La Baule+
la baule + 14 // Septembre 2021 La Baule + : Vous di- rigez le Centre Saint- Paul qui offre un service cultuel et culturel chré- tien. Pouvez-vous nous présenter les objectifs du centre, qui est indé- pendant, puisque vous ne dépendez pas d’une paroisse, mais directe- ment du Vatican… Abbé Guillaume de Tanoüarn : Le Centre Saint-Paul dépend de l’évêque de Paris, mais il est indépendant au sens où, comme centre culturel, il ne rentre pas dans les cases du droit canonique. Le droit ca- non n’avait pas imaginé la création d’un centre culturel chrétien, parce que la culture occidentale a toujours été chrétienne... C’est la gravité de la crise que nous traver- sons aujourd’hui qui fait que nous devons réhabiliter une forme de culture chrétienne. Alors, de quoi s’agit-il quand on parle de culture chré- tienne ? Je reviens d’Italie, de Flo- rence, et l’on mesure com- bien la culture de la Re- naissance est une culture Société ► Le prêtre, philosophe et théologien commente l’actualité de cette rentrée Abbé Guillaume de Tanoüarn : « La culture chrétienne est d’abord une culture féminine. » L ’Abbé Guillaume de Tanoüarn est une figure importante du catholicisme traditionaliste. Il est cofondateur de l’Institut du Bon-Pasteur, directeur du Centre Saint-Paul et rédacteur en chef d’Objections et de Monde & Vie. Ce théologien et philosophe, issu de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, a rejoint la pleine communion avec Rome en 2006 et il a cofondé l’Institut du Bon-Pasteur avec le soutien du pape Benoît XVI. Il est l’auteur de plus d’une dizaine d’ou- vrages, dont récemment « Le prix de la fraternité » (Éditions Tallan- dier – 2018). L’Abbé Guillaume de Tanoüarn est aussi un enfant de la presqu’île, puisqu’il partage sa vie entre Paris et sa maison familiale de Quimiac. Dans l’entretien qu’il nous a accor- dé, il commente l’actualité de cette rentrée, notamment la situation en Afghanistan, l’assassinat du père Olivier Maire ; mais aussi la vacci- nation et le pass sanitaire. profondément chrétienne et combien cela a des consé- quences concrètes. Quand on visite le Musée des Of- fices, il y a des salles et des salles où l’on voit le thème de la mère avec le bébé : c’est évidemment Marie et l’Enfant Jésus dans les bras. La culture chrétienne est d’abord une culture fémi- nine. C’est la beauté de l’art florentin que d’avoir donné à la femme un visage inou- bliable, celui de la Vierge Marie, mais aussi celui de toute femme qui reçoit la li- berté chrétienne en héritage. Vous évoquez la femme, mais on pourrait aussi citer l’écoute et le res- pect. Pourtant, lorsque l’on parle de la civilisa- tion chrétienne, beau- coup de gens associent cela à la société occi- dentale consumériste, en opposition aux tali- bans par exemple… L’actualité porte à regarder du côté des talibans, qui se disent aujourd’hui extrême- ment respectueux de l’ordre et qui se défendent d’exercer quelque forme de représailles que ce soit. Mais les talibans ont une autre culture ! Il est clair que la femme est pour le taliban moyen un être in- férieur et le Coran, écriture du VIIe siècle, codifie tous les rapports humains. Or il fait cela d’une manière qui est complètement dépassée: par exemple, il faut deux té- moins femmes pour un té- moin homme. On est dans une vision de la femme qui n’est pas la vision chrétienne. La vision chrétienne exalte la femme, la mère et la Vierge Marie. Le rôle de la Vierge Marie dans l’histoire du sa- lut est très important. Les protestants ont essayé de le diminuer, mais Marie est vraiment celle par laquelle le salut est arrivé à l’humani- té. On dit que nous sommes sauvés par Jésus-Christ, mais il n’y aurait pas eu Jé- sus-Christ s’il n’y avait pas eu la Vierge Marie. Le rôle de Marie est capital. C’est un rôle de liberté. C’est Marie qui dit oui librement à l’ange Gabriel. C’est une image que l’art italien du XVIe siècle porte très haut, mais je pense aussi à Fra Angelico et à ses peintures sur l’Annonciation au XIVe siècle. Il y a une image de la femme qui est re- marquable. Lorsque l’on écoute les discours de la cancel culture ou de la culture woke, c’est aussi ce que disent les écologistes, la civilisation chrétienne est présentée comme machiste et imposant la domination de l’homme sur la femme… C’est plus compliqué. Dans la culture woke, Judith But- ler explique qu’il faut défaire le genre et que le genre fé- minin est soumis au mascu- lin, ce qui est une absurdité. Cette nouvelle culture fémi- niste enseigne aux femmes à considérer la féminité comme non nécessaire. C’est donc beaucoup plus pervers. Dans l’actualité, la France a été boulever- sée par l’assassinat du père Olivier Maire. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un attentat islamiste,
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