La Baule+

la baule + 32 // Août 2021 J’aime beaucoup venir à La Baule ! La Baule + : Vous serez le 28 août en concert au Parc des Dryades. Vous habitez en Bretagne Nord et vous êtes aus- si une habituée de La Baule… Jane Birkin : D’abord, j’aime beaucoup venir à La Baule ! C’est la seule tha- lassothérapie que j’aime beaucoup et je me languis- sais de revenir patauger quelques jours dans cet en- droit merveilleux. Mais on m’a appris que je devrais repartir le jour suivant et je suis bien triste... J’adore ce côté désuet de La Baule et le sable plat de cette immense plage. Je suis souvent ve- nue avec une copine pour faire une cure. C’est d’un calme inouï et j’adore aller au Royal Barrière : on est choyé dès le départ, c’est un vrai bonheur. En plus, par rapport à ma Bretagne, puisque j’habite dans le Fi- nistère Nord, il y a un côté très doux à La Baule. Mais j’aime beaucoup ma région aussi, qui a un côté très mé- lancolique. J’ai une maison qui date de 1900, il y a un côté très sauvage que j’aime beaucoup. Lors de votre concert du 28 août prochain, il y aura à la fois des nou- veautés comme le titre « Oh ! Pardon tu dor- mais… » et de grands succès connus de toutes les générations… C’est Étienne Daho qui a voulu faire cela. Il a mis au point ce show. C’est un homme qui a de grandes qualités de générosité et c’est aussi un fan. Il avait envie de réentendre « Je t’aime… moi non plus » ou «Jane B ». Il m’a aussi inci- tée à chanter « Melody Nel- son » et puis plein d’autres succès… C’est un mélange de tout cela. L’événement ► La chanteuse sera en concert à La Baule le 28 août Jane Birkin : « J’adore ce côté désuet de La Baule et le sable plat de cette immense plage. » D ans le cadre des Dryadestivales, Jane Bir- kin sera en concert le samedi 28 août à 21h au Parc des Dryades à La Baule. Ce spectacle coïncide avec la sortie de son nouvel album réalisé par Étienne Daho. Jane a toujours été une muse et une interprète, elle s’est rarement exposée comme auteure. Or, Étienne Daho, convaincu par son talent, est parvenu à la décider à enregistrer ses propres textes, à partir de la pièce qu’elle avait écrite il y a vingt ans. Alors, l’idée de cet album a pris corps et Étienne Daho a commencé à accompagner les com- positions de Jane, avec la certitude de son inspiration et de son écriture. « Oh ! Pardon, tu dormais… » est un projet musical conçu par Étienne Daho, écrit par Jane Birkin et Étienne Daho pour certains textes, et composé et réalisé par Étienne Daho et Jean-Louis Piérot. Jane Birkin répond aux questions de Yannick Urrien pour La Baule+ et Kernews. Vous commencez d’ail- leurs votre concert avec « Je t’aime… moi non plus » qui était vraiment une chanson sociétale, puisqu’elle avait d’abord été censu- rée dans les médias… C’est fou d’imaginer cela maintenant ! Cette chan- son a même été bannie par le pape et par la BBC. Elle a fait le tour du monde grâce à cette polémique. Et la presse anglaise dit encore que c’est la chanson la plus érotique de tous les temps! Il est amusant d’imagi- ner cela de nos jours. Mais peut-être que si cette chan- son était sortie maintenant, il y aurait aussi eu un scan- dale… J’ai su qui était ma voisine à sa mort... Est-il exact que vous ayez vécu au 67 boule- vard Lannes en arri- vant à Paris ? Absolument. Mais j’ai su qui était ma voisine à sa mort - en l’occurrence Édith Piaf - et quand j’ai vu tous les artistes venir honorer sa mémoire, il y avait une énorme foule. J’étais très jeune, j’habitais au dernier étage, avec d’autres jeunes filles anglaises, et les gens étaient surpris de me voir entrer directement dans l’immeuble. J’ai entendu les gens dire : « C’est Françoise Hardy…» J’étais tellement contente d’être prise pour Françoise, parce que c’était l’année de la sortie de son premier tube « Tous les gar- çons et les filles ». À ce mo- ment-là, j’étais une écolière de 16 ans. Les Français ont eu beaucoup de chance avec Emmanuel Macron Vous allez aussi chan- ter « Jane B », votre carte d’identité sonore en quelque sorte, ce qui m’amène à vous deman- der comment vous avez vécu le Brexit... Je vis en France depuis cin- quante ans et je suis fran- çaise maintenant. Mais j’ai quand même éprouvé une grande tristesse, parce que je trouvais que c’était bien d’avoir les Britanniques avec nous, même si l’on n’était pas toujours d’ac- cord. Mais c’était un bon club. Les thématiques du Brexit sont malheureu- sement celles de tous les nationalismes. Donc, ils ont pu créer une réelle pa- nique en faisant croire que les réfugiés syriens allaient débarquer en Angleterre et on a vu plein d’affiches avec les demandeurs d’asile. Ils ont fait croire aux pê- cheurs qu’ils regagneraient toutes les eaux territoriales si l’on quittait cette vilaine Europe, alors que tout cela était faux. Finalement, ils ont gagné sur des men- songes. Je ne sais pas com- ment ils s’en sortent, mais tout cela a créé beaucoup de tristesse dans les familles. Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup d’Anglais qui vivent en France et beau- coup de Français qui vivent en Angleterre. Donc, tout cela est bien triste. Finale- ment, c’est la même chose que Donald Trump et ce sera sans doute la même chose en France si Marine Le Pen gagne. D’un côté, on entend la France aux Français et, de l’autre, l’Angleterre aux Anglais. Mais il faut d’abord essayer de comprendre pourquoi les gens pensent comme cela, en essayant de les rassurer sur ce qu’ils peuvent gagner, ou ne pas perdre, avec l’Europe. Les pêcheurs anglais ne doivent pas oublier toutes les sub- ventions qu’ils ont reçues de l’Europe, maintenant ils comprennent la vérité, il s’agit simplement d’expli- quer les choses calmement et de façon pédagogique. C’est vrai, l’Europe est un grand flou, on ne sait jamais qui prend les décisions, donc il est assez facile de dire n’importe quoi. Il se- rait intéressant d’avoir des gens qui parlent très sim- plement à la télévision pour expliquer les avantages de l’Europe, certains inconvé- nients aussi, tout en espé- rant que nous restions tous ensemble. Les Français ont eu beaucoup de chance avec Emmanuel Macron, parce qu’ils ont été payés pen- dant les confinements, alors qu’en Angleterre personne n’a reçu autant. Je connais des entreprises qui ont reçu autant d’argent en étant fermées que si elles avaient été ouvertes. ..Donc, à un moment donné, il faut aussi voir les bénéfices et arrêter de râler. Le peuple français est fascinant et c’est sans doute lié à sa position géographique Il est exact que la France est le pays qui a le plus aidé les entre- prises pour qu’elles ne licencient pas. Mais il y a aussi la crainte chez nos dirigeants de voir les Français descendre dans la rue, car c’est un peuple qui a quand même fait la Révolu- tion…

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