la baule+ 38 // Décembre 2023 Comment voyez-vous la concurrence des platesformes de vidéo à la demande qui habituent les gens à des petits écrans, contrairement aux grands écrans des salles de cinéma ? Il est difficile d’avoir du recul sur les plates-formes, parce qu’elles sont naissantes. Maintenant, elles ont de gros moyens et elles produisent des films. Le Festival de Cannes refuse toujours de les sélectionner, ce qui n’est pas le cas de Venise. Ce que je vois, c’est que c’est du travail pour les acteurs : donc, on ne va pas se plaindre. Mais les télévisions sont devenues énormes aujourd’hui. Gaumont, qui a inventé le cinéma en salle, disait que la prochaine étape serait le cinéma à la maison. Nous y sommes. Le théâtre est toujours là, tout comme la musique, la peinture ou la sculpture. Tout cela ne fait pas de nous des gens essentiels. Nous sommes là pour divertir quand la vie est difficile, ce n’est pas plus important que ça, mais cela fait plaisir. Récemment, on m’a remercié pour « L’Enfer » de Claude Chabrol. C’était une femme qui m’a expliqué qu’elle avait failli se faire tuer par son conjoint. Ensuite, elle a demandé à son mari de voir le film. Selon lui, c’était parce que la fille était trop jolie. C’était Emmanuelle Béart dans le film. Comme si cela avait un rapport avec le fait de la tuer ! Une personne m’a remercié pour un autre film sur l’alcool, en me disant qu’elle avait arrêté de boire après avoir vu ce film. Voilà notre petite influence ! Les gens rentrent dans la salle, ils ont leurs problèmes, on en a tous, certains en ont plus que d’autres, voilà notre petite influence. Quand c’est réussi, pendant une heure trente, vous ne pensez plus à vos soucis, et c’est déjà bien. Vous évoquez Claude Chabrol, il habitait au Croisic… Oui, il était originaire de la Creuse, mais il habitait au Croisic effectivement. Nous sommes allés le voir. C’était un sociologue dans ses films. Vous aimez bien cela… Oui, c’est intéressant de voir les gens, comprendre comment ils sont. J’observe beaucoup. On comprend cela à la qualité de l’échange. Il y a des gens généreux et d’autres qui ne le sont pas. Tout cela vient aussi de l’éducation. On a l’éducation que l’on reçoit et puis celle que l’on se donne. Celle que l’on reçoit, on ne peut pas vraiment la changer, puisque c’est celle que l’on a eue enfant, mais on peut choisir celle que l’on se donne. C’est pour cela que des gens mal élevés peuvent devenir des gens bien et que des gens très bien élevés peuvent devenir des voyous. Enfin, vous suivez de près ce qui se passe au Maroc. Il y a eu le tremblement de terre début septembre et vous souhaitez lancer un appel pour que le tourisme se développe davantage au cours des prochains mois… D’abord, en France, on a une communauté marocaine très importante. Ensuite, la France est le pays qui investit le plus au Maroc. Les plus gros investisseurs étrangers au Maroc sont Français. Il faut que les touristes reviennent en force. C’est avec les devises que l’on va reconstruire ce pays. C’est le message que j’ai envie de lancer, car c’est un pays que l’on aime. Propos recueillis par Yannick Urrien. Rencontre avec François Cluzet au Château des Tourelles : « Nous sommes là pour divertir quand la vie est difficile.» Un lance-amarres, également appelé Touline, est un cordage à l’extrémité duquel est fixé un nœud en forme de boule, ce qui permet d’améliorer la portée et la précision de son lancer. Le Club de Croisière Croisicais souhaite faire du lancer de Touline une discipline sportive. Le Club a même défini deux types de lancer (toujours en usage par les professionnels du monde maritime) pour les prochaines compétitions qu’il organisera : le lancer en longueur, sur le même principe que le lancer du poids ou du javelot, et le lancer de précision, utilisé notamment par les sauveteurs de la SNSM, qui consiste à faire tomber la Pomme de Touline dans le centre d’une bouée couronne positionnée à 10m, puis éloignée de mètre en mètre afin de départager les lanceurs. L’association croisicaise compte déjà deux entraîneurs, Ronan Le Cossec et Gwenolé Coisy, qui travaillent au Port de Nantes - Saint-Nazaire, et d’un organisateur, Stéphane Suzineau. Au-delà des entraînements, Le Club de Croisière Croisicais veut faire du lancer de Touline une discipline sportive le Club de Croisière Croisicais envisage plusieurs rencontres sportives : un premier challenge au Croisic à Pâques, une rencontre à Hoëdic avec l’UMH en mai ou en juin, un défi au Pouliguen avec le Club de pêcheurs et, le 9 juin, le Trophée National, au Croisic, dans le cadre de la fête nautique. Stéphane Suzineau a de grandes ambitions pour la Touline : « Dans cet objectif, nous ferons officiellement homologuer la Touline. En effet, et malgré nos nombreuses recherches, elle ne l’est pas encore. D’ailleurs, les lamaneurs du Port de Nantes Saint-Nazaire en reçoivent de tous les genres, depuis le pont des bateaux qui viennent ici en escale, certaines sont peintes, d’autres en caoutchouc. Bref, aucune norme ! Pour atteindre notre objectif de record, nous testerons plusieurs pommes de Touline, de poids et de diamètres différents. Nous référencerons également le cordage selon le diamètre, le poids et le commettage. Ils seront sélectionnés afin de permettre les plus longs lancers, les plus précis, et les plus spectaculaires pour le grand public. Cet hiver devrait nous permettre de faire les mises au point nécessaires. »
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