La Baule+

la baule + 32 // Juillet 2021 Sur les réseaux sociaux, toutes les mamans pu- blient des dizaines de photos de leur petite fille avec sa nouvelle robe ou au bord de la plage… C’est l’objet de mon ap- proche dans mon livre. C’est effarant, mais sans parler des enfants, je me suis sou- venu de l’histoire d’un jeune britannique qui avait essayé de faire un selfie parfait pen- dant un an. En n’y arrivant pas, parce qu’il y a toujours une imperfection, il a tenté de se suicider. Quand on en vient à une telle obsession de l’image, il y a vraiment un problème. Je ne suis plus sur Facebook, mais les gens sont globalement tous devant un décor de carte postale, avec une tête de zombie, toujours avec le même sourire. Les gens traversent le bout du monde pour se montrer et l’image embarrasse notre vie quotidienne. Votre livre permet de comprendre les deux facettes de notre XXIe siècle puisque la planète est séparée entre, d’un côté, les islamistes et, de l’autre, les «Florida »… Je suis désolé de revenir à lui, mais Houellebecq évoque la confrontation entre les isla- mistes et le club échangiste, et cela donne une fusillade. Je suis d’accord avec vous. Ce culte du physique amène des personnes vides, des fi- gurines en carton derrière lesquelles il n’y a rien. C’est aussi ce qui manque à la tête de l’État. Emmanuel Macron a reçu Justin Bieber, un type qui n’a ni racines, ni idées, ni vision ! C’est désolant de voir un président de la Ré- publique s’humilier ainsi. Et Emmanuel Macron humilie tous les Français en recevant deux idiots analphabètes pour faire une vidéo sur You- Tube. C’est consternant, il contribue à l’empire du vide. Propos recueillis par Yannick Urrien. J oël Meyniel, profes- seur d’histoire à la retraite, publie son quatorzième ouvrage et il a choisi de nous emmener dans le milieu des paludiers, à Batz-sur-Mer et à Gué- rande. L’auteur s’est spécia- lisé dans les romans histo- riques : « J’ai toujours tenu à apporter aux gens de l’ins- truction en les distrayant et, comme pour mes élèves, j’ai voulu une histoire vivante pour que les gens ressentent ce que nos anciens ont vécu. Cette passion pour l’histoire est née quand j’étais en si- xième et mon professeur m’a vraiment communiqué cet amour pour l’histoire. J’ai commencé par être professeur d’histoire, mais je me suis dirigé vers la biologie car ce qui me pas- sionnait, c’était de remon- ter encore plus loin dans le temps, pour tenter de sa- voir d’où nous venions. Je me suis intéressé à la pré- histoire et à l’archéologie. J’ai été archéologue. Mais, comme en France le métier d’archéologue n’est pas très rémunérateur, étant marié et père d’un enfant, c’était un peu léger pour vivre. J’ai donc repris mes études pour m’orienter vers le professo- rat d’histoire. » Les marais salants de Guérande ont très longtemps été le lieu stratégique d’affrontement des rois de France et d’Angleterre Joël Meyniel aurait pu ra- conter l’histoire des palu- diers sous une forme tradi- tionnelle, mais il a opté pour le roman policier : « Je me suis aperçu que les gens ai- maient ce genre d’approche historique. C’est aussi une manière de les faire partici- per à la vie de l’époque. Tout est authentique, y compris le nom des rues et des pa- ludiers, car je veux toujours faire vivre les gens dans leur contexte. Les lecteurs ont envie d’être embarqués dans une histoire tout en apprenant des choses. Il y a d’ailleurs de nombreuses notes en bas de page qui permettent d’apprendre beaucoup de choses que l’on ignore. » Ainsi, les marais salants de Guérande ont très long- temps été le lieu stratégique d’affrontement des rois de France et d’Angleterre, car le sel constituait un enjeu ma- jeur : « C’était l’or blanc. Il y avait ce désir de possession du sel de Guérande entre le roi d’Angleterre et le roi de France car, qui dit sel, dit argent. Le niveau général, c’est l’affrontement entre l’Angleterre et la France pour le trône de France. En dessous, il y a la guerre de Bretagne, puisque la Bre- tagne n’était pas la France à l’époque. Il y a une guerre de succession entre Jean de Blois et Jean de Mont- fort pour devenir duc de Bretagne, ils se disputent les salines, c’est totalement authentique. Dans mon his- toire, il y a un conflit entre ceux qui soutiennent le roi de France et ceux qui sou- tiennent le roi d’Angleterre, il y a des niveaux de conflits différents, toujours dans cette envie de s’approprier l’or blanc, dont les princi- pales récoltes sont faites à Batz-sur-Mer. C’est aussi par le port du Croisic que le sel part vers toute l’An- gleterre et ensuite, un peu plus tard, vers l’Espagne. C’est de cette manière que le Croisic va se développer puisqu’il sera le port de dé- part du sel de Batz-sur-Mer qui était à l’époque une île, et non pas une presqu’île. » « Les fleurs de sel » de Joël Meyniel est publié aux Éditions BoD. Joël Meyniel publie un roman historique dont l’intrigue se déroule à Batz-sur-Mer Mots fléchés Sudoku Solutions page 42 Suite de l’entretien avec l’écrivain Olivier Bourdeaut

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