La Baule+

20 // Octobre 2020 L’événement ➤ Le magistrat spécialisé dans la lutte contre les fraudes révèle que la fraude sociale représenterait 50 milliards d'euros ! Charles Prats : « 42 % des personnes qui bénéficient des prestations familiales sont des gens nés à l’étranger et 37 % des retraités sur le territoire national sont des gens nés à l’étranger. » L e livre de Charles Prats, «Car- tel des fraudes », est incon- testablement le plus explosif de l’année. Il est numéro un des ventes et ses révélations bousculent la sphère politique. Connu pour ses nombreuses interventions média- tiques, Charles Prats est vice-pré- sident au Tribunal de grande ins- tance de Paris, il a été juge d’ins- truction et magistrat chargé de la lutte contre les fraudes fiscales et sociales au ministère des Finances. La France consacre chaque année 787 milliards à sa protection sociale, ce qui représente un tiers du PIB, et la fraude sociale correspondrait à 50 milliards ! Ainsi, une pension de retraite sur deux est versée à une personne née à l’étranger, des retraites sont encore versées à des centaines de centenaires, les fausses déclarations permettent à des dji- hadistes de bénéficier de prestations sociales et un tiers des 21 millions de personnes nées à l’étranger et immatriculées à la Sécurité sociale l’auraient été sur la base de faux documents. Les révélations du juge Prats font tellement de bruit que l’État, quelques jours avant la sortie de son livre, a reconnu du bout des lèvres qu’il ne connaissait pas l’iden- tité de près de 2,5 millions de bé- néficiaires de prestations sociales dans notre pays. « Cartel des fraudes » de Charles Prats est publié aux Éditions Ring. La Baule + : Votre livre explosif crée l’événe- ment et il figure en tête des ventes. D’abord, est- il exact que vous rece- viez des menaces de mort ? Charles Prats : Effective- ment, depuis que le livre est paru et que je suis interviewé par des journalistes ou des parlementaires, j’ai reçu des menaces de mort très pré- cises et très ciblées. La der- nière en date faisait référence aux fusillades du Bataclan. Ce sont des menaces de mort qui ont des connotations d’apo- logie du terrorisme isla- mique. On fait avec... J’ai, bien sûr, demandé à mon avocat, Maître Thibault de Montbrial, de déposer une plainte. L’enquête sera me- née et je pense que l’on re- trouvera ces petits plaisantins au tribunal correctionnel. Cela perfectionnera leur culture judiciaire. Les djihadistes donnent pour instruction à leurs sympathisants de faire de la fraude sociale Naïvement, on pourrait être tenté de vous de- mander quel peut être le rapport entre les fraudes sociales et le ter- rorisme islamique, sauf si l'on fait un parallèle avec celui que vous ap- pelez Abou Allocs ? Ce n’est pas si naïf que cela, puisque les djihadistes don- nent pour instruction à leurs sympathisants de faire de la fraude sociale pour se finan- cer. C’est quelque chose qui fait partie de la manière de procéder des islamistes, en France ou en Belgique. Si vous posez la question à Tracfin en France ou à la CTIF en Belgique, les dos- siers de financement du ter- rorisme sont très souvent des dossiers de fraudes aux pres- tations sociales. On le sait pour tous les gens qui ont été au commando du 13 novem- bre et qui ont fait les atten- tats à Paris. La plupart vi- vaient du détournement des allocations, on le voit régu- lièrement, et je donne cet exemple dans mon livre… Abou Allocs : il est caractéristique de ces djihadistes non français qui sont venus escroquer les allocations en France Abou, c’est le prénom arabe que l’on donne au père… En l’occurrence, il s’agissait d’Abu Zubair, l’un des fonda- teurs de Daech. Son nom d’état civil était Zakaria Asbai et je l’ai surnommé Abou Al- locs, parce que je trouve qu’il est caractéristique de ces dji- hadistes non français qui sont venus tricher et escroquer les allocations en France. Il est symptomatique d’un manque de contrôle dans l’immatri- culation des gens nés à l’étranger et dans le fait que les faux papiers puissent pas- ser de cette manière pour es- croquer les allocations so- ciales en France. Pour revenir à cette problématique des dji- hadistes et des escroqueries aux prestations sociales, évi- demment il ne s’agit pas de la majorité des escroqueries, parce qu’heureusement il n’y a pas des millions de combat- tants djihadistes qui se bala- dent sur notre territoire... En revanche, si l'on regarde le fi- nancement du terrorisme, le détournement des allocations sociales est une partie non négligeable du financement du terrorisme. C’est une ma- nière pour eux de voler et de se venger. Pour eux, c’est quelque chose de normal, c’est un acte de djihad combattant, car si le sympa- thisant islamiste vole la communauté française, c’est pour lui un acte de combat. Il faut le savoir et il faut évi- demment lutter contre.

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