la baule+ Décembre 2023 // 25 Pour moi, les réseaux sociaux, c’est terminé ! Cela va se produire assez rapidement, car on vit peu à peu la fin des réseaux sociaux. Déjà, on n’est plus capable de distinguer un réseau d’un autre. Dès qu’il y a une innovation dans un réseau, comme les vidéos courtes, on la retrouve partout. Il y a toute la problématique des influenceurs. J’ai étudié le marché chinois. On voit apparaître des influenceurs digitaux, qui vont coûter beaucoup plus cher que les influenceurs humains parce que, derrière, il y a une technologie énorme. Ensuite, les 12-15 ans désertent les réseaux sociaux. Ce sont les derniers chiffres aux États-Unis. Ils sont encore sur Tik Tok. Pour le reste, on observe une baisse du taux d’engagement sur Instagram et, en ce qui concerne Facebook, n’en parlons pas, c’est vraiment très mauvais. Ce sont les jeunes qui font le marché. En réalité, ils sont maintenant sur les messageries pour retrouver le plaisir d’avoir une vie privée. Si vous faites un sondage chez les 12-18 ans, vous constaterez qu’ils postent très peu de choses sur les réseaux. La dernière limite, c’est la problématique de la vie privée. Facebook explique qu’il va devoir faire payer les internautes qui veulent échapper à la publicité ciblée, parce que la publicité ciblée est maintenant très encadrée par le RGPD. Concrètement, le consommateur va devoir payer, ou être soumis à de la publicité ciblée. Cependant, quand on met son nez dans les recommandations de la CNIL, il n’est pas évident que Facebook puisse imposer une telle mécanique qui restreint énormément la liberté de choix du consommateur. Le robinet financier de la publicité pour les réseaux sociaux va finir par se tarir et cela va leur poser d’énormes problèmes. Vous reprenez de nombreuses études sur la mémorisation et la concentration. On sait qu’une publicité qui circule sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux, a un taux de mémorisation de 7 secondes. Bref, c’est comme si l’on jetait son argent par les fenêtres… Il y a effectivement de grands organismes, comme l’Union des annonceurs, qui ont essayé de travailler sur les images de marque, l’exposition à la publicité ou le temps moyen d’exposition. C’est un échec complet ! On n’a pas le temps de voir le message, les vidéos sont très courtes, puisque c’est la tendance du marché, et cela pose un problème aux annonceurs puisqu’aucune publicité n’a le temps de s’implanter, voire d’être servie sur l’écran de l’internaute. L’internaute ne mémorise absolument pas les publicités, contrairement à la télévision, où la coupure publicitaire est bien organisée. Sur Internet, c’est un fatras d’annonces qui s’empilent les unes sur les autres, avec assez peu de créativité. C’est Amazon qui va gagner la mise en faisant de la publicité tous azimuts Il est aussi intéressant de noter qu’un groupe comme Amazon dépense la partie la plus importante de son budget publicitaire dans des médias traditionnels, notamment en radio et en télévision, et non sur Internet… Pour moi, Amazon est le leader du marché qui a tout compris. C’est Amazon qui va gagner la mise en faisant de la publicité tous azimuts. Amazon fait aussi de la publicité sur son site, puisque faire de la publicité au moment de l’achat peut s’avérer très intéressant en termes de conversion et Amazon représente déjà 80 % du marché. Amazon tire sa survie essentiellement de la publicité et cette concentration pourrait même menacer Google, puisque Amazon est aussi un moteur de recherche. (Suite page 26)
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