La Baule+
la baule + 4 // Septembre 2021 La Baule + : Vous pré- sentez chaque maire pendant quelques pages, en leur attri- buant à peu près le même espace, alors que vous auriez pu consa- crer des chapitres plus longs à certains élus qui ont vraiment changé le destin de La Baule. Pour quelles raisons avez- vous choisi de rester sur un ordre chronologique et égalitaire ? Bernard Bertho : Vous avez remarqué cela, c’est exact. Ce n’est pas la lon- gueur qui fait la qualité et j’ai été gêné parce qu’il y a aussi des maires qui ont été élus quatre fois, c’est-à- dire pendant vingt-cinq ans, alors que d’autres maires ont été élus moins long- temps, tandis qu’un maire a été en fonction pendant seulement trois ans... Mais ils ont tous fait des choses importantes. Alors, j’ai fait le choix de l’équilibre. Vous ne vous attardez pas toujours sur les grands projets… Ce qui intéresse les gens, ce n’est pas forcément que tel ou tel maire ait dépen- sé tant d’argent pour faire telle ou telle chose, mais les événements qui se sont pro- duits. Je me suis aperçu que les maires qui touchaient les gens étaient souvent ceux qui avaient laissé une anecdote ou un bel événe- ment. Pour faire ce travail, j’ai regardé les conseils municipaux, mais surtout les comptes rendus publiés dans la presse, pour savoir ce que la presse retenait de chacun de ces maires. On sent que certains maires ont été vraiment imprégnés d’une envie de faire quelque chose et que d’autres étaient là parce qu’ils étaient là… La gestion des maires est souvent en corréla- tion avec l’évolution de l’époque et la ville évo- lue différemment aumo- ment d’une croissance économique, comme les Années folles, que dans une période de crise… Effectivement, c’est très lié à l’histoire. Le premier maire était le vicaire d’Escoublac. Pour être élu en 1790, il fal- lait payer un impôt représen- tant trois journées de travail. 40 électeurs d’Escoublac ont élu directement le maire. Cela s’est produit une autre fois avec son successeur Ju- lien Texier. Mais, après, le maire n’a plus été élu direc- tement. Il a toujours été élu indirectement par le conseil municipal, ou nommé par le sous-préfet. À partir de Na- poléon Ier, ce sont les préfets qui ont nommé les maires. J’ai trouvé un paral- lèle entre Jean-Fran- çois Sohier, élu en 1884, et Franck Louvrier, puisque vous écrivez que c’est à cette époque que la société rurale escou- blacaise fait connais- sance des us et cou- tumes de la population des villes qui s’implante dans les quartiers nais- sants de La Baule. Nous vivons finalement la même chose en ce mo- ment, car vous notez que Franck Louvrier accom- pagne cette installation importante de citadins à La Baule… J’ai essayé de trouver un point original dans chaque portrait et il se trouve que l’arrivée de Franck Louvrier marque le départ de quelque chose de complètement nou- veau, avec le télétravail : par exemple, des bureaux qui se créent au premier étage de la gare SNCF. C’est une trans- formation dans la vie des gens et de la commune. Évoquons le nom de certains maires impor- tants : Louis Lajarrige… Évidemment, Monsieur Lajarrige a le droit à plusieurs pages. Il a longtemps travail- lé pour la commune avant d’être maire et la majeure partie de son œuvre s’est faite hors de son mandat électo- ral, puisqu’il a commencé à s’implanter dans le quartier de La Baule-les-Pins en 1920. Il a transformé les dunes en habitations parce que tout ce qui avait été fait auparavant était le long de la mer, mais c’était une vraie gageure que d’imaginer créer des mai- sons sur les dunes. Son tour de force a été de déménager la voie ferrée qui était le long de la mer, pour créer tout un nouvel espace permettant de construire des maisons. Il avait bien compris que la voie ferrée le long de la mer cou- pait quelque chose. Il a eu une destinée par- ticulière car il était or- phelin à 9 ans… Il était orphelin. Né à Saint-Nazaire, il a été à Paris suivre des cours du soir. Il a passé ses diplômes à l’école des Arts et métiers. Il a fait du syndicalisme. Il a été élu député et il a été le premier à poser l’idée des congés payés à l’Assemblée nationale. Il a aussi eu l’idée de créer des colonies de vacances dans la région. En 1935, il a été élu maire et il a démissionné 4 ans plus tard, au début de la guerre, parce qu’il ne voulait pas cautionner le maréchal Pétain. Il y a aussi une grande stabilité idéologique à La Baule… Histoire ► L’écrivain baulois raconte l’histoire des maires de La Baule depuis 1790 Bernard Bertho : « Le développement du télétravail sera quelque chose de marquant au cours des prochaines années. » L ’écrivain Bernard Bertho ra- conte l’histoire des maires de La Baule depuis 1790 et il est bien placé pour nous faire remon- ter le temps… En effet, il descend d’une famille qui a marqué l’his- toire de La Baule : « Deux de mes aïeux en ligne directe, Jacques Ber- tho et Olivier Berthaud, ont voté en 1790 à la première élection munici- pale. Pierre Berthaud, mon arrière- arrière-grand-père, fut maire de 1848 à 1852. Jacques Bertho, mon arrière-grand-père, fut conseiller municipal de 1884 à 1891. Jacques- Émile Bertho, mon père, conseiller municipal et secrétaire de Louis Lajarrige de 1935 à 1940. Moi- même, maire adjoint d’Orvault de 1971 à 1977 et maire-adjoint de La Baule – Escoublac de 1985 à 2001». Bernard Bertho nous présente son dernier livre sur l’évolution de la commune à travers ses maires. « 1790 – 2021. Les maires de la commune de Saint-Pierre d’Es- coublac à La Baule – Escoublac » de Bernard Bertho est publié aux éditions Collection patrimoine de La Baule.
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