La Baule+

la baule + Novembre 2021 // 17 musique et il en a fait un vrai chef-d’œuvre. Un ballet, c’est un tout, la musique et la danse sont absolument indissociables. On est vrai- ment touché par la grâce. Il y a un silence absolu dans la salle et on en sort élevé. Il y a vraiment une dimen- sion mystique. Julien a aussi un langage chorégraphique très sensuel, ce qui peut pa- raître paradoxal, mais tous les sens sont aiguisés. Il y a vraiment une sensualité du mouvement. C’est un travail d’équi- libriste de maintenir cette sensualité sans tomber dans la provo- cation, voire la profa- nation, puisqu’il s’agit d’un requiem… Oui, il y a vraiment une os- mose entre cette musique et ces corps dansants magni- fiques. Ce requiem donne la vie et l’on ressort avec une force incroyable L’âme de ces personnes disparues que l’on ho- nore à travers un re- quiem revient peut- être sur Terre et, pour qu’elle renaisse, c’est évidemment grâce à cette sensualité et à ce mélange des corps qui donne la vie… C’est la chair, c’est la vie, on réunit l’humain et l’âme… Misatango est une œuvre magnifique. Elle grave le cœur et l’âme. Quand on a vu cette pièce, on est ancré à vie parce qu’elle nous touche à travers de nombreux sens. Finalement, ce requiem donne la vie et l’on ressort avec une force incroyable. Il y a, bien sûr, des airs as- sez tristes qui nous bou- leversent, mais on ressort vraiment avec une énergie et une puissance extraordi- naires. Des morceaux comme le Kyrie, le Sanctus ou l’Agnus Dei, que nous retrouvons dans Misa- tango, rappellent aussi les œuvres de Mozart et de Fauré… C’est ce qui permet aussi de conserver cette touche spirituelle très intense. On sait dans quel cadre nous sommes, on est vraiment dans les profondeurs de soi. Mais c’est accessible à tout le monde. Certains pourraient se dire que c’est accessible seulement à une certaine élite, mais c’est un requiem avec une telle palette de cou- leurs que l’on n’a pas besoin d’être un grand connaisseur de musique pour accéder à la grâce. Cette musique est vraiment universelle. Propos recueillis par Yannick Urrien.

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