité. Quand ses contemporains se plaignaient de l’immense difficulté des œuvres, il leur répondait : « Je n’écris pas pour vous, mais pour la divinité. » Il écrivait vraiment pour les générations futures. Il en avait parfaitement conscience. Que représente Beethoven pour vous, en tant que violoncelliste, lorsque l’on sait que c’est lui qui a donné toute cette place à cet instrument ? En tant que violoncellistes, nous avons beaucoup de chance. Il y a les quatuors à cordes et tous les timbres du violoncelle, de l’extrême grave à l’extrême aigu. On a aussi les cinq sonates pour violoncelle et piano. Nous avons vraiment été gâtés par Beethoven. Vous avez également invité le compositeur tchèque Krystof Maratka à La Baule. C’est l’auteur dont on parle en ce moment. Il sera à l’église des Dunes de Pornichet, dimanche 12 juillet, avec un programme qui va de Debussy à Brahms, en passant par Schumann, jusqu’à Maratka qui sera donc présent... Maratka est un compositeur que j’admire énormément. Je le connais depuis plus de trente ans. J’ai eu la chance de jouer de nombreuses créations avec lui. C’est un compositeur qui puise dans différentes cultures, dans différentes époques, et qui va même jusqu’à chercher scientifiquement des musiques beaucoup plus anciennes que les musiques écrites. On reçoit cet héritage de musique classique, romantique, mais aussi tchèque. Il personnalise des musiques beaucoup plus anciennes. Ce sont des musiques fantastiques. C’est de la musique contemporaine Photo : Tavernier

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