La Baule+
la baule + Novembre 2021 // 9 cela existe déjà en Chine, où vous avez des codes avec des couleurs vous permettant d’accéder, ou non, à certains quartiers. Le gouvernement maîtrise le portefeuille nu- mérique et il peut pénaliser chaque citoyen en bloquant ses moyens de paiement. Les gens sont totalement contrô- lables et sanctionnables et c’en est fini de nos libertés. Les gouvernements travaillent avec l’appui et la complicité des GAFAM Vous évoquez égale- ment la mise en place d’un passeport Internet permettant de limiter notre capacité à utili- ser cet outil si l’on ne se tient pas bien... Cela existe déjà, ce n’est pas de la science-fiction ! Par exemple, le PDG d’eBay a dit publiquement qu’il accep- tait de bloquer les moyens de paiement de personnes inscrites sur une mauvaise liste... Demain, on pour- rait imaginer les personnes non vaccinées... Donc, les gouvernements travaillent avec l’appui et la complicité des GAFAM. C’est un gros problème. En réalité, vous n’avez plus votre liberté d’expression, votre liberté de jugement ou votre libre arbitre. Si je prends mon cas personnel, je n’ai rien à cacher, je n’ai aucune ac- tivité illicite, mais, dans la « L’hypothèse solide est que tout ce système de contrôle qui est en train d’être mis en place a pour objectif de nous contenir pour éviter les conséquences sociales violentes d’une crise économique qui pourrait être extrêmement dure.» mesure où je désapprouve l’actuelle administration américaine, puisque je vis en Floride et que je la soup- çonne très fortement d’avoir accédé à la Maison-Blanche de façon illégitime, je suis un opposant: à ce titre, je suis condamnable par une police de la pensée qui pourrait exercer des sanctions très dures. Non seulement on aura une vie aseptisée, mais dans une plus grande pauvreté ! Une grande partie de la population semble pourtant accepter cette transition vers une so- ciété aseptisée... Cela va même plus loin. Vous décrivez une sorte de totalitarisme mou, c’est ef- fectivement très angoissant, mais cela va plus loin, parce qu’il y a une réelle volon- té de nous orienter vers ce type de société. On pourrait considérer que tout allait bien jusque-là, avec les in- dividus qui ont leur libre arbitre. Donc, pourquoi aller vers cette direction ? On ne peut pas dissocier ce pro- blème politique d’un pro- blème économique. Je pense que nous allons au-devant d’une très grave crise éco- nomique, pour des raisons précises, sur lesquelles les experts s’entendent. La crise de 29 apparaîtrait même comme bénigne à côté. Et l’hypothèse solide est que tout ce système de contrôle qui est en train d’être mis en place a pour objectif de nous contenir pour éviter les conséquences sociales violentes d’une crise écono- mique qui pourrait être ex- trêmement dure. Il n’est pas certain que l’on y aille, mais je crains cela. C’est-à-dire une vie très contrôlée et très insipide, mais surtout une vie largement appauvrie car, quand il s’agira de mettre en place le « Great Reset », c’est-à-dire cette réinitiali- sation économique, il faudra bien faire payer un jour aux peuples ces années de gabe- gie, d’endettement délirant et de maintien des activités économiques sous oxygène artificiel. Il va y avoir un dé- classement social, une chute du pouvoir d’achat, un ap- pauvrissement des gens... Il ne faut pas oublier cette phrase de Klaus Schwab au forum de Davos : « Dans quelques années, vous ne posséderez plus rien et vous serez heureux. » Non seule- ment on aura une vie asep- tisée, mais dans une plus grande pauvreté ! Toutefois, les choses peuvent changer, car les peuples peuvent se rebeller. Il faut savoir que le problème de ces oligarques, qui sont financièrement sans limites et dont tous les désirs matériels sont assou- vis, c’est qu’ils sont animés par des aspirations messia- niques, c’est-à-dire qu’ils se prennent pour Dieu et qu’ils veulent imposer au peuple le bien contre son gré. Ils veulent décider du sort des peuples et ils veulent anes- thésier les peuples pour qu’ils ne représentent plus le moindre danger. Il y a des entretiens avec des res- ponsables de banques cen- trales et, quand on les in- terroge, on sent bien qu’ils se pensent investis d’une mission quasi divine. Il y a cette volonté, mais il y a aus- si la soumission d’une partie du peuple qui est terrible, parce que cela encourage les oligarques à procéder de la sorte. Il suffit de regarder ce qui se passe depuis dix-huit mois et cela contribue à ren- forcer cette nouvelle société que l’on redoute. Nous allons revenir vers des supports plus traditionnels, comme la radio ou le journal, pour être à l’écart du contrôle des GAFAM Si vous aviez tenu ces propos il y a seulement deux ans, ce serait in- croyable, mais au- jourd’hui vous vous ba- sez uniquement sur des faits pour décrire cette évolution de la société… C’est incroyable... C’est pour cela qu’il est très dif- ficile de déterminer ce que nous serons dans les deux futures années, parce que tout peut changer dans un sens comme dans l’autre. C’est vrai, nous n’aurions pas pu avoir cette discussion il y a dix-huit mois... C’est complètement fou, mais tout ce que je dis est parfai- tement vérifiable. J’avance des choses lorsque j’ai des preuves, c’est mon métier d’avocat, et je regrette que les gens ne fassent pas for- cément l’effort d’aller à la source de l’information. Mais ce que je viens de dire est parfaitement vérifiable. Que faut-il faire mainte- nant ? C’est une question que l’on me pose beaucoup. Quelle est la meilleure façon de contrer ce mouvement un peu malé- fique ? Je vais être franc : je ne suis pas certain que les manifestations du samedi soient extrêmement profi- tables, mais nous avons notre part de responsabilité par les services et les produits que nous consommons, puisque c’est nous qui avons rendu puissants ces oligarques à travers la consommation de Facebook, de Google ou d’Amazon. La meilleure fa- çon de pénaliser les GAFAM, c’est de développer une contre économie en dévelop- pant le local pour leur retirer le pouvoir qu’on leur a confié par nos modes de consom- mation. Cela ne se fait pas sans peine, mais on sait qu’il faudra souffrir. Alors, autant souffrir pour restaurer nos li- bertés fondamentales ! Il faut développer une économie plus locale, avec une produc- tion proche de nous, se réu- nir davantage entre amis et, surtout, éviter d’acheter via des sites comme Amazon. Il faut vraiment s’interroger sur notre façon de consom- mer et de se comporter. Pour les médias, je pense aussi que nous allons revenir vers des supports plus traditionnels, comme la radio ou le journal, pour être à l’écart du contrôle des GAFAM. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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