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Hommage à Miguel Molière

Nous apprenons, par nos confrères de Ouest-France, le décès accidentel de Miguel Molière, directeur du cinéma Le Gulf Stream à La Baule, survenu vendredi 10 juillet 2026. Son visage était familier de tous les Baulois. On le croisait souvent à la billetterie du cinéma, ou derrière le comptoir des boissons et friandises, aux côtés de sa compagne Sonia Pagani. De ce duo se dégageait toujours l’image d’un couple attachant, passionné par son métier, exigeant sur la qualité des films proposés comme sur la tenue de son établissement.

Miguel était un homme discret, que l’on aurait pu croire timide au premier abord, mais qui possédait une solide culture générale et cinématographique. Il faut dire qu’il avait été à bonne école : celle de son père, Tony Molière, producteur de films et fondateur du cinéma. Comme le rappellent nos confrères de Ouest-France, Miguel s’était fait un nom dans l’univers du cinéma. Il avait débuté par des stages sur des tournages, avant de devenir régisseur : un métier où sa passion pour l’histoire trouvait à s’exprimer, lui qui aimait tant dénicher des décors d’époque. Il était, ajoute Sonia, souvent le premier arrivé sur un tournage et le dernier reparti. Une rigueur que l’on retrouvait sans surprise dans la façon dont il tenait son cinéma.

Il y a là un fait qui mérite d’être souligné, et qui semble inscrit dans son ADN. Son père avait mené, en son temps, le combat pour les libertés, en aidant des réalisateurs de l’autre côté du mur de Berlin à se faire connaître en Europe de l’Ouest. Miguel, ces dernières années, n’hésitait pas à programmer des films qui faisaient parfois polémique, pour la seule raison de défendre la liberté d’expression. Et il ne s’est pas trompé : le dernier exemple en date est Sacré Cœur. Quand le politiquement correct voulait imposer une censure sur un sujet, Miguel ne tremblait devant aucune pression : il programmait, et il accueillait le réalisateur, parce qu’il portait au fond de lui l’âme de la défense des libertés, et qu’il savait que la culture est un moyen d’émancipation pour l’être humain.

Nous adressons nos condoléances à toute sa famille, et tout particulièrement à Sonia. Nous savons qu’il est allé rejoindre son père, du bon côté de la barrière, sous la protection des anges parce que cette famille a toujours fait preuve de dévouement envers les autres, et d’exemplarité.

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