La Baule+

correct ! Est-ce que les gens qui lui rendent hommage se rendent compte qu’il véhi- cule tout ce qu’ils conspuent aujourd’hui ? Certes, il y a beaucoup d’humour, du se- cond degré. Néanmoins, il y a une virilité triomphante, ce que l’on qualifie aujourd’hui de drague lourde. Il y a des femmes très féminines et ra- vissantes qui usent de toutes leurs grâces pour séduire... Il y a tous les ingrédients dé- testés aujourd’hui par notre société. Je dirais même que la personne de Jean-Paul Belmondo, qui était très at- taché à la figure de son père, est l’emblème d’une France des années Pompidou, très décriée aujourd’hui. On se demande comment cet homme peut être encore porté aux nues aujourd’hui. Tant mieux, mais c’est vrai qu’il y a une forme de déca- lage entre l’hommage qui lui est fait et ce qu’il représente en réalité. Certaines fémi- nistes ont noté cela et, d’une certaine façon, elles n’ont pas tort. Propos recueillis par Yannick Urrien. la baule + Octobre 2021 // 13 les transgenres dans les compétitions sportives et, évidemment si vous mettez sur la même ligne de dé- part une femme et un trans- genre, vous devinez à peu près qui va arriver en pre- mier... Parce que, si l’égali- té entre hommes et femme se conçoit totalement sur le plan intellectuel, on conçoit très bien que c’est un peu différent sur le plan sportif... C’est aussi pour cela qu’au- jourd’hui encore il y a des barèmes sportifs différents. On est dans une hypocrisie absolue, une schizophré- nie complète. D’ailleurs, la championne de tennis Mar- tina Navratilova a relevé cela en disant que c’était une entourloupe et que c’était le patriarcat qui revenait par la fenêtre. Mais les féministes ne voient absolument au- cun problème à cela, parce qu’il faut adhérer à toute la feuille de route LGBT. Donc, la femme est invisibilisée et, si elle est laissée de côté, peu importe, cela n’intéresse pas les féministes. On pourrait détricoter cela à l’infini et je pourrais sortir un tome II de mon livre, parce que nous sommes pris dans une course effrénée. Les féministes considèrent que c’est le même combat entre le féminisme et l’idéologie décoloniale Je devine que dans ce tome II d’« Adieu Si- mone ! » vous feriez quelques passerelles avec l’idéologie décolo- niale, puisque les fémi- nistes plongent main- tenant dans la même piscine… On ne voit pas bien où est le rapport, mais on nous parle de convergence des luttes, parce qu’il faut bien trou- ver une cohérence. Alors, on nous dit que les racisés - comme on dit maintenant - ont été opprimés comme les femmes, donc c’est le même combat. Là aussi, on retrouve un fil avec Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Toute la philosophie de gauche d’aujourd’hui, c’est un peu des notes de bas de page des œuvres com- plètes de Jean-Paul Sartre… À l’époque, Simone de Beau- voir avait calqué la lutte des sexes sur la lutte des classes. Elle explique très bien cela dans son livre « Le deuxième sexe » et, comme aujourd’hui la lutte des classes a glissé vers la lutte des races, les féministes considèrent que c’est le même combat entre le féminisme et l’idéologie décoloniale, sans se rendre compte des contradictions internes formidables, comme celles que j’évoquais à propos de l’Afghanistan. Mais il est impossible de contrevenir à cette pensée sur ce sujet. L’année dernière, Assa Trao- ré, dans les colonnes de Paris Match, expliquait que son père était polygame et que c’était une formidable aven- ture familiale ! Elle parle bien de la polygamie ! À côté, elle est invitée dans des confé- rences féministes, on la fait intervenir dans des colloques et cette apologie de la poly- gamie ne heurte personne. Mais ce n’est pas grave, on n’est pas à une contradiction près. On pourrait citer mille exemples de ce type ! C’est amusant que vous citiez Assa Traoré qui déclare être fière que son père ait multiplié les conquêtes féminines et les féministes ap- plaudissent, mais si la fille d’Aldo Maccione, par exemple, avait dit la même chose au sujet de son père, en se mon- trant fière de son atti- tude macho au cinéma, vous imaginez le tollé… Évidemment ! Il est inter- dit de relever ce genre de contradiction, ce que vous dites est presque suspect, il ne faut pas oser la compa- raison... Donc, on voit bien que la femme est la tragique victime d’une vaste masca- rade féministe. J’aimerais que l’on ouvre les yeux sur ce sujet. La personne de Jean-Paul Belmondo est l’emblème d’une France des années Pompidou, très décriée aujourd’hui Enfin, toujours dans l’actualité, on a vu des messages critiques de personnalités fémi- nistes connues dans les médias, contester l’hommage à Jean-Paul Belmondo en rappelant que c’était un person- nage plutôt dragueur et très masculin… C’est vrai, quand j’ai revu Le Magnifique le soir du dé- cès de Belmondo, avec des yeux de 2021, je me suis dit que ce film ne coche aucune des cases du politiquement

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