La Baule+

la baule + Septembre 2021 // 5 C’est vrai. Cela n’a pas changé, à l’exception de Jean-Marie Le Gall qui a été nommé maire en 1870 par le sous-préfet de l’époque, pendant la Commune de Pa- ris. C’est le maire qui a voulu créer une école de filles dans son bureau. Il s’est battu contre la famille Benoît pour récupérer le sable qu’on avait volé sur les dunes aux Escoublacais… C’était un vrai révolutionnaire ! Tous les autres maires étaient plutôt conservateurs. On reproche beaucoup à Olivier Guichard d’avoir bétonné La Baule, mais on s’aper- çoit que les maires bâ- tisseurs étaient au ren- dez-vous depuis plus d’un siècle… Finale- ment, dans les années 70 et 80, on suivait la tendance nationale… C’est aussi à cette époque qu’il y a eu la transformation du boulevard de mer. Il y a eu cette évolution de l’idée de vacances. On n’était plus en 1936, la situation avait changé, il y avait une autre façon de vivre… Cela cor- respondait effectivement à l’époque d’Olivier Guichard. Ensuite, il y a eu Yves Métaireau et Franck Louvrier. Il est difficile de parler de Franck Louvrier, puisque nous sommes au début de son premier mandat… J’ai fait quelques reproduc- tions de documents, avec l’arrivée des inscriptions en breton, mais je ne peux évi- demment pas dire ce qui va se passer après… Je voulais quand même remarquer que nous sommes au début d’une époque nouvelle, avec le développement du télétra- vail. Ce sera quelque chose de marquant au cours des prochaines années. Aujourd’hui, chaque projet demande plu- sieurs années d’études, de concertation, de précaution, on doit se battre contre des re- cours… Les maires avaient-ils avantage de pouvoir il y a quelques décennies ? Mon ancêtre Pierre Bertho était maire quand Monsieur Benoît lui a demandé que la commune paye une route qui aille du bourg d’Escoublac au Pouliguen, c’est-à-dire avenue de Lattre de Tassigny actuellement. Mais le maire a dit que ce n’était pas pos- sible, parce qu’il n’y avait pas une seule maison, il n’y avait rien… Monsieur Benoît s’est plaint auprès du préfet, qui a demandé à Pierre Bertho de démissionner… Monsieur Benoît a été ensuite nom- mé maire par le sous-préfet, mais il a refusé… Le pou- voir du préfet était très fort, puisque c’était lui qui faisait et défaisait les maires. On constate qu’au fil des décennies, les sujets de conversation sont assez similaires : les relations avec Pornichet et les rapports avec Le Pou- liguen… 1900 a été une année ter- rible pour Escoublac, puisque c’était l’année de la séparation avec Pornichet. Le nouveau maire, Édouard Trabaud, a tout fait pour empêcher cette séparation, mais il n’a pas pu le faire. À l’opposé, il y avait de nom- breux ennuis autour du passage du Pouliguen, car, à la place du pont, il y avait des bateaux qui faisaient le passage, et il y avait des pro- blèmes avec le bourg d’Es- coublac qui commandait l’étier du Pouliguen. Effec- tivement, ce sont toujours ces mêmes petits problèmes de relations qui font que l’on s’envie les uns les autres, on joue entre les populations... Et puis, il n’y avait pas l’in- fluence de la masse pour venir les contredire. Les gens ne savaient pas s’unir, ils étaient plutôt individua- listes. Donc, il y avait moins de rassemblements et de manifestations. Il ressort aussi que les grandes périodes de La Baule se situent après les guerres mondiales… La commune a bénéficié de deux hommes absolument géniaux, François André et Louis Lajarrige, qui n’étaient d’ailleurs pas maires à l’époque. Mais Monsieur An- dré voulait faire fructifier La Baule du côté du casino et Monsieur Lajarrige voulait faire fructifier La Baule du côté de La Baule-les-Pins… Quand Monsieur André in- vitait les Miss Monde, Mon- sieur Lajarrige invitait les Reines de Paris… Quand Monsieur André faisait une chapelle, Monsieur Lajarrige faisait une chapelle… Quand Monsieur André faisait un tennis, Monsieur Lajarrige faisait un tennis… J’ai connu Monsieur Lajarrige quand j’étais adolescent, dans les années 60, et il était tou- jours dans une rivalité avec le quartier du casino. C’était dans son ADN. Enfin, que retenez-vous de l’évolution de La Baule sous Yves Métai- reau ? J’ai été adjoint au maire d’Escoublac et je suis fier d’avoir transformé l’an- cienne mairie et l’ancienne école. Je suis aussi très fier d’avoir créé un comité consultatif, qui était compo- sé de seize personnes, huit hommes et huit femmes. Sur la parité, j’étais l’un des premiers… Je suis gêné pour parler de Monsieur Métai- reau, puisque j’ai toujours été en phase avec lui. Il a vraiment contribué au chan- gement du quartier d’Escou- blac. Propos recueillis par Yannick Urrien.

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