La Baule+
la baule + Octobre 2021 // 17 H enri Salvador l’a chanté en son temps : l’instant Z, c’est le moment critique où Zorro, le grand Zorro, le beau Zor- ro arrive avec son cheval, son lasso, ses bottes, son vieux banjo et son grand chapeau pour sauver la pauvre Suzy des pattes de l’horrible Jojo le Bouffi qui veut lui piquer son ranch. Ces temps-ci, l’instant Z serait plutôt l’ins- tant Zemmour qui, à l’en croire, voudrait sauver la pauvre Marianne des me- naces que feraient planer sur elle les Jojo le Bouffi, si nombreux, des manigances mondialisatrices financières ou confessionnelles. Sans lasso ni grand chapeau, ce Z là est partout. Même dans les journaux, les radios, les chaînes tv où on faisait, hier encore, comme s’il n’existait pas, on ne parle que de lui. Z par ci, Z par là. Z à la ville, Z à la campagne, Z au bain de mer. Il écrit, on le lit. Cent mille exemplaires de son dernier livre vendus en une semaine. Il parle, on l’écoute. Ses meetings-dédicaces de presque-pas-candidat ras- semblent des milliers de per- sonnes, et lorsqu’ une chaîne de la TNT monte un débat entre lui et le dernier des vrais mohicans-tribuns de l’arène politique, l’audience atteint des sommets qu’on n’avait plus guère connus (j’exagère à peine...) depuis les soirées catch de notre enfance entre l’Ange blanc et le Bourreau de Béthune. (Je laisse à chacun le soin de choisir qui est en l’occurrence son Ange Blanc et qui est son Bourreau de Béthune.) Bref, tout comme le Z Zorro de la chanson, le Z Zemmour Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière L’instant Z arrive et bouscule la donne. Bourrasque éphémère ou lame de fond ? L’avenir le dira. Le dur, pour lui, est à venir. Car si « La France n’a pas dit son dernier mot » (titre de son dernier livre), les Jojo le Bouffi de tout poil non plus. Eux aussi ont un ranch à défendre. (Un ranch avec mangeoire bien garnie, d’ailleurs.) Et ils le défen- dront bec et ongles. Tous les moyens seront bons. Élysée Hebdo, dont le slogan était naguère « le poids des mots, le choc des photos », devenu au fil du temps « le poids des bobos, le choc des ragots », a ouvert le bal. À sa « une», Z faisant trempette en heu- reuse compagnie ! L’inten- tion était évidemment de nuire. Tout au contraire, cet instantané ne peut que servir l’intéressé. Cela l’humanise, le rend plus proche de nous. Un peu comme si on nous avait montré Zorro barbo- tant dans le Rio Grande, la fille du gouverneur dans ses bras. Sacré Zorro ! aurait-on soupiré admiratif et envieux. À Élysée Hebdo, où on semble ignorer que la ser- vilité rend inévitablement idiot, on a oublié que, chez nous en France, on ne dé- teste pas porter à l’Élysée d’ardents arpenteurs du chemin des dames. C’est ce que nous pourrions appe- ler le syndrome Henri IV, le Vert Galant. Faut-il citer ses continuateurs de notre Vème République ? G... puis M... (Ah M..., le maître étalon dans le domaine !) et aussi C.... un peu S... Et même H... pourtant d’un sex-appeal des plus discrets. Pour le dernier en date, M le petit (Je me permets ce qualificatif uniquement pour le distinguer de M... mentionné plus haut), on ne sait pas encore. Il semble à peine sorti de la puberté. Il a tout donc l’avenir devant lui. Revenons à notre Z. Il parle de la France. Pas de la France humiliée, contrainte de vendre ses sous-marins sur le Bon Coin, mais d’une France de gloire et de pa- nache, riche d’une histoire peut-être davantage fantas- mée que réelle mais dont le récit fait du bien à entendre. Une France qui saurait d’où elle vient à défaut de savoir où elle va, et, pire encore, qui elle est, au fond. Il se peut que Z ne fasse que pas- ser dans cette campagne présidentielle, mais ce qu’il a déballé sur la table, les constats de lâcheté, les évi- dences négligées tant et tant d’années, les réalités oppressantes plus ou moins ghettoïsées, continueront de s’imposer dans le débat et dans les esprits. L’effet Zemmour trouve son explication à la fois dans la crudité - pour ne pas dire la cruauté - du constat qu’il balance urbi et orbi, et dans l’audace de dire à la France ce qu’elle est et devrait être. C’est là sa force. Sa poten- tielle faiblesse est - l’histoire l’a démontré maintes fois - qu’il y a loin de la capaci- té d’établir des constats à celle de gouverner. Dans le casting tel qu’il se présente à nous, il y a assurément des personnes qui l’ont, cette ca- pacité. Au sein de la droite centriste, notamment. En- core faudrait-il, pour arriver au bout du bout, que cette droite centriste consente à ne plus se boucher le nez devant ce que Z - et la droite droitière avec lui - s’emploie à remuer. La Baule+ : Fabienne Brasseur au 06 08 80 39 55 ou fabienne@labauleplus.fr Kernews : Cyrille Morice au 06 87 75 09 50 ou cyrille@kernews.com la baule + Commerçants, artisans : vos contacts pour vos campagnes publicitaires
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