La Baule+

Mars 2021 // 13 Vous nous recomman- dez d’écouter notre corps lorsque nous res- sentons une douleur, une envie de légumes ou une envie de sucre… Notre corps nous envoie- t-il ces signaux en temps utile ? Ou, quand on les reçoit, est-il déjà trop tard ? Les signaux, on les voit sou- vent un peu trop tard… Au- jourd’hui, il y a plus de filles que de garçons qui fument, alors qu’elles n’ont pas la ca- pacité respiratoire des gar- çons. Une fille qui fume un paquet par jour, c’est comme un homme qui en fume deux et cela veut dire que nous commençons à avoir de plus en plus de cancers du pou- mon chez des jeunes femmes et à des stades plus avancés que chez les hommes, parce qu’elles fument autant et elles abîment plus rapide- ment leurs bronches. Si nous apprenons au grand public à repérer ces signaux, on peut vraiment l’aider. Je connais pratiquement tous les cen- tres anticancéreux en France, on continue d’en construire, nous n’avons pas suffisam- ment d’infirmières et de chi- rurgiens. C’est un problème car en 2021, on devrait fer- mer les centres anticancé- reux, il ne devrait plus y avoir de cancer ! Je fais souvent la comparaison avec la tuber- culose. On a créé les sanato- riums en 1870 sous Napo- léon III et on les a fermés en 1970 parce qu’il n’y avait plus de tuberculose. Le général de Gaulle a créé les centres an- ticancéreux en 1945 et j’es- père qu’on pourra les fermer en 2045. Malheureusement, vu la façon dont nous conti- nuons à nous comporter, il faudra les doubler… Puisque nous sommes dans une dictature sanitaire, pourquoi ne pas interdire le tabac du jour au lendemain ? Que pensez-vous des propos d’Emmanuel Ma- cron, qui souhaite que les nouvelles généra- tions soient totalement non-fumeuses ? C’est bien, mais quelle infor- mation font-ils passer pour cela ? On nous met des pho- tos de cancer du poumon sur les paquets de cigarettes, on augmente le prix du paquet... Puisque nous sommes dans une dictature sanitaire, pour- quoi ne pas interdire le tabac du jour au lendemain ? On va me parler de liberté, mais en ce moment nous sommes bien dans une forme de dic- tature… Je ne vais pas utiliser l’argument de la liberté, mais celui de la drogue… Tout à fait, mais la première drogue, le premier ennemi de notre santé, c’est le sucre ! Le sucre va vous donner du dia- bète, abîmer vos reins, et vous vous retrouverez avec une canne blanche parce que vous perdrez la vue. Il ne faut absolument pas sucrer. Un bon café ne doit pas être su- cré ! Vous mentionnez égale- ment la question de l’obésité : à partir de quel niveau doit-on s’in- quiéter ? D’abord, il y a une différence entre l’homme et la femme. Pour un homme, le poids idéal est le nombre de centi- mètres au-dessus d’un mètre : je mesure 1,78 m, je devrais donc peser idéalement 78 kg. Soyons sympathiques, on peut être à plus ou moins 2… Pour les dames, ce n’est pas la même chose, c’est le nom- bre de centimètres au-dessus du mètre, moins 5 à 10. Quand une dame arrive à la ménopause, c’est le poids idéal. Une dame m’appelle parce qu’elle a le cancer du pancréas : je regarde son dossier en détail, j’observe qu’elle est sur le chemin, elle a 15 kg de trop et je lui donne quelques conseils, comme supprimer le pain blanc, sup- primer les produits laitiers, supprimer les sodas, de temps en temps un petit bal- lon de vin, mais pas plus… Il faut supprimer tous les pro- duits gras, sauf l’huile d’olive, mais sans la faire cuire. Je suis sûr que cette femme, par l’angoisse qu’elle a reçue, va changer son comportement. Vous expliquez bien que c’est la graisse qui ré- duit nos défenses immu- nitaires… La graisse que nous avons provoque une sorte d’alimen- tation inflammatoire qui est cancérigène. Pour les dames, il y a les glandes mammaires, c’est un véritable fléau social. Et pour les hommes, c’est le cancer de la prostate. Le point clé, c’est la sagesse, la philosophie et la spiritualité Nous avons tous connu des gens qui ont fait la fête en buvant et en fu- mant, et qui ont vécu jusqu’à 90 ans, mais aussi d'autres qui pre- naient grand soin de leur corps et qui avaient un pépin à 60 ans… Notre humeur, notre joie de vivre, ont-elles une influence ? Je dis souvent que je suis joyeux 24 heures sur 24 ! Il y a un besoin d’être heureux pour notre psychisme et je prépare d’ailleurs un livre sur le cerveau. Il faut compren- dre comment gérer nos émo- tions et comment décider. Nous connaissons mal le cer- veau émotionnel. Le point clé, c’est la sagesse, la philo- sophie et la spiritualité. Ce qui expliquerait pourquoi nos bons vieux curés sont bien portants à 85 ans... Exactement. Un philosophe qui s’occupait des soldats de Barkhane m’a dit que ceux qui gèrent le mieux leur stress sont ceux qui ont une spiritualité élevée, notam- ment les bouddhistes et les chrétiens. Leur engagement a un sens. Ils savent qu’ils risquent la mort, mais ils ont une source de spiritualité qui les aide à mieux vivre des événements extrêmement lourds. Propos recueillis par Yannick Urrien.

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