La Baule+
la baule + Juillet 2021 // 23 compliqué à faire, peut- être faut-il faire un lit plus simple… Accomplir cet acte, c’est un vrai achèvement, car on met de l’ordre dans sa vie. Sinon, on ne sait plus où l’on range tous ses outils du quotidien. La réalité nous oblige parfois à faire des choses que l’on n’a pas envie de faire Vous racontez vos pre- mières missions dans des zones de guerre et vous confiez avoir res- senti de la compassion pour des prisonniers que vous avez capturés les armes à la main, en éprouvant une forme de respect à leur égard. Finalement, dans toutes les guerres, les combat- tants ont-ils une sorte de considération entre eux ? C’est ce qui différencie les grandes civilisations des barbares, pour reprendre une vision un peu prosaïque de l’Empire romain. On peut être amené à faire la guerre pour une idéologie, pour conquérir d’autres terri- toires, ou pour se défendre. L’instinct guerrier se mani- feste, mais on doit l’encadrer correctement, vers la vertu, pour éviter de finir dans la barbarie et des conflits par- ticuliers. Maintenant, il faut être clair : je ne suis pas en train de dire que tout est tout blanc ou tout noir, mais la réalité nous oblige parfois à faire des choses que l’on n’a pas envie de faire. C’est une réalité et il faut savoir discerner en conscience. Je me demande si l’idéal n’est pas une nécessité intrinsèque Vous soulignez que nos ennemis luttent pour un idéal auxquels ils croient, aussi abject et insensé soit-il. Quel est l’idéal de l’Occident au XXIe siècle, si ce n’est de pouvoir enfin s’asseoir à la terrasse d’un café et voir si la 4G passe bien ? C’est la question que je me pose. Quel est notre idéal? Qu’est-ce que l’on peut faire sans idéal ? Est-ce que l’on peut vivre sans idéal ? L’homme a des fonctions biologiques mais, au-delà, je me demande si l’idéal n’est pas une nécessité in- trinsèque. C’est la réflexion que j’essaye de mener et que je compte mener par la suite. Lorsque vous êtes à l’étranger pour cap- turer des terroristes, vous devriez bénéficier de la complicité et du soutien du pays dans lequel vous opérez, mais vous observez que l’armée ou la police lo- cale veulent vous empê- cher d’agir, afin d’évi- ter de vous attribuer les lauriers de la victoire... Et, parfois, des États préfèrent sacrifier des vies humaines sur l’au- tel des ambitions per- sonnelles de leurs diri- geants… On touche au cœur de l’homme. Ce sont des situa- tions vraiment particulières et qui sont parfois tellement éloignées du terrain, que lorsqu’un ordre arrive sur le terrain, il paraît totale- ment absurde par rapport à la réalité que l’on constate... C’est quelque chose qui est très difficile à comprendre. À l’origine, il y a toujours quelqu’un qui a un désir excessif et cela a des consé- quences fatales sur le terrain aujourd’hui. (Suite page 24)
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