La Baule+

la baule+ Juin 2023 // 7 C’est en ouvrant la séance du conseil municipal du 28 mai dernier que Franck Louvrier a révélé avoir reçu des menaces de mort début mai. Ce sont probablement la multiplication des attaques contre les élus, la démission du maire de Saint-Brévin et les propos du président Macron sur la « décivilisation » qui ont poussé le maire de La Baule à rendre publiques ces menaces. Il a ainsi déclaré: « Le climat du moment, empreint de tensions, de menaces, de pressions et Franck Louvrier menacé de mort appelle le gouvernement à se mobiliser « pour éviter de tels échecs, car nos élus locaux sont les derniers repères d’une société de plus en plus à la dérive. Ces violentes pressions se font générales, car l’écharpe tricolore ne protège pas plus que la blouse ou l’uniforme! Nous étions à portée de baffes, nous sommes à portée d’actes violents et même criminels.» Le maire de La Baule a détaillé les attaques dont il a fait l’objet : « J’ai reçu à la mairie, en début de mois, des menaces sous anonymat qui se sont traduites dans un même envoi par des photos de la tête décapitée de Samuel Paty et par une autre du massacre du Bataclan en soulignant que ce pourrait être à La Baule. La police judiciaire de Nantes s’est immédiatement saisie de l’enquête et je tiens à remercier les autorités préfectorales et la procureure de la République de Saint-Nazaire pour leur diligence sur cette affaire. Certains pourraient penser que c’est anodin, mais je crois que, dans le climat actuel, il est de mon devoir de vous en parler. » Le débat, c’est argument contre argument Franck Louvrier évoque un sujet de fond : « En démocratie, on ne peut tolérer que la violence remplace le débat politique. Pourtant, les intimidations sont trop souvent présentes dans le quotidien des élus : elles menacent notre engagement au service de tous et mettent en péril notre système démocratique. Le débat, c’est argument contre argument : toute autre action ne relève pas des moyens d’action politique, mais de méthodes inacceptables qui visent à avoir gain de cause par la terreur et la brutalité au lieu de convaincre par la raison. Notre société est bien en danger quand on voit les extrêmes prendre les devants de l’actualité et être actifs et menaçants sur tous les fronts. Les uns pour banaliser le racisme ou revenir sur des avancées sociétales, les autres contre la police ou le fonctionnement de nos institutions, ou encore s’opposer à tout nouveau projet structurant ». L’élu a mis dos à dos les extrémistes de gauche et de droite, mais aussi tous ceux qui portent atteinte à la liberté d’expression, en rappelant que le libre débat, dans le respect, est aussi le meilleur moyen d’agir contre la violence. même parfois de violences à l’encontre des élus locaux, m’oblige une nouvelle fois à réagir, alors que j’ai déjà été amené à aborder ce contexte à au moins deux reprises : d’abord, lors du conseil municipal du 25 février 2022, après le suicide du maire de Rezé dans son Hôtel de Ville, puis lors de celui du 31 mars dernier, à l’occasion de l’attentat qui a ciblé le domicile du maire de Saint-Brévin-les-Pins, Yannick Morez. » Une société de plus en plus à la dérive En effet, « quels que soient les auteurs de ces actes, qu’ils émanent de groupuscules extrémistes qui n’acceptent pas que l’on applique notre droit d’asile inscrit depuis 1946 parmi les principes suprêmes de notre Constitution, d’un administré en colère, ou de toute autre piste suivie par les enquêteurs, ils sont intolérables. Au final, Yannick Morez a démissionné, préférant protéger sa famille.» Franck Louvrier

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