Avril 2026 | 25 la baule+ C’était une manière élégante de dire que je m’en vais. Je ne voulais pas trop insister là-dessus, mais c’est mon «clap de fin ». J’ai 77 ans et je ne vais quand même pas arriver en déambulateur sur scène. Que savez-vous de l’avenir de votre carrière ? Et si l’on vous propose un rôle passionnant au cinéma l’année prochaine ? Votre question est intéressante. Dans la vie, on a parfois une barbe un peu plus longue et, par hasard, je me suis regardé devant une glace, ce qui m’arrive assez rarement. J’ai dit à ma femme : « Je ressemble de plus en plus à Victor Hugo!» Si un jour on me propose le rôle de Victor Hugo, évidemment je vais accepter. Le spectacle est un moment merveilleux. Quand j’arrive sur scène, les gens m’applaudissent, mais pas seulement, ce sont aussi mes cinquante ans de carrière. Le plus difficile, ce n’est pas d’être sur scène, c’est surtout les déplacements, entre la route, les trains et les avions. La grande injustice de votre carrière, c’est que l’on ne sait pas vraiment tout ce que vous avez fait à l’international, tant vous êtes marqué avec l’étiquette d’humoriste… Je suis comme un bon copain. Il peut partir pendant quelques années, mais, quand il revient, on sait que l’on va bien rigoler avec lui. Aujourd’hui, je vois des jeunes qui partent aux ÉtatsUnis et qui parlent à toute la presse sans réellement faire grand-chose. J’ai presque regretté d’avoir été assez discret sur ma carrière aux États-Unis. Mais je ne voulais pas que le public français pense que je lui étais infidèle. J’aime trop le public pour cela. C’était simplement une route, un chemin de traverse. Les États-Unis s’offraient à moi, j’ai fait une série aux États-Unis, j’ai été sur scène pendant un an à Los Angeles... Finalement, j’en ai fait beaucoup plus que les autres là-bas. J’ai fait la manche... Il y a aussi la chanson… J’ai commencé à chanter dans les cabarets quand j’étais jeune. J’ai fait la manche, j’ai écrit pour d’autres personnes… Quand je suis revenu des ÉtatsUnis, je me suis dit que les gens m’avaient oublié au bout de sept ans et j’ai voulu faire quelque chose de différent, dont de la musique. J’ai travaillé avec beaucoup de soin et, lorsque le disque est sorti, tout le monde m’a dit : « Vos chansons, c’est bien, mais on vous attend avec des sketches. » Finalement, les gens ne m’avaient pas oublié. Tous ceux qui ont fait carrière à l’époque où le paysage audiovisuel n’avait que trois chaînes, puis six, sont quand même restés dans notre mémoire collective. Aujourd’hui, il est difficile de comprendre cela lorsque l’on n’a pas connu cette période… Effectivement, c’était une époque incroyable. À l’époque, toutes les générations étaient rassemblées devant la télévision. Maintenant, il y a des émissions pour les adolescents, d’autres pour les personnes de plus de 70 ans, alors qu’à l’époque dans une émission de variétés, il y avait Dalida, Coluche et moi pour les plus jeunes… Aujourd’hui, la télévision n’est plus fédératrice, contrairement à il y a cinquante ans. Souvent, après un spectacle, les gens me disent : « Quand je vous vois sur scène, je repense à mon père qui riait devant le poste de télévision… » Vous avez aussi fait la manche dans la rue. C’est sans doute la meilleure école, c’est autre chose que YouTube… Absolument. Aujourd’hui, certains sont des snipers dans des émissions de télévision et, un an et demi plus tard, ils sont sur scène à travers toute la France ! Il faut faire ses armes. J’ai été au Cours Simon… À chaque fois, j’ai pris des petits chemins... Avec René Simon et Rosine Margat… Vous connaissez bien ! C’est pour cela que je dis qu’il faut faire plein de choses dans la vie. J’ai fait de la comédie musicale, du théâtre, du one-man-show, de la télévision... On apprend toujours quelque chose. J’ai travaillé avec Michel Fugain aussi. À chaque fois, j’ai pris des petits chemins et un jour, au bout d’un chemin, j’ai été adopté par des millions de gens qui m’aimaient bien. J’ai été leur nounours pendant cinquante ans. Je dirai simplement que j’adore La Baule Enfin, vous serez sur la scène d’Atlantia le samedi 18 avril. Quelle image avez-vous de La Baule ? La réponse est difficile, parce que je n’ai pas envie d’avoir une réponse bateau. Mais je dirai simplement que j’adore La Baule. Je pense aussi à Olivier Lejeune, un ami très cher. Il a eu quelques problèmes de santé avec sa voix. Il était venu la dernière fois à mes spectacles et j’espère qu’il sera là aussi. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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