La Baule+

la baule + 4 // Novembre 2021 Impôts ► L’économiste estime que l’assurance vie et le logement sont dans le viseur du gouvernement Olivier Delamarche : « Beaucoup de gens conti- nuent de réfléchir avec le même logiciel qu’avant, sans s’apercevoir que les données changent et que l’environnement change. » I l y a quelques années, on le présen- tait comme l’économiste préféré des Français, mais il a été écarté de la chaîne BFM en raison de son discours sans langue de bois. Depuis, il continue fort heureusement de se faire entendre sur d’autres médias. Olivier Delamarche a été membre de la Société française des analystes financiers (SFAF) et l’un des fondateurs de Platinium Gestion. La Baule + : Dans vos in- terventions, depuis plu- sieurs années, vous ar- rivez à anticiper ce qui va se passer, mais il est difficile d’analyser la ré - action des pouvoirs pu- blics et les conséquences ne sont pas les mêmes. Si vous annoncez qu’une plaque de verre suspen- due au plafond va tom- ber au premier coup de vent et s’écraser, elle cède effectivement au premier courant d’air, mais il y a toujours quelqu’un qui vient tendre une bâche pour éviter qu’elle n’éclate au sol…C’est ce qui se passe depuis plusieurs années. On frôle une grave crise économique, mais il y a un gouvernement pour sortir la planche à bil- lets et donner l’illusion que tout va bien… Olivier Delamarche : C’est vrai, on ne maîtrise pas le temps. On n’a pas de boule de cristal. On sait que la plaque de verre est de plus en plus branlante et qu’elle va se décrocher mais, pendant ce temps, les choses empirent. Ce n’est pas un scénario avec un sauveur qui arrive au der- nier moment pour empêcher la plaque de tomber. Vous avez simplement des gens qui, avec la planche à billets, retardent la chute du plafond de verre, mais dégradent en- core un peu plus la situation. Donc, quand vous prendrez la plaque de verre sur la tête, ce sera encore plus violent ! Ce n’est pas du tout neutre. J’aurais préféré que les choses aillent beaucoup plus vite, car, le jour où ça va tom- ber, ça va faire mal. Mainte- nant, on est en train de char- ger la barque et, quand vous la prendrez sur la tête, vous la prendrez avec dix fois plus de force qu’en 2009 ou 2010. Je me suis trompé en 2012 : je n’ai pas vu le coup venir, parce que j’étais persuadé, dans ma grande naïveté, que les banques centrales et les gouvernements n’iraient pas aller contre l’intérêt de l’économie réelle pour sau- ver les banques. J’ai pensé qu’ils étaient quand même conscients que ce qu’ils fai- saient aller aggraver le pro- blème pour l’économie réelle. Ce n’est pas le règne de l’in- telligence, c’est le règne de la bêtise. On savait que l’on allait dans une direction sans retour possible et que cela al- lait être terrible. C’est ce qui est en train de se passer. Qui aurait imaginé que l’Australie allait devenir une dictature policière en quelques mois ? Aujourd’hui, la crise de la Covid est un prétexte pour faire passer toutes les bêtises d’avant et nous supprimer nos libertés. On se prépare à des lendemains qui vont déchanter de façon épouvan- table. Cela fait des années que l’on entend dire que tout cela est la conséquence du capitalisme et du néolibéra- lisme, mais c’est un tissu de bêtises parce que toute notre politique économique, c’est du socialisme le plus pur ! On est en train de soviétiser l’économie. Vous recevez votre chèque de salaire par la Banque centrale, c’est la même chose dans tous les pays, y compris aux États- Unis. On est en train de ra- cheter les moyens de produc- tion, on endette toutes les entreprises car, quand vous êtes surendetté, vous appar- tenez à celui qui vous a prêté de l’argent. C’est le principe de la mafia. Et les gouver- nements fonctionnent de la même façon. Aux États-Unis comme en Europe, on est dans des systèmes mafieux. On commence par vous faire peur, on vous terrorise, on vous enferme chez vous, on vous empêche de travailler... Et on vous pique le résultat de votre travail dès que vous travaillez. Parallèlement, on vous endette jusqu’à plus soif, car si vous ne pouvez plus payer, on reprend la société en question. On est dans un système de contrôle et, dans les mois à venir, ils vont faire disparaître le cash pour encore plus vous fliquer et il y aura des fichiers avec exactement ce que vous dé- pensez partout. Cela va être de pire en pire. Évidemment, ces fichiers seront revendus à des assureurs et l’on vous dira que l’on ne peut pas vous assurer compte tenu de ce que vous mangez, parce que vous fumez, ou parce que vous n’êtes pas vacciné pour votre dix-huitième rappel ! On est dans une logique pire que l’URSS. C’est une société qui se dirige vers le modèle chinois, avec un crédit social car, si vous n’êtes pas sage, vous n’aurez pas le droit de voyager ou de travailler. Qui aurait imaginé que l’Austra- lie allait devenir une dicta- ture policière en quelques mois ? Ce qui se passe là-bas est délirant, car ils sont arri- vés à verrouiller complète- ment ce pays... La disparition du cash ne peut-elle pas être bloquée par la culture allemande, puisqu’en Allemagne vous pouvez acheter une Mercedes avec une valise de billets ? En Suisse, c’est la même chose et vous avez des pays qui résisteront. Monsieur Macron a donné l’autorisa- tion de payer les pourboires par carte bancaire et ils se- ront défiscalisés. Cela veut dire que, petit à petit, on fait en sorte qu’il n’y ait plus de liquide et, dans quelques mois, on vous expliquera que vous pouvez propager des virus en touchant des pièces et des billets… Ils veulent supprimer cela, parce que c’est le dernier espace d’inti- mité que vous pouvez avoir: c’est-à-dire payer quelque chose en toute discrétion. On va aussi vous expliquer que c’est lié au terrorisme. Acheter un couteau, ce n’est pas très cher... Donc, on se moque du monde ! C’est une certitude, ils vont taxer l’assurance-vie et l’immobilier Beaucoup de gens se ruent vers l’immobilier en estimant que cela reste une valeur sûre, alors que l’État conti- nue d’augmenter les taxes foncières… Ce n’est que le début ! Beau- coup de gens continuent de réfléchir avec le même logiciel qu’avant, sans s’apercevoir que les don- nées changent et que l’envi- ronnement change. Donc, ils continuent de réfléchir avec le même logiciel qu’il y a trente ans. Vous pour- riez continuer de réfléchir avec le même logiciel si ce n’était qu’une crise, c’est-à- dire avec l’espoir de revenir au modèle d’avant : c’est le principe de la crise. Or, là, on est vraiment dans un chan- gement de modèle de société, un changement de modèle économique et environne- mental. Et la caractéristique du changement de modèle, c’est que vous ne savez pas sur quoi vous allez atterrir et vous ne reviendrez pas à l’état initial. Cela veut dire qu’il faut changer le logiciel parce que, si vous continuez avec le logiciel d’avant, vous allez vous planter. C’est le problème de l’immobilier. On a toujours le réflexe de nos parents en se disant que l’on va faire une culbute en ache- tant aujourd’hui, quoi qu’il arrive, peu importe le prix, mais c’est faux. Vous avez un certain nombre de choses qui ont changé. D’abord, il y a les impôts. En France, il y a deux endroits où il y a de l’argent : il y a l’épargne des ménages, qui est constituée en grande partie par de l’assurance-vie, et l’immobilier. Monsieur Macron a demandé un rap- port à Monsieur Tirole et à

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