La Baule+

Septembre 2026 | 19 la baule+ gée pour des causes que je considérais comme très importantes à défendre, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de monde pour les défendre, comme les sans-papiers. Ensuite, je me suis engagée une dizaine d’années pour l’UNICEF. J’ai fait le tour du monde pour la cause des femmes et des enfants. Je n’ai pas su faire autrement. Je n’ai pas su fermer les yeux. Je n’ai pas su me contenter de mon métier et de ma notoriété. Il fallait que je fasse quelque chose. Il y avait forcément une possibilité que cela puisse servir. Cela fait partie des choses qui ont vraiment compté dans ma vie, tout autant que le cinéma. L’engagement fait partie de ma vie. Je suis toujours engagée, mais je suis moins sur le devant de la scène. Or, à un moment, il faut passer le flambeau à d’autres, en espérant qu’ils prendront le relais. Souvent dans la rue, les gens me disent qu’ils n’ont pas oublié le combat de l’église Saint-Bernard Votre entourage vous a-t-il dit à certains moments que vous preniez trop de risques ? Non, parce que les gens me connaissent. Les hommes de ma vie ont toujours été très engagés, donc c’étaient des combats que nous menions ensemble. À l’époque des sans-papiers et de l’église Saint-Bernard, j’avais un contrat avec Dior. Dior m’avait demandé plusieurs fois de revenir à la raison, gentiment évidemment, donc de sortir de cette église. Mais mon engagement prenait le dessus. J’avais besoin d’aller jusqu’au bout de ce combat et je ne l’ai jamais regretté. J’ai perdu un contrat, mais j’ai gagné en humanité. Souvent dans la rue, les gens me disent qu’ils n’ont pas oublié le combat de l’église Saint-Bernard. Les gens me remercient pour mon engagement. Des années après, on continue de m’arrêter dans la rue pour cela. Mais le problème est resté le même. Il y aura de plus en plus de gens qui vont devoir fuir leur pays pour des causes climatiques Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur à l’époque, avait même reconnu que votre engagement était gênant pour le pouvoir… Effectivement, cela a compté. Malheureusement, quand je circule aujourd’hui dans les rues de Paris, je vois toutes ces tentes dans les rues. Il y a beaucoup de migrants qui sont en attente de régularisation, aussi pour obtenir un titre de séjour pour pouvoir travailler, et je me dis que cela va s’amplifier. Par exemple, les problèmes d’écologie vont être de plus en plus pesants. Nous avons vécu cet été une canicule terrifiante. Malheureusement, il y aura de plus en plus de gens qui vont devoir fuir leur pays pour des causes climatiques car le désert avance chaque année. C’est quelque chose que l’on entend depuis vingt ans. Il y a de plus en plus de pays en guerre aussi, avec de plus en plus de gens qui sont menacés dans leur pays. Donc, c’est un problème qui va s’amplifier. Mais il y a toujours cette inhumanité. Les politiques ferment-ils les yeux sur ces questions ? Vous savez, au moment de la canicule, j’ai repensé au film d’Al Gore. Il y a trente ans, on nous expliquait que le réchauffement climatique était un fait et qu’il fallait faire attention. Les politiques n’ont pas écouté les scientifiques qui alertent depuis des années. Cela fait longtemps que l’on nous répète que le réchauffement climatique va créer des cataclysmes. (Suite page 20)

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