La Baule+
La Baule + : Des entre- prises, notamment Tha- lès, travaillent sur la mise en place d’un dis- positif d’identification numériqueuniversel qui fonctionnerait avec le pass sanitaire. Peut-on imaginer pour demain une sorte de laissez-pas- ser sanitaire, social et fiscal, qui permettrait un contrôle de la popu- lation à la chinoise ? Nos dirigeants occiden- taux sont-ils tentés par cette solution ? Marc Amblard : Il faut distinguer les dirigeants politiques qui forment les gouvernements et les oli- garques qui financent leur campagne et à qui les gou- vernants doivent rendre des comptes. Nous en sommes à une situation où les diri- geants politiques rendent la baule + 8 // Novembre 2021 Société ► Une analyse exclusive sur l’évolution du contrôle numérique des populations Marc Amblard : « La meilleure façon de pénaliser les GAFAM, c’est de développer une contre économie en développant le local. » E n 2016, le fondateur du Fo- rumde Davos, Klaus Schwab, avait écrit : « La 4e révolu- tion industrielle conduira à une fusion de nos identités physique, biologique et numérique. » Depuis, Klaus Schwab est revenu sur ce concept dans son livre « The Great Reset » en expliquant que la crise sanitaire constitue une opportunité pour changer la société. Cela signifie qu’une puce sous-cuta- née pourrait contenir toutes les in- formations sensibles d’un individu (passeport, carte d’identité, don- nées sociales et fiscales, passeport sanitaire…) et qu’en scannant sim- plement le bras de cette personne, les autorités pourraient contrôler son identité, ce qui éviterait toute falsification… Aujourd’hui, la crise de la Covid 19 est l’occasion de pré- cipiter ce processus de contrôle nu- mérique. Ainsi, plusieurs nouvelles technologies vont converger, le pass sanitaire n’étant qu’un début, pour déboucher sur un système de contrôle qui modifiera profondé- ment le quotidien des citoyens. Nous évoquons ce thème sensible avec Maître Marc Amblard, avocat au barreau de Paris et de Miami, qui travaille sur ce sujet depuis plu- sieurs mois. plus de comptes à ceux qui ont financé leur campagne et qu’ils ont placés à ces postes, qu’aux peuples. Le système démocratique est un peu mis à mal. Je pense effectivement que la volon- té des gouvernants, sous l’impulsion des oligarques, est de contenir la colère des peuples qui gronde depuis quelques années. On l’a vu avec les émeutes et le mou- vement des Gilets jaunes qui s’est répandu sur plu- sieurs pays. Les oligarques sont des gens qui n’ont pas de limites financières. Leur seule crainte, c’est la colère du peuple, puisque leur seul point faible est leur effectif. Ils sont quelques milliers, alors que nous sommes des milliards. Donc, ils ne pèsent rien numériquement. Ils craignent des soulèvements et ils se dirigent depuis très longtemps vers ce que l’on appelle de l’ingénierie so- ciale, qui permettrait de mieux contenir les peuples, de les contrôler et de préve- nir tous ces mouvements. Je ne dis pas que le peuple ac- ceptera cela, c’est loin d’être acquis, mais je crains que l’on ne se dirige vers une so- ciété à la chinoise où les in- dividus seraient repérables, contrôlés et sanctionnables. La préhistoire de cette ingénierie sociale nu- mérique ne remonte-t- elle pas à la carte ban- caire, puis le paiement sans contact et mainte- nant le paiement via le smartphone ? Tant que ce n’était qu’une option, ce n’était pas très inquiétant. Le danger, c’est que cela ne soit plus une option et que l’on diminue l’argent liquide pour finale- ment ne payer que par ces systèmes électroniques qui nous rendraient vulnérables s’il n’y avait plus de cash et qui remettraient en cause la liberté des individus. Imagi- nons un dissident qui serait gênant pour le pouvoir en place : il pourrait être sanc- tionné très sévèrement. Tant que cela reste une option, ce n’est pas grave. Mais lorsque ce ne sera plus le cas, il y aura danger. On tend vers une carte d’identité numérique qui serait contenue dans un QR code On connaît tous main- tenant ce passeport sanitaire et vous allez plus loin dans votre réflexion quand vous constatez que des en- treprises, comme Tha- lès, travaillent avec les gouvernements pour mettre en place un sys- tème d’identification numérique universel. Certes, il serait pra- tique d’avoir dans un seul certificat sa carte d’identité et toutes ses données sensibles… Je ne dis pas que cela part d’une mauvaise intention, puisque l’on peut considé- rer qu’il est assez commode d’avoir sa carte d’identité dans son téléphone portable et c’est aussi pratique pour le commerce en ligne, parce que cela permet d’éviter les escroqueries. Donc, effec- tivement, on tend vers une carte d’identité numérique qui serait contenue dans un QR code. Des carnets de vaccination sous- cutanés sont déjà testés dans deux pays africains La mariée est sédui- sante, puisque l’on pourra partir en va- cances simplement avec son téléphone portable qui servira de passeport pour passer la douane, de pass sanitaire et de moyen de paiement… La mariée est effectivement séduisante, mais vous pou- vez perdre votre portable ou vous le faire voler… Alors, la nouvelle idée, c’est de ne plus avoir cette future carte d’identité numérique dans son smartphone, mais de l’intégrer directement à soi: on est dans la fusion de l’identité organique et nu- mérique. C’est un sujet qui a été largement débattu lors du dernier forum de Davos et c’est un sujet défendu par Klaus Schwab, le fondateur de Davos. On est dans l’idée de porter dans son corps une puce, de la taille d’un grain de riz, avec toutes les don- nées pour faire en sorte que l’on ne puisse plus falsifier son identité. Je précise que c’est déjà en cours. Ce n’est pas du conspirationnisme, puisque des carnets de vac- cination sous-cutanés sont déjà testés dans deux pays africains à travers un dispo- sitif mis au point par le MIT et financé par la fondation de Bill Gates. Imaginons une fusion de toutes les données dans une puce et la mise en place d’une sorte de passeport de bon ci- toyen : par exemple, si je n’ai pas payé une contravention, on pour- ra m’interdire d’aller au restaurant jusqu’à son règlement… Exactement. Ce que vous dites ne relève pas du tout de la science-fiction, puisque
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