La Baule+
la baule + Novembre 2021 // 13 mune, et toutes les autres col- lectivités n’ont pas la même force. Si l’on était dans un État fédéral, je ne dirais pas cela, mais ce n’est pas le cas. C’est pour cette raison que le couple entre le maire et le préfet fonctionne toujours très bien, lorsque le préfet a des marges de manœuvre, parce qu’il y a aussi la décon- centration de l’État qui est en cause. Je n’entends pas tout à fait cela dans la bouche des dirigeants nationaux, à l’ex- ception de Jacqueline Gou- rault, ministre de la Cohésion des territoires et des Rela- tions avec les collectivités territoriales, et je ne suis pas certain que le président de la République ait véritablement compris culturellement cela. C’est ce qui m’ennuie car, en ne le comprenant pas, il n’arrivera pas à l’imposer à une administration qui est toujours sûre d’elle-même et qui toujours sûre de détenir seule la capacité d’incarner l’intérêt général. Il y a des pays où cette notion de fonds de commerce n’existe pas Quelle est votre réflexion sur les différents pro - blèmes d’actualité comme le développement de la fibre optique, la perte des commerces ou la déserti- ficationmédicale ? Je pense que sur la question des zones blanches et de la fibre optique, cela va se ré- gler assez rapidement. On est sur des choses concrètes et je ne suis pas trop inquiet. La question des commerces et des médecins m’inquiète davantage. Pour les com- merces, j’ai créé l’associa- tion Centre-ville en mouve- ment en 2005, avec d’autres maires, avec l’idée qu’il fallait sensibiliser les maires pour une approche globale des questions liées au centre- ville, donc pas simplement les commerces, mais aussi le logement et l’aménagement urbain. Aujourd’hui, c’est une grosse association avec plus de 1000 collectivités ad- hérentes et nos propositions sont prises en considéra- tion par les gouvernements successifs. D’ailleurs, nous avons inspiré différentes ac- tions, comme Action cœur de ville, pour avoir une ap- proche globale du centre- ville. Ce n’est pas gagné, mais la prise de conscience est vraiment réelle chez les maires, comme chez les dé- cideurs économiques. Après, nous devons régler énormé- ment de sujets, comme la question des baux commer- ciaux, qui n’est plus du tout adaptée, et il y a des pays où cette notion de fonds de com- merce n’existe pas. Quand le commerçant s’en va, le fonds de commerce lui permet de constituer sa retraite, mais c’est aussi parce que sa re- traite n’est pas suffisante. Il faut mener une réflexion là-dessus, car le nombre de fonds de commerce qui ne trouvent pas de repreneurs augmente considérablement depuis quelques mois. Ce n’est pas simplement dû à l’implantation des centres commerciaux à l’extérieur des communes, il y a aussi le fait que certains métiers n’at- tirent plus, comme la bou- cherie ou la boulangerie. Il n’y a plus qu’une seule école de charcuterie en France, c’est un peu comme pour la restauration qui ne trouve plus de personnel. Ce sont des métiers qui présentent des contraintes de temps et qui ne sont plus suffisam- ment rémunérés. C’est un message que vous pouvez faire pas- ser à l’État… C’est pour cette raison que j’estime qu’une association comme l’AMF doit être au cœur de tout cela. On doit parler aux syndicats de mé- decins pour savoir quelles sont les raisons de cette si- tuation. On a aussi une forme de responsabilité générale sur le bon fonctionnement de nos territoires et sur l’apport des services à la population. J’avais dit que je serais can- didat si François Baroin ne se représentait pas. Il a mon- té son affaire dans son coin avec un groupe de LR. Ils ont annoncé cela de but en blanc, ce n’étaient pas des choses à faire. Donc, j’ai été amené à contester cela en vertu des sept années de secrétariat gé- néral que j’ai passées à l’AMF et du travail que j’ai fait pen- dant treize ans avec Jacques Pélissard. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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