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la baule + 18 // Novembre 2021 People ► Rencontre avec l’artiste à la Thalasso Spa Barrière de La Baule Camélia Jordana : « C’est la première fois, en treize ans, que je m’isole ainsi. » À 29 ans, Camélia Jor- dana est une artiste accomplie. Révélée par l’émission La Nouvelle Star en 2009, elle enchaîne les succès et elle incarne un vent de renouveau dans le paysage musical français. La chanteuse, actrice, comé- dienne, compositrice et réa- lisatrice est venue discrète- ment passer quelques jours à la Thalasso Spa Barrière de La Baule en octobre. Il n’était pas question de com- muniquer sur sa présence pendant son séjour, afin qu’elle puisse profiter plei- nement des soins et du bon- heur de se promener ano- nymement dans La Baule. Toutefois, elle a accepté de répondre à une interview pour La Baule +. Nous abordons sa carrière, mais aussi ses engagements, puisque Camélia Jordana ne laisse personne indifférent, surtout après ses prises de position sans langue de bois sur la société française. La Baule + : Vous ve- nez de passer quelques jours au Royal Thalas- so Barrière : connais- siez-vous La Baule avant ce séjour ? Camélia Jordana : Je ne suis jamais venue à La Baule et je ne me rappelle pas être venue en concert dans la région. Mais je ne souviens pas de tous mes passages lors des concerts, car il n’y a rien qui ressemble plus à un concert qu’un autre concert... La seule diffé- rence, ce sont les conditions et le public. Or, comme j’ai la chance de faire ce beau mé- tier depuis un moment, je ne suis pas trop capable de me souvenir de toutes mes tournées. Dans mon sou- venir, c’est une première… Mais j’ai vraiment eu une très agréable découverte en découvrant ma chambre face à la mer, au troisième étage, c’est vraiment ma- gnifique! Le premier matin, j’ai été très surprise par la marée basse, parce que chez moi, à Toulon, il n’y a pas cela… Je suis arrivée en fin de journée, au moment de la marée haute et, le lende- main matin, il y avait la ma- rée basse avec des centaines de personnes sur la plage. Alors, j’observe tout cela. Je m’invente plein de choses et cela m’apaise. Dans les jours qui viennent, je vais prendre un vélo pour aller me bala- der. Je n’ai jamais le temps de faire cela et c’est pour cette raison que ce moment à La Baule est vraiment pré- cieux pour moi. C’est la pre- mière fois, en treize ans, que je m’isole ainsi. C’est impor- tant quand on fait un mé- tier de passion, dans lequel les horaires n’existent pas, d’autant plus lorsque l’on est leader sur un projet. La santé y passe un peu, donc il est important de grandir et de prendre conscience de la nécessité de prendre soin de soi. Lorsque l’on parle de de vous, vous ne laissez ja- mais personne indiffé - rent : on vous adore ou on vous déteste… Ça, c’est vrai ! Je préfère cela à la tiédeur. Avec le succès que vous connaissez, vous auriez pu avoir une stratégie de neutralité à la Jean- Jacques Goldman… Je le trouve assez engagé, Jean-Jacques Goldman ! Je me souviens l’avoir en- tendu prendre position sur la question des impôts, par exemple. Je suis une citoyenne, je suis allée à l’école de la République, on m’a appris la citoyenneté. J’essaie de me protéger, parce que le traitement de l’actualité sur la vie des gens est parfois très violent Vous faites parfois réfé- rence à vos grands-pa- rents qui vous ont beau- coup marquée… Ils se sont battus à la fois pour et contre la France, cela fait de vraies histoires. Mais, face à cela, j’essaie de me protéger, parce que le traitement de l’actualité sur la vie des gens est par- fois très violent. Je suis hy- persensible, donc j’ai plutôt tendance à me protéger. Il arrive que vos propos suscitent la polémique dans notre pays, qui est déjà très fracturé… J’ai la chance, avec le temps, d’avoir appris à bien choisir les gens qui m’entourent. Je suis entourée de gens qui sont très conscients et très empreints d’altéri- té, d’altruisme, de culture, d’éducation, de conscience et de déconstruction. Je suis plutôt entourée de gens qui sont éloignés de la fracture à laquelle vous faites référence. Il n’y a pas très longtemps, ma mère m’a remerciée de toutes les conversations que j’ai pu avoir avec elle : « Avec ton père et ton frère, on se déconstruit grâce à toutes les conversations que nous avons eues ensemble et on se rend compte de certaines choses que l’on disait et qui ne correspondent pas à la réalité. » C’est à tra- « C’est trop bien, c’est vraiment un cocon…» Photo : Hellena Burchard

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