La Baule+
la baule + Juillet 2021 // 31 désir de protection à tout prix du corps, nous amène sur cette même ligne : le corps passe avant l’âme… Oui, il suffit de voir le dé- bat sur les commerces es- sentiels. Pour moi, le confi- nement était une petite mort. On nous a imposé des masques inutiles, laids et pénibles à porter, alors que vivre c’est bouger et échanger. Nous avons été terrifiés par des chiffres qui tombaient tous les soirs sur les chaînes d’info. Je suis triste de constater l’état de soumission de la popula- tion. Récemment, un son- dage indiquait que 74 % des gens voulaient conserver leur masque à l’extérieur, alors qu’aucune étude n’a montré que c’était utile. Je vis en Espagne et j’ai pu observer que l’on a pourri la vie de tous ceux qui tra- vaillent durement à l’exté- rieur, comme les serveurs, pour une mesure inutile. On n’arrive pas à gérer cette crise, donc on va im- poser quelque chose de vi- sible. Et puis, on constate que les Français gardent leur masque. L’interdiction vient de tomber, mais on voit encore des gens mettre leur masque en condui- sant tout seuls dans leur voiture. Heureusement, en Espagne on ne s’est pas farci les trois confinements que les Français ont dû su- bir. La seule candidate qui a fait campagne sur le thème des libertés dans la région de Madrid a fait un raz-de-marée Parce que l’État n’avait pas d’argent… Nous n’avons pas d’argent, nous n’avons pas les moyens, a dit le gouverne- ment. Et la seule candidate qui a fait campagne sur le thème des libertés dans la région de Madrid a fait un raz-de-marée. Contrai- rement aux élections ré- gionales françaises, la participation a explosé en Espagne et elle est passée de 25 à 45 %. Plus il y a de cul dans la rue, moins les gens baisent Notre société est dans une course au culte du corps et à l’hypersexua- lisation mais, dans le même temps, on n’a ja- mais eu autant de bar- rières et de Me-Too… Houellebecq dit avec jus- tesse que plus il y a de cul dans la rue, moins les gens baisent. Cela se voit énor- mément au Japon où tout est sexualisé, mais les jeunes Japonais sont puceaux jusqu’à 30 ans. Les hommes admirent des femmes sexy sur du papier glacé, ils ont tendance à confondre la femme dans la rue et la femme qu’ils voient dans les magazines. Du coup, ils se masturbent chez eux et ils vivent dans une misère sexuelle absolue. Mais je ne suis que le pauvre porte-pa- role de Houellebecq... On retrouve cet intérêt pour les choses de la vie dans vos propos et dans vos écrits… Les sociologues n’ont pas bonne presse dans une par- tie de ma cervelle. Je ne dénonce pas, je décris. Ce livre vient d’un documen- taire sur les mini-miss que j’ai vu il y a sept ans. En ob- servant le regard des mères et des jeunes filles, je me suis dit que c’était un sujet. Je trouve consternant que l’on soit jugée sur son phy- sique lorsque l’on a sept ans et que l’on n’est pas encore formée. Je n’ai pas le même raisonnement pour le bo- dybuilding, puisque ce sont des gens qui sont majeurs et vaccinés. Il y a toutes les classes sociales, tous les niveaux intellectuels. On ne peut pas résumer les gens musclés à une bande de bovins crétins. Encore une fois, ils font ce qu’ils veulent. (Suite page 32)
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