Juin 2026 | 7 la baule+ vérité ancienne : l’impôt confiscatoire est toujours, à terme, un mauvais impôt. À l’inverse, la Ville de La Baule est l’une des rares communes à ne pas appliquer la surtaxe sur les résidences secondaires. Que pensez-vous de cette politique de gestion ? C’est la posture d’une commune à la fois plus prudente et plus lucide. Plus prudente, parce qu’elle n’a pas cédé à la tentation court-termiste - qui s’est révélée à double tranchant - consistant à voir dans la surtaxe sur les résidences secondaires une manière de retrouver une marge de manœuvre fiscale perdue avec la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales. Plus lucide, parce qu’elle a compris ce que d’autres ont mis dix ans à découvrir: l’attractivité d’une station balnéaire repose pour une part conséquente sur ses résidents secondaires, qui font vivre les commerces, l’artisanat et l’économie locale à l’année. L’Argus des communes 2026 décerne à La Baule un 16,1/20 pour la maîtrise des dépenses et un 18/20 pour la santé financière, plaçant la ville largement au-dessus des communes comparables. La Baule ne taxe pas davantage parce qu’elle dépense raisonnablement. Toutes les villes ne peuvent pas reproduire ce modèle à l’identique - La Baule bénéficie d’une démographie et d’une assiette favorables - mais la logique est simple et générale : il vaut mieux maîtriser ses dépenses que matraquer ses contribuables. Enfin, que pensez-vous du décret du 15 avril 2026, pris en application de la loi Climat et Résilience de 2021, qui impose la consignation d’une somme pour toute construction située dans une zoneexposéeaurecul du littoral à un horizon de 30 à 100 ans ? Est-ce une forme de taxe pour tous ceux qui veulent construire dans des communes de bord demer ? Ce n’est pas une taxe, puisque la consignation finance ou provisionne une prestation précise, à savoir la démolition programmée de la nouvelle construction à un horizon de 30 ou 100 ans. On pourrait certes regretter la naissance d’une nouvelle norme ou contrainte, mais, l’érosion étant un fait bien établi, il semble de bon sens de prévoir ses conséquences et de les mettre à la charge de la personne qui souhaite prendre le risque de construire malgré tout. Cela dit, reste à savoir ce que devient réellement cette somme non revalorisée, le sort qui lui est réservé si, par extraordinaire, l’érosion cessait d’être un fait inéluctable, ou encore son rôle en cas d’insuffisance de financement. Qui paiera le reliquat ? Le propriétaire encore vivant ou ses ayants droit plusieurs générations plus tard ? La commune ? L’État ? Le décret ne tranche pas clairement, et c’est probablement le point le plus fragile de l’édifice. À cela s’ajoute la critique récurrente de l’Association des maires de France (AMF), qui, conjointement avec l’Association nationale des élus du littoral (ANEL), dénonce un transfert de charges masqué de l’État vers le bloc communal - élaboration des cartes locales d’exposition, intégration au plan local d’urbanisme (PLU), instruction des permis, etc. - sans compensation financière correspondante. En somme, le principe est louable, mais la mise en pratique reste à parfaire. Ce n’est pas une taxe, mais ce n’est pas non plus un dispositif financièrement abouti. Propos recueillis par Yannick Urrien. du premier café au dernier verre RESTAURANT DE PLAGE au bout de l’avenue deGaulle, face à l’océan @lazuli.labaule du café dumatin aux cocktails de finde journée, Lazuli fait vivre LaBaule au rythme de lamer. une terrasse ouverte sur l’horizon, une carte fraîche et solaire, desmoments simples. LA BAULE À SON RITUEL BLEU.
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