La Baule+
la baule + 16 // Novembre 2021 Danse ► Le chorégraphe Julien Lestel présente le Boléro et Misatango à Atlantia Alexandra Cardinale : « Misatango est une œuvre magnifique. Elle grave le cœur et l’âme. » A lexandra Cardinale Opéra Ballet Production et le Pa- lais des Congrès Atlantia présentent le Boléro et Misatango à travers trois pièces exception- nelles signées du chorégraphe Ju- lien Lestel. On retrouvera donc les musiques de Max Richter, Mau- rice Ravel et Martín Palmeri avec, sur scène, Alexandra Cardinale de l’Opéra de Paris. Nous revenons avec elle sur Misa- tango car cette représentation est un événement. Créée en 1996 par le compositeur et chef d’orchestre argentin Martín Palmeri, Misatan- go, ou Misa à Buenos Aires, trans- cende le répertoire spirituel en le faisant fusionner avec les traditions musicales profanes latino-améri- caines, en particulier le tango, lié à la musique sacrée depuis plus d’un siècle. Cette messe liturgique à la renommée planétaire a emballé le public du Carnegie Hall en avril 2016, ainsi que le Pape François, en l’honneur de qui elle avait été́ jouée en 2013 au Vatican en réfé- rence à ses origines argentines. On dit d’ailleurs que Misatango est de- venu le requiem préféré du Pape François. Pratique : Boléro – Misatango, samedi 20 novembre à 20h30 au Palais des Congrès Atlantia de La Baule. Renseignements et réserva- tions : 02 40 11 51 51. La Baule + : Vous avez été danseuse au ballet de l’Opéra National de Paris. Même après avoir quitté cette grande mai- son, on doit conserver dans son âme une proxi- mité avec elle… Alexandra Cardinale : C’était un honneur de pou- voir servir cette grande mai- son pendant tant d’années. Cette maison est le temple de la danse. J’ai eu le privi- lège d’honorer cette scène, mais la danse continue à circuler à travers d’autres scènes et la transmission est la même. C’était un mo- ment intense de quitter cette grande maison, mais il n’y avait pas vraiment de tris- tesse puisque la danse reste avec moi. Je savais que j’al- lais continuer à travers la structure que j’avais montée bien en amont de mon dé- part de l’Opéra et tout s’est enchaîné très rapidement. On dit toujours qu’un danseur doit savoir tout faire Vous découvrez aussi l’univers et les tracas quotidiens du chef d’en- treprise… Absolument ! Nous sommes de bons petits soldats à l’Opéra, on nous donne notre planning, on ne s’oc- cupe de rien... Mais l’esprit d’entreprendre était déjà en moi. J’aime découvrir et échanger avec les directeurs de théâtre et travailler sur d’autres propositions artis- tiques. C’est un travail que j’ai appris en le pratiquant, parce qu’il n’y a pas d’école de direction artistique et l’on apprend par expérience. Cette structure existe depuis treize ans et je continue à ap- prendre. Il y a effectivement une multiplicité de fonctions administratives ou tech- niques et il est important de savoir tout faire. D’ailleurs, on dit toujours qu’un dan- seur doit savoir tout faire: il doit être capable de re- coudre son chausson, même si à l’Opéra on avait des couturières merveilleuses, et donc être autonome en toutes circonstances. Selon les théâtres, les publics sont différents et les attentes sont différentes. Donc, on doit aussi savoir s’adapter et amener un public non averti vers la musique classique. C’est la première fois qu’un ballet est créé sur cette musique Nous avons tous en nous le requiem de Fau- ré et celui de Mozart, or dans Misatango, on retrouve l’esprit du tan- go adapté au requiem. Misatango a été créé à Buenos Aires en 1996 et a fait le tour du monde. C’est le requiem préféré du Pape François. Vous présentez ce ballet à At- lantia le 20 novembre prochain… La musique est absolu- ment unique et il faut aussi parler du ballet créé par le chorégraphe Julien Lestel. C’est une création mondiale, puisque c’est la première fois qu’un ballet est créé sur cette musique, et Julien Lestel a le talent pour nous toucher en plein cœur grâce à son langage chorégra- phique. Nous sommes tou- chés par la grâce à l’écoute de cette musique. Au début, j’étais assez déstabilisée et, comme tout le monde, j’étais étonnée de voir un tango as- socié à un requiem... J’avais hâte de le découvrir. Julien Lestel s’est approprié cette
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