La Baule+

Mars 2021 // 11 La dangerosité amène une perception du public beau- coup plus forte, car nous sa- vons tous qu’Ebola c’est la mort immédiate. Finalement, la Covid ne fait pas aussi peur qu’Ebola. Pour combattre Ebola, on mettait les tenues qui ont été utilisées en Chine au début de l’épidémie. Je pense que l’Occident n’a pas fait suffisamment preuve de prudence sur ce sujet. Il suffit de reprendre les déclarations de janvier et février 2020 : moi-même, je comparais les nombres de morts avec ceux de la grippe... Mais mainte- nant, on observe que cela dure, que la contagiosité est importante et que le virus cible certains types de popu- lations. Je pense que les pro- fessionnels de la santé et les experts scientifiques devront réfléchir sur la façon dont ils ont inculqué la notion de risque, c’est-à-dire la notion de responsabilité individuelle et de responsabilité collective dans des situations de cette nature. Et je pense que la res- ponsabilité collective n’est pas suffisamment présente. Il suffisait de voir en France la réticence à la vaccination en décembre 2020, alors que la vaccination est une manière de se protéger car, en don- nant une couverture maxi- male à l’échelle d’une popu- lation, on protège aussi les autres. Cette notion est peu présente, parce que la dange- rosité du virus n’est pas ap- parue à ce point dramatique. C’est ce qui explique d’ail- leurs de nombreuses réac- tions que l’on entend sur la question du vaccin. J’ai découvert des gens qui étaient experts en Covid... N’est-ce pas aussi la conséquence de la décré- dibilisation de la parole publique, car ce phéno- mène est propre à la France ? Je ne sais pas si dans les autres pays les médias ont fait appel à autant d’experts... Pour connaître un peu ce monde, j’ai découvert des gens qui étaient experts en Covid... Je me garde de me présenter comme experte. Je peux apporter une petite contribution sur les aspects d’organisation, je peux poser les bonnes questions, mais je n’ai pas obligatoirement les réponses. J’ai applaudi la dé- cision du président de la Ré- publique, qui a décidé de ne pas reconfiner. A-t-il eu rai- son ? Sur le fond, l’avenir va le dire. Sur la forme, il a eu raison de redonner la pri- mauté au politique, tout comme le ministre de la Santé, quand il a décidé de maintenir le délai entre les deux doses du vaccin de Pfi- zer et de ne pas l’étendre à six semaines, contrairement à ce que proposait la Haute auto- rité de santé. Dans un certain nombre de pays, un expert a porté la parole. Cela a été le cas aux États-Unis, en Alle- magne et en Angleterre, et cet expert était connu de la po- pulation et incontestable. Cela n’a pas été le cas en France. En France, on a un peu galvaudé la parole de l’expert, en l’occurrence le di- recteur général de la Santé, qui n’apparaissait finalement pas comme un expert, mais comme le directeur général d’une administration, avec la crainte d’une parole télégui- dée politiquement et pas scientifiquement, alors que d’autres pays ont joué la carte de la parole scientifique im- parable. La parole scienti- fique doit être suffisamment fréquente pour être trans- parente et explicative, mais aussi suffisamment rare pour qu’elle ne soit pas galvaudée. Enfin, pourquoi avez- vous accepté de présider le Comité de veille et d’information sanitaire de La Baule ? D’abord, parce que c’est Franck… Franck a commencé la politique avec moi quand nous étions jeunes - il l’est toujours, moi un peu moins - et j’ai été très contente qu’il ait été élu maire de La Baule. Il doit cette victoire à lui- même et à son équipe. On ne peut pas dire qu’il ait été obli- gatoirement très aidé et, SARL PAIN 02 40 23 94 98 www.painpaysage.com Un SAVOIR « VERT » (conception, réalisation, entretien) depuis plus de 40 ans Depuis 1977 Suivez nous sur quand on a évoqué la façon dont je pouvais l’aider, nous étions en plein dans cette épi- démie et je pouvais apporter mon regard, d’abord parce que j’ai été ministre, aussi parce que je suis très impli- quée dans de nombreuses ac- tivités professionnelles et na- tionales. J’ai des liens avec les autorités sanitaires locales et nationales, et cela pouvait ai- der. Avoir cette cellule est très intéressant, puisqu’elle réunit des professionnels de santé libéraux, des professionnels de l’hôpital de Saint-Nazaire, des pharmaciens et des infir- miers, c’est très rare et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui nous avons un centre de vac- cination qui est remarquable- ment organisé. J’ai aidé Franck parce que c’est un ami et parce que j’ai été ravie qu’il soit élu maire de La Baule. Je suis persuadée qu’il sera un excellent maire et qu’il amè- nera à cette ville un dévelop- pement et un rayonnement qu’elle mérite. Je viens régu- lièrement à La Baule le week- end faire du vélo et je serais profondément heureuse que cette ville se développe conformément aux souhaits de la population. Propos recueillis par Yannick Urrien. Elisabeth Hubert : « J’ai aidé Franck parce que c’est un ami et parce que j’ai été ravie qu’il soit élu maire de La Baule. »

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