la baule+ 14 | Novembre 2024 Science ► Le médecin spécialiste évoque les mondes invisibles Jean-Jacques Charbonier: « Nous avons une conscience délocalisée. » Le docteur Jean-Jacques Charbonier, après avoir exercé l’anesthésie-réanimation pendant 35 ans, consacre désormais l’intégralité de son activité professionnelle à l’hypnose. Plus de 40 000 personnes ont participé à ses ateliers de Trans Communication Hypnotique (TCH) qu’il a lancés en 2014 au Canada. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages traduits dans de nombreux pays et il est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux des EMI (expériences de mort imminente). À partir de très nombreux témoignages, il fait voler en éclats ce que l’on pensait savoir sur le fonctionnement de l’audelà. « Les pouvoirs cachés de l’invisible » de Jean-Jacques Charbonier est publié aux Éditions Trédaniel. La Baule+ : Il y a de nombreux témoignages de personnes qui sont mortes pendant quelques minutes, puis revenues à la vie, et qui évoquent un autre monde. Quelles raisons vous ont poussé à travailler sur ce sujet ? Jean-Jacques Charbonier : J’ai exercé mon métier d’anesthésiste réanimateur pendant 35 ans, avec beaucoup de passion, et j’ai été aussi président de CME (Conférence médicale d’établissement), ce qui signifie que tous les spécialistes qui travaillaient avec moi m’avaient désigné pour les représenter. Je suis aussi à l’origine du SAMU de mon département. J’ai toujours voulu étudier ces témoignages de personnes qui ont pu témoigner après un arrêt cardiaque. Finalement, ce n’est pas dans le cadre professionnel que j’ai pu recueillir leurs témoignages, car les gens se confient très peu à un médecin, puisque c’est une expérience assez intime. En plus, un médecin peut avoir la tentation de psychiatriser le discours. C’est seulement lorsque j’ai écrit mes premiers livres que j’ai reçu de nombreux témoignages. On est tellement ignorant en médecine que l’on ne sait même pas comment notre propre cerveau fonctionne Certaines sensations nous sont connues, comme l’odorat, le toucher ou la vue, mais l’invisible peut représenter beaucoup de choses que l’on ne soupçonne pas, y compris en quantité… On est tellement ignorant en médecine que l’on ne sait même pas comment notre propre cerveau fonctionne. On a tout à découvrir. Je pense que l’humanité manque d’humilité par rapport à ce qu’elle devrait savoir. Malgré cela, on pense tout savoir. Tout ce qui ne rentre pas dans le dogme du fonctionnement de la conscience n’existe pas. La science devrait avancer en fonction de l’observable. Il faut se fixer d’autres dogmes. C’est ce que je fais à travers la conscience analytique cérébrale, pour expliquer ces expériences de façon rationnelle. Il y a eu une étude de 118 cas d’arrêts cardiaques et nous avons pu dégager 18 personnes qui ont vécu ces expériences et qui ont pu raconter ce qu’elles avaient vécu. Dans ce contexte, j’ai pu proposer mon hypothèse de conscience analytique cérébrale, dissociée d’une conscience intuitive extraneuronale, pour expliquer cela. Si l’on considère que c’est le cerveau qui fabrique la conscience, toutes ces expériences sont impossibles. La communauté médicale ne récuse pas cette hypothèse de conscience délocalisée pour expliquer l’expérience. Il y a une omerta vis-à-vis du grand public Ce sont souvent les initiés qui maîtrisent cela, tout en maintenant dans l’ignorance une grande partie de la communauté médicale, de la même manière que les PDG de la Silicon Valley limitent le temps d’exposition de leurs propres enfants aux écrans et aux réseaux sociaux, afin de continuer de les éduquer avec des méthodes traditionnelles. Pourquoi l’information est-elle à deux vitesses ? Vous avez raison, il y a une omerta vis-à-vis du grand public, parce que cela bouleverserait énormément de choses dans le fonctionnement de la société. Donc, on essaie de cacher les choses. Savoir que l’on est immortel changerait bien des choses, car ce qui arrange nos sociétés consuméristes, c’est de dire que nous ne sommes que de la matière et que l’objectif d’une vie est de collectionner de la matière. On a les preuves concrètes que l’expérience n’est pas une hallucination Alors, on répète aux gens qu’il faut profiter de la vie en consommant encore et toujours davantage… Exactement. Si l’on écoute les discours de ceux qui ont fait ces expériences, l’être de lumière ne nous demande pas ce que l’on a sur son compte en banque ou la superficie de sa maison. Il nous demande ce que l’on a fait de sa vie et comment on a aimé et aidé les autres. Toutes ces expériences sont cachées, puisque c’est le fonctionnement même de nos sociétés occidentales, basées sur le consumérisme, qui se retrouverait à mal. Maintenant, on a les preuves concrètes que l’expérience n’est pas une hallucination. Soit on considère que c’est une hallucination, donc un dysfonctionnement cérébral lié à un manque d’oxygène, c’est la pensée dominante dans le monde médical. Soit on considère que l’expérience est réelle et on devient dissident, car j’ai pu vérifier que les perceptions des personnes étaient bien exactes au moment de l’expérience. On sait que dans les 15 secondes qui suivent l’arrêt cardiaque, on a déjà une mort clinique attestée par un électroencéphalogramme plat. Donc, c’est très court. Le temps que l’infirmière se rende compte que le cœur de son patient s’est arrêté, cela demande plus de 15 secondes. On sait qu’il y a des personnes qui sont capables de décrire des scènes à proximité de leur corps physique quand leur cerveau ne fonctionne plus, et même parfois des scènes à grande distance. Donc, on est obligé de changer de paradigme. Si l’on considère que c’est le cerveau qui fabrique la conscience, toutes ces expériences sont impossibles. Donc, on s’est peutêtre trompé sur le fonctionnement de la conscience et peut-être qu’il y a une conscience délocalisée, qui continue d’exister dès que notre cerveau cesse son activité. C’est pour cela que j’ai
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