La Baule+

la baule+ 36 // Décembre 2023 La Baule+ : Quelle image avez-vous de notre région ? François Cluzet : Ma mère est bretonne, donc j’ai toujours eu la Bretagne au cœur,. Je m’y sens toujours très bien. Maintenant, j’ai rencontré ma femme à Cannes. Elle vient du Maroc comme vous le savez, de Casablanca. Donc, de Casablanca à Cannes, cela va encore. Mais un peu moins de Casablanca à la Bretagne, car le climat est trop changeant. En fait, je plaisante un peu ! En réalité, on a besoin d’être à Paris pour le travail, mais on aime bien le climat méditerranéen avec la lumière et la chaleur. Finalement, on a pu trouver la maison dont on rêvait dans le Sud-est. Mais j’adore venir en Bretagne et quand on me propose de venir à Pornichet, au Château des Tourelles, je sais que c’est toujours très bien. Que faites-vous actuellement ? J’ai terminé la promotion du film « Un métier sérieux » qui est sorti en septembre dernier. Maintenant, je prépare un film que je vais tourner avec Karine Viard. Vous avez toujours eu une image d’intello un peu sérieux. Ce n’est pas celle du gars à qui l’on tape sur l’épaule… Je comprends ce que vous dites. J’ai des amis qui sont comiques et qui passent souvent de mauvais moments, parce qu’ils se font arrêter dans la rue par des gens qui veulent raconter une histoire drôle... J’ai fait beaucoup de films d’auteur aussi. Le comique est toujours très populaire. Pourtant, j’adore la comédie. Je pourrais ne faire que ça, mais les vrais films drôles sont un peu rares. Les films drôles sont-ils plus rares parce qu’il est devenu très difficile de se moquer, alors que par définition la comédie est basée sur la moquerie ? La comédie est vraiment un genre très difficile et les bons auteurs de comédie sont rares. Il est beaucoup plus facile d’écrire un drame qu’une comédie. La comédie, c’est obligatoirement pour faire rire. Dans un drame, vous pouvez beaucoup toucher, un peu, moyennement... Cela fonctionne. En ce moment, la vie n’est pas très drôle, donc il faut vraiment être créatif pour inventer une comédie. En plus, il faut du rythme, des acteurs qui ont le sens du ridicule, alors que par définition les acteurs sont souvent narcissiques. J’aime la comédie, il y a beaucoup d’acteurs qui n’y arrivent pas, peut-être à qui on ne propose pas de rôles drôles : prenez l’exemple d’Olivier Gourmet, qui est un acteur extraordinaire. Il rêve de tourner une comédie, mais on ne lui en propose jamais... On vous identifie aussi pour votre franc-parler… Oui, mais c’est ma nature. J’aime bien être spontané, cela reflète ce que je suis. Je n’aime pas la langue de bois. Je ne suis pas un intellectuel et, lorsque j’ai quelque chose à dire, je le dis. Peu importe que cela plaise ou non. J’ai 68 ans, je ne suis pas en début de carrière, donc que voulez-vous qu’il m’arrive ? Il y a quelques décennies, il y avait plus de tolérance à l’égard des artistes engagés et l’on faisait la différence entre leur discours et leur art. Par exemple, des gens de droite allaient voir des spectacles de Léo Ferré ou de Bernard Lavilliers… Je ne suis pas politisé, je ne suis pas militant. Je suis simplement concerné par des tas de choses qui pourraient très bien ne pas me concerner, mais qui me concernent quand même parce que je suis un humaniste débutant. La maladie des autres me concerne, les enfants malades me concernent, la vie internationale me concerne... Je vis sur une planète et j’aime Cinéma ► Rencontre avec l’acteur au Château des Tourelles à Pornichet François Cluzet : « Je suis un humaniste débutant. » François Cluzet partage sa vie entre Paris et le Sud-est de la France, mais il aime aussi venir régulièrement en Bretagne. C’est au Château des Tourelles que nous l’avons rencontré pour recueillir quelques confidences sur sa vision de son métier, mais pas seulement.

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