Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Au service de la panse Ainsi, c’est en Suisse, pays d’air pur et d’économie saine, que M. Bruno Le Maire, ci-devant grand argentier de France, va effectuer sa reconversion. J’ai failli hésiter entre reconversion et recyclage, mais ce dernier terme étant plutôt réservé aux rebuts hors d’usage, aux trucs dont il n’y a plus rien de bon à attendre, aux machins sans aucun intérêt, je me suis rappelé juste à temps que la bienveillance est une belle vertu et je me suis abstenu. Donc, lassé de creuser et creuser encore dans les excavations sans fond de l’endettement et des déficits publics, l’intéressé aura-t-il fini par prendre l’Helvétie pour une lanterne. La lumière au fond du tunnel. C’est humain. De plus, il y a là une certaine logique. Qu’à force de creuser on finisse par faire carrière, voilà une vérité d’évidence que les terrassiers, les carriers, les extracteurs de cailloux vivent au quotidien. Dans le cas d’espèce, une impertinence de très mauvais goût pourrait inspirer quelques saillies assez bassement désobligeantes. Du genre, ayant mené une politique - la sienne ou celle imposée d’en haut, au fond qu’importe - qui aura abouti à ce que les poches du pays, et probablement avant peu également celles de ses habitants, se vident, il était comme naturel qu’il pensât à remplir les siennes. Après sept ans de rétribution ministérielle d’à peine huit mille balles de principal, passés - nous dit la rumeur - à quelque quarante mille euros mensuels pour deux jours de cours par semaine, l’opération n’est pas négligeable, chacun en conviendra. Une chose cependant. Dans l’état où le concerné laisse les finances du pays, il ne faudrait tout de même pas que la nouvelle ministre de l’Éducation - je n’ai pas son nom à l’esprit à cet instant, mais à quoi bon, elle aussi ne fait que passer comme ses quatre ou cinq prédécesseurs -, que cette nouvelle ministre n’aille pas, disais-je, s’inspirer de ce barème pour réviser à la hausse les traitements des enseignants. Encore que ceux-là mériteraient bien qu’on aille quelque peu dans cette voie. Mais ceci est une autre affaire. M. Le Maire donnera là-bas des cours de géopolitique et de politique publique. On respire. Pas fous, les Suisses ne lui auront pas confié de magistère en économie. Non plus que des sessions de littérature érotique, genre littéraire auquel l’heureux homme va désormais pouvoir s’adonner avec encore plus d’entrain, vu son emploi du temps des plus allégés. Il est vrai qu’on pourrait se contenter de considérer ce genre de chose à la légère, de ne regarder cela, comme le préconise Chamfort, que sous l’angle du « sarcasme de la gaieté et de l’indulgence du mépris. » Une petite ombre seulement. Celle que projette quelque peu sur ces reconversions le fait qu’elles se fassent à l’étranger, qu’on passe semble-t-il sans état d’âme, sans souci de décence, du service de la France au service de la panse. La leur, bien entendu. M. Raffarin et la Chine, M. de Villepin et le Qatar et quelques autres paradis démocratiques moyen-orientaux en sont d’excellents exemples. Étant d’un esprit particulièrement étroit et franchouillard, pour ma part j’aurais apprécié que ces gens - ne serait-ce que dans le souci de réparer les dégâts qu’ils n’auront pas manqué de causer en passant au pouvoir - s’imposent de demeurer en France, en France, leur pays, celui qui les a faits ministres, les a placés en pleine lumière et les a, de ce fait, rendus comestibles à l’international. Un tel comportement aurait plus de classe, plus de mérite. Mais sans doute est-ce trop attendre de ces êtres tellement égocentrés, tellement certains de leur génie, tellement convaincus que, nous autres, pauvres Français de France, sommes incapables de les comprendre, de suivre les méandres de leur prodigieuse intelligence. Bref, persuadés qu’ils sont que, au bout du bout de leurs certitudes, nous ne les méritons pas. Alors, ils vont se faire reluire l’ego ailleurs. Grand bien leur fasse. Question : vers quels horizons se tournera Jupiter une fois ses prouesses élyséennes derrière lui ? Quel pays pourra se flatter de le compter parmi ses lumières sur pied ? Il paraît qu’on ne se bouscule pas. De méchantes langues murmurent même que lui trouver actuellement un point de chute à l’international serait presque autant mission impossible que de refourguer un OQTF à l’Algérie. Mais ce sont de très méchantes langues, redisons-le. Contactez-nous pour votre publicité dans La Baule+ : la baule+ L’efficacité de la lecture papier n’est plus à démontrer en matière de publicité. 1/ Meilleure compréhension et mémorisation 2/ C’est la publicité préférée par la majorité de consommateurs. 3/ Plus d’attention et moins de distractions 4/ Une lecture plus lente 5/ Stimule les émotions et le désir De plus, la publicité perçue par les lecteurs de la presse surclasse les sites Internet et la télévision, notamment grâce à la cohérence des contenus avec les annonces ou encore la qualité des produits et services proposés. 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