Septembre 2026 | 15 la baule+ essentiel dans notre existence, c’est l’amour prodigué aux autres et le sens que l’on donne à sa vie… Il y a un mélange de plusieurs choses. D’abord, j’étais sur la fin de mes 28 ans. J’ai 30 ans aujourd’hui. J’ai toujours voulu tout faire, tout vivre, tout expérimenter, avec cette envie de vivre pleinement. J’ai fait du saut en parachute et de nombreuses autres expériences. Mais quand j’ai vécu cette expérience de mort imminente, le juge de ma vie - c’est ainsi que je l’appelle, d’autres diront Dieu - m’a montré des images. Ce n’était pas vraiment le film d’une vie avec des images qui défilent. C’étaient surtout les moments où j’ai été profondément heureux. C’est-à-dire que tout ce qui était superficiel, ce qui était simplement de l’expérience, devenait insignifiant par rapport au fait de vivre et de partager avec amour. Le mot amour est devenu vertigineux. J’ai beaucoup de mal, d’ailleurs, avec ce mot «amour » aujourd’hui, parce que l’on met dans un petit mot tellement de sens et de significations différentes que c’est un mot qui ne veut plus dire grand-chose. C’est un mot trop immense pour tout ce qu’il peut contenir. Alors, qu’est-ce que l’amour ? Je pourrais presque faire une conférence sur ce sujet. J’avais lu dans un livre d’André Comte-Sponville, «Le Sexe ni la Mort », cette déclinaison de l’amour en trois grandes thématiques: Éros, Philia et Agapé. Il y a l’amour passionnel, Éros, mais aussi l’amour que l’on porte à ses proches et à sa famille, Philia, et un amour beaucoup plus difficile à atteindre, Agapé, qui est vraiment un amour désintéressé. J’imagine qu’il y a plusieurs autres nuances. Mais à travers ce que j’ai vécu, j’ai compris qu’un musicien qui compose une œuvre, c’est aussi sa manière d’aimer, comme avoir une passion ou se réaliser. Quelqu’un qui fait de la sculpture sur pierre, en s’appliquant, c’est aussi une manière d’aimer, de donner de l’amour et de transmettre une sensibilité. C’est pour cela que je trouve ce mot « aimer » ridiculement trop petit par rapport à tout ce qu’il peut avoir comme sens. Le juge de ma vie m’a dit que j’avais encore beaucoup trop d’amour à donner Lorsque vous êtes aux portes de l’autre monde, vous recevez un message selon lequel vous avez encore des choses à faire sur Terre... D’abord, je vivais un instant merveilleux. J’étais dans un endroit merveilleux. J’avais vraiment envie de rester, je n’avais pas envie de revenir. Pourtant, le juge de ma vie m’a dit que j’avais encore beaucoup trop d’amour à donner, que ce n’était pas le bon moment, mais qu’il fallait que je fasse quelque chose. J’ai eu cette vision, celle de mettre en place un projet précis : en l’occurrence une marque de tisanes. Pourquoi une marque de tisanes, alors que cela ne vous ressemble pas puisque vous êtes vidéaste ? Je vis dans la technologie, la modernité, le progrès et j’ai trouvé cela vraiment bizarre! On me parlait d’amour à travers des sachets de tisanes. Finalement, je comprends que c’est une manière d’aimer. Il y a plein de marques de tisanes. Cela ne changera pas grand-chose, mais c’est surtout la possibilité de relier les gens entre eux, les consommateurs avec des arboristes ou des agriculteurs. Ce sont des artisans passionnés, des puits sans fond de connaissances, et c’est aussi une manière de reconnecter les gens à la terre et à la biodiversité. C’est vraiment un moyen de se reconnecter avec le vivant. D’ailleurs, je parle très rarement de nature, mais plutôt de vivant, puisque nous sommes la nature. C’est aussi une manière de développer son territoire, pas seulement financièrement, mais également dans la richesse des liens humains. Donc, pour moi, créer des sachets de tisanes, c’est une manière d’aimer les gens, la planète et son territoire. J’ai envie de dépenser mon énergie pour du « pour », mais pas pour du « contre » Depuis cette épreuve, quel est votre rapport à l’actualité ? Pour moi, c’est très superficiel. Cela ne m’intéresse pas. On est dans un brouhaha constant. Je préfère être présent pour les gens que j’aime, pour me réaliser et faire des choses bien. J’ai envie de dépenser mon énergie pour du « pour », mais pas pour du « contre ». Je préfère aussi rester avec un cercle plus restreint et faire les choses bien. Il y a un gros vide dans le dictionnaire : il n’existe pas, dans le vocabulaire actuel, de mot qui signifie aller de l’avant en progressant de manière vertueuse. C’est-à-dire que chaque personne qui gravite autour d’un sujet puisse cueillir les éléments positifs de cette évolution. On parle de progrès, mais le progrès c’est quelque chose que l’on optimise en se souciant assez peu de ce qui se passe à côté. Sinon, il y a l’évolution, mais cela peut être positif ou négatif. Donc, pour définir une évolution vertueuse et holistique, je propose le mot « évoltiser ». Cela vient de « evolvere », le fait d’avancer, d’évoluer, et « altum », qui signifie vers le haut. Donc, c’est évoluer vers le haut, évoluer vers une pureté, évoluer vers quelque chose de plus vertueux. C’est l’inverse de passer du temps sur les réseaux sociaux, ce clavier qui déchire sous l’anonymat. D’ailleurs, c’est vrai, je suis créateur sur les réseaux sociaux... Mais plus ça va, moins j’y passe du temps. D’ailleurs, on voit beaucoup d’animateurs de télévision qui demandent à leurs enfants de ne pas regarder la télévision. On essaye parfois de protéger les proches du domaine dans lequel on évolue. Maintenant, vous habitez à La Baule, à l’année et vous souhaitez lancer votre marque de tisanes... Oui, le nom existe, Delenen, qui regroupe les termes de « feuillage » et d’« âme » en breton. C’est un projet que je souhaite voir aboutir avant la fin de l’année. J’essaie de constituer un réseau local sur la presqu’île guérandaise, avec des artisans locaux, des agriculteurs et des herboristes, pour « évoltiser » ensemble vers quelque chose de local et de vertueux. Propos recueillis par Yannick Urrien. La rentrée des activités socioculturelles à Pornichet, c’est le 21 septembre, et il reste des places disponibles à l’Espace Camille Flammarion. Pour les enfants, deux rendez-vous en anglais. Le « Kid’s Morning », du CE1 au CM2, pour se familiariser avec la langue avant l’entrée au collège. Et le « Level Up English » pour les collégiens, qui veulent gagner en aisance à l’oral avant le lycée. Autres activités pour les jeunes : théâtre et arts plastiques, avec des groupes organisés par âge. Et pour les adultes ? Couture, dessin, sculpture. Trois ateliers animés par des intervenants qualifiés, pour apprendre, progresser, et surtout partager un bon moment avec d’autres passionnés. Appelez l’Espace Camille Flammarion au 02 40 11 22 15, ou écrivez à camilleflammarion@mairie-pornichet.fr pour connaître les créneaux, les tarifs et les tranches d’âge exactes. Pornichet : encore quelques places pour la rentrée des ateliers de l’Espace Camille Flammarion
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